SARCOPHAGES EGYPTIENS, AYANT APPARTENU ANICOLAS FOUCQUET
l.E SURINTENDANT FOUCQUET
des cartons pleins d’estampes des tableaux, des statues, des bustes, des tables de porphyre et de mosaïques, des raretés de tous les âges et de tous les pays ; Rex Hispaniarwn uiliil taie Iiabebat^ disaient avec enthousiasme deux voyageurs espagnols, à la vue de ces merveilles
Deux morceaux extraordinaires attiraient surtout l’attention des curieux et des savants : c’étaient des sarcophages égyptiens de forme humaine, l’un de marbre blanc, l’autre de basalte, les premiers, disaiton, qui fussent venus à Paris. Leur histoire est piquante et vaut la peine d’être racontée.
Pin i632, des habitants de la province de Saïd découvrirent dans une pyramide deux tombeaux contenant des momies. Amenés au Caire, de là à Alexandrie, ils furent achetés par un marchand français et embarqués pour Marseille. A Gênes, où le navire fut obligé de relâcher, le prince Doria se rendit à bord et offrit un prix considérable de la cargaison; il faut croire que la proposition ne parut pas assez tentante, car le navire reprit sa route et gagna Marseille le 4 septembre i632 Là, ces monuments inconnus furent l’objet de l’admiration universelle. Le Père Kirchcr, informé de l’évènement par une lettre du Père Brusset, se rendit à Marseille pour les voir et publia ses observations dans VŒdipus Ægyptiacus Quel fut l’heureux propriétaire de ces reliques pendant vingt-cinq ans? Je l’ignore; peut-être faisaient-elles partie du cabinet du s'' Chembon de Marseille, possesseur, dit une pièce anonyme de 1648^, « d’idoles d’ÉgyjDte pour serrer les momies «. Quoi qu’il en soit, vers l’année i65q, les sarcophages furent achetés pour le compte de Foucquet et transportés à Saint-AIandé. Les momies, retirées de leurs cercueils, furent mises à part dans
feu M. Foucquet». Ces médaillons furent brûlés dans l'incendie qui détruisit le chantier de Boullc le 3o août 1720; Ardi. de Fart français, l\', 338. \Air i\ppendice, p. 05, «l'estimation des médailles trouvées à Saint-Mandé ».
1. D'après M. Duchesne (Cabinet des estampes, VI), la collection d’estampes de Foucquet aurait renfermé principalement des pièces topographiques et des dessins de l’ingénieur de la Pointe. M. Duchesne se base sur un certain nombre d’estampes de la Bibliothèque nationale portant le mot de Fonq. qu’il présume devoir être le nom de Foucquet, bien que le nom s’écrivit alors le plus souvent avec un c.