PORTRAIT
Un seul rayon de moins, ^e plus une ombre à peine, Et la grâce indicible alors disparaîtrait
(Xui nous charme dans chaque trdt, Qui doucement ondoie en ces tresses d'ébène.
Et des pensers sereins, comme un suave éclair
Autour de sa chaste figure.
Nous racontent combien cette demeure est pure, Combien ce tabernacle en repos leur est cher.
O front calme ! sourire éloquent ! O douceur ! Où chacun lit de loin la tendresse profonde D une âme en paix avec le monde.
Et d'un cœur dont Tamour a la vertu pour sœur !
(Imité de lord Byron).
LES GERMES
LES GERMES
Le jour où j'ai senti germer en moi ce rêve, A l'écart j'ai planté la greffe d'un rosier.
Mon jeune espoir aura pour sœur la jeune sève, Me disais-je ; et mes yeux pourront s'extasier De voir éclore, un jour, une rose pareille Au bonheur dont mon rêve un jour sera fleuri, A la fleur dont mon âme est la précoce abeille. Les rayons adorés depuis n'ont plus souri A ce rêve émondé dans sa métamorphose.
Mais le rosier son frère a grandi sans péril. S'est paré d'émeraude éclatante, et la rose.
Par le plus frais matin d'un radieux avril,
LES GERMES
A, splendide, au soleil entr'ouvert ses pétales. Ce qui germe en un cœur, Nature, comme en toi N'a point dans tes saisons d'éclosions fatales. Q.ue ta fleur ironique obéisse à ta loi. Et, pareille aux bonheurs d'ici-bas, soit flétrie ! Toute la vie en nous un long espoir porté, Dans la fertile mort, son unique patrie, Ëclora largement pour l'immortalité !
saisoks brouillées