livre, vous y trouverez la solution de
toutes les questions posées par la philo-
‘sophie, de toutes sans exception. De-
mandez au jeune chrétien d'où vient
l'espèce humaine ? Où elle va ? Comment
elle va? Demandez à cet enfant pour-
quoi il est ici-bas et ce qu'il deviendra
après sa mort ? Comment le monde a été
‘“ créé et à quelle fin ? Comment la terre à “ été peuplée ? .. Origine de l'homme, ori- “ wine de l'espèce, question des races, des- “ tinée de l'homme en cette vie eten l'autre, “rapports de l'homme avec Dieu, devoirs “ de l'homme envers ses semblables, cet ‘enfant n'ignore rien de tout cela. Voilà “ce que j'appelle une grande doctrine; “je la reconnais à ce signe, qu'elle ne “Jaisse sans solution aucune des ques- “ tions qui intéressent l'humanité.”
“ Mais, dit Monsabré, c'est un grand bien- “ fait pour nous, Messieurs, d'être mis en ‘“ possession et affermis dans la connaissance des vérités premières dont nous ne pou- “ vons pas nous passer, par la voie courte “et directe d'une affirmation divine à ‘“ Jaquelle nous devons notre assentiment.
“ À ce bienfait se joint l'inestimable hon- “ neur d'être transportés, par le dome
‘“ catholique, dans les régions supérieures
[n LES AMEN
5 “ d'une science inaccessible à la nature,
d'une science qui grandit l'intelligence à ce
“ point, que toutes les connaissances qu'elle peut acquérir par ses propres forces sont | “ moindres, en comparaison des splendeurs “ surnaturelles qui l'illuminent, que les “ Jumières d'emprunt, dont nous nous ser.
“vons pour dissiper autour de nous Îles ombres, en comparaison du soleil qui
| inonde l'espace de ses rayons. ”
Comprenez bien, Messieurs, qu'il ne
s'agit pas d'amoindrir ici la raison, de lui nier ses prérogatives, mais bien de l'ennoblir, de l'élever et de la grandir. Ah !
combien sont à plaindre ceux qui se refusent à nous suivre dans cette voie de
Je ne vous ennuierai pas, Messieurs, en étalant devant vous, leurs mesquines sug-
gestions et leurs systèmes dégradants,
* Mere mn nmeneennnenn tee.pe.e.e..
DIE MONSABRE 11)
quand ils viennent philosopher sur Dieu, sur l'homme et sur le monde,
Mais pourquoi donc s'acharner à me montrer un dieu inférieur au mien, une religion qui moffre moins d'avantages réels, qui me remplit de justes appréhensions, qui au lieu de m'affermir, me débilite, me trouble et me fait légal d'êtres sans raison ? Drôle de procédé que celui-là.
Vous en savez, Messieurs, le secret. Il y a dans ces doctrines absurdes à nos yeux, comme un manteau qui recouvre plus d'une faiblesse, et si on voulait user de franchise, on prononcerait avec nous ce mot qui résume une foule de choses: la jouissance.
“ Je ne refuse pas, dit l'orateur, à la ‘ raison et à l'expérience de m'éclairer ; “ mais, emporté par une doctrine sublime ‘“ dans des révions supérieures où je vois
“ grandir tout ce que je veux connaître, je
ee + + . — ——
“ne puis m'empêcher de donner mon as- “ sentiment au dogme qui me présente “un Dieu, une humanité, un monde plus “ crands et plus beaux que je ne les puis “ concevoir par les seules forces de mon “intelligence. Tout cela est trop grand “et trop beau pour n'être pas divin, trop
«« + ‘A EL divin pour n'être pas vrai.
L'homme est poussé par le besoin de connaître le vrai: et le doume catholique est le moyen le plus sûr, le plus logique, le plus consolant pour l'aider à accumuler ses connaissances, à les développer. Je dis :
accumuler, parce qu'il s'en servira comme de degrés s'élevant de plus en plus jusqu'à ce que sa foi alimentée et bénie lui entr'ou-
vre les parvis célestes. Mais voici Dieu
qui apparaît ; je sens, je vois qu'il existe et tout me porte à chercher à le connaître.
“ Le plus sublime objet de la connais-
sance, le plus haut degré où elle puisse
atteindre, le faîte de toute les recherches “humaines, c'est Dieu, dit saint Thomas.
‘Or, l'homme ne se contente pas de con- ‘“ naître Dieu, explique Monsabré ;il veut ‘avoir avec lui un commerce positif et effi- ‘“ cace, mettre sa vie en rapport avec l'être
‘souverain qui le tient sous sa dépendance,
et qui, après lui avoir donné l'existence,
‘“ peut lui communiquer encore de sa plé-
nitude. En toute nature humaine, l'ins-
tinct intellectuel est accompagné de sens “religieux, ou, si vous l'aimez mieux, de “Ja religiosité : besoin et faculté de se “ mettre en rapport avec Dieu d'une “ manière positive et efficace.”
Il s'agit pour le conférencier de constater
dans l'humanité l'existence du sens reli-
vieux, d'en étudier les exigences et les aspirations, et puis, en arriver à conclure victorieusement que ces exigences et ces aspirations ne peuvent être pleinement sa tisfaites que dans la direction donnée au sens religieux par le dogme catholique.
* Quel estle peuple, quelle est la famille “humaine, dit Cicéron, qui, avant toute “ science n'ait une connaissance anticipée “ de la divinité ? ” Et Plutarque : “ Vous “ pouvez trouver des villes privées de mu- ‘‘railles, de maisons, de gymnases, de lois,. “ mais un peuple sans Dieu, sans prières, “ sans serments, sans rites religieux, sans sacrifices, nul n'en vit jamais. . Invoquons “ Dieu pour l'heureux succès de notre lévis- “ lation ; qu'il daigne écouter nos prières, et “ qu'il vienne, plein de bonté et de bien- “ veillance, nous aider à établir notre ville “et nos lois.”
Voilà, Messieurs, l'aspiration d'un païen
LL ee Pi à 1e Wei DT, Vues
MEN Cris
qui s'exhale dans le lointain des âges, plus de 300 ans avant la régénération du monde par le divin Sauveur. Quel navrant contraste avec les utopies des pionniers de l'impiété moderne !.....,
[ls s'acharnent à nier l'existence du sens religieux, le poursuivent à outrance, cherchant à le détruire dans l’Ââme de l'enfance, persuadés qu'il ne manquerait pas d'être enseveli dans les passions de la jeunesse pour apparaître au foyer domestique. Pour arriver plus sûrement à ce but inique, les vouvernants de France détachent le Christ des murs,déchirent les pages du catéchisme, violent le pacte sacré du Concordat et s'écrient par un de leurs partisans :
“ Nous somines ici quelques-uns qui
‘navons pas besoin de prêtres.— Qu'est- “ce que Jen ferais? Je suis de ceux qui
croient que l'homme qui se respecte,
‘arrivé à un certain age, ne doit jamais
‘‘ s'agenouiller devant un roi, ni devant un “ prêtre, qu'il doit pour l'honneur de l'hu- ‘“ manité rester debout” —C'est bien là lab.
sence du sens religieux. Heureusement, Messieurs, — je m'empresse de le dire — à côté de ces impies, la France a encore assez de forts qui s'inclinent dans la sincérité de leurs adorations pour pouvoir par la ferveur de la prière et par le martyre, s'il le faut, purifier et sauver la patrie.
Du moment qu'on ne voit en celui qui commande ou en celui qui sacrifie qu'une figure humaine, pourquoi fléchir le genou, ou courber la tête? Mais, pour nous, heureux mortels, le sens divin éclaire nos esprits, échauffe nos cœurs et provoque en nous les sentiments les plus salutaires.
Nous saluons et bénissons &ans le bras qui commande, la volonté divine qui nous dirige ; l'encens qui s'échappe des mains de
nos sacrificateurs symbolise la sincérité de
nos prières ; nous adorons sur nos autels une victime divine, dont le sang continue à vivifier toute la nation; nous tenons à nos croyances et nous voulons vivre et mourir dans la foi, l'espérance et la charité.
Ces sentiments, Messieurs, ne sont pas seulement basés sur des habitudes, ils ne sont pas seulement le résultat de la réflexion et de l'expérience; ils prennent leur origine dans un besoin, dans une tendance de l'âme.
Comme un enfant, avant de pouvoir se raisonner la chose, s'attache au cou de sa mère chérie parce que c'est sa mère, ainsi l'homme s'affaisse devant la divinité parce qu'il a besoin d'elle. ‘L'homme vivant, “ dit Monsabré, veut mettre sa vie en rap- “ port avec la vie”—Comment en effet demander la vie à ce qui l'environne? Il voit sans cesse tout tomber autour de lui.
La plante croît, s'épanouit et se dessèche.
Les constructions les plus solides viennent
à s'eflondrer devant le vent et la tempête.
Mais qui donc a créé et conduit ces élé ments qui se coalisent et qu'aucune force humaine ne peut enchaîner ? J'ai vu des remparts qui me paraissaient infranchissables, et 1ls ont été détruits ; les villes se sont peuplées et ont été réduites en cendre ; toute puissance terrestre est ébranlée et le conquérant comme l'artisan viennent bientôt mêler leurs cendres dans le champ des morts. Il faut qu'il y ait un être infini en grandeur et en majesté qui commande à tout cela, et qui coordonne tout : c'est le sens religieux qui parle :-—"* L'homme reli- “pieux, dit l'orateur de Notre-Dame, veut ‘un Dieu qui s'occupe de lui et mette à “ son service sa toute-puissance ; un Dieu “qui écoute ses prières, un Dieu qu'on “ n'appelle pas en vain au secours des fai- * blesses et des misères humaines ; un Dieu
“ qu'on invoque efficacement dans la peine ;
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DE MONSABHE
La
un Dieu qui bénisse Îles efforts et les fruits du travail; un Dieu qui délivre de “Ja douleur et console les souffrants; un “ Dieu qu'on puisse appeler le Dieu très “bon aussi bien que le Dieu très grand,
Deo oplimo maximo.—L "homme religieux ‘aspire à des rapprochements qui mettent ‘ Dieu, non seulement à la portée de son Âme, mais à la portée de ses sens..
“ L'homme religieux tremble devant la Jus- “tice de son Dieu.. L'homme religieux aspire à rendre ses actes dignes du Dieu qu'il honore et qu'il implore. , L'homme religieux a besoin de signes sensibles et sanctiñiés qui temoisnent de son désir “d'unir sa vie à la vie de Dieu, etqui s'ils “ne peuvent le grandir, soient au moins la “livrée de sa religieuse dépendance. .
“ L'homme religieux compte sur un Dieu “ rémunérateur qui le récompensera de ses
“ mérites.”
OUT L'an 0 PR UE MAR ETES
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DK LES AMEN
\'oilà. Nlessteurs doc CXIDONECS MALTE euses quilitest pas permis de nier qu'au ehourer de respect. Chrelles soient le fruit un patumonmne que omanté ge passe de D'ÉNÉTAHON CN pénératdton où les produits spontanées de la nature pou tmporte dla chose existe. ta A un besoin, une demande WUeNte, et le dope catholique \ répond À souhait. Let, Pillustre conférencier passe en revue les primeipales sectes qui ont CSL d'A répondre. Je dois vous épargner ces détails pour mettre sous vos veux la solution de ce grand problème, RG dogme catholique, dit lorateur, n'oublie ‘ren de ce qui peut conventr à la reli giouse nature de l'homme. Le sens reli ‘gileux veut se mettre en rapport avec
heu. Le dogme catholique lui montre dans les cieux lintint réel et vivant, un
hou maître des maîtres, rot des rois,
* bon comme un père qui ne veut que Île
Hilo MOINSANRE
Bien de ses enfants, écoute leurs prières "Col pour ec exatCer, Ofre 4 Ceux Ut l'in | plorent lea services de satoute pri SUN E Cest bien EL Amenss...
Ptpuis, dans une éloquente énoméra Lion de nos crovances et de nos pratiques roliyicuses, l'orateutr en arrive à fa conclu sonque Te dogine catholique nous affirme,
nous promet et nous assure léternelle “vision, Féternelle possession, éternelle jouissance de Dieu dans Pme et dans la
te
chiut revivihiée. Zdumen ! C'est bien Le.
L'homme est en possession de la vérité.
Après l'avoir recherchée avec persévérance et bonne foi, 1 Faccueille au Jour de joie ou d'affiction de sa vie : c'est le dogme catho. hque qui la lui présente fraîche, radieuse
ct intarissable ; toutes les aspirations de
son âme sont assouvies. [l regarde, il contemple, et, à l'aspect de toutes ces beautés qui lui apparaissent, à mesure que la main de Dieu lève avec bonté le rideau devant ses yeux, il se sent transporté d'admiration, d'un saint enthousiasme; il veut parler, il chante-—c'est le sens esthétique qui exerce son influence et auquel il ne doit pas résister. Ce sentiment du beau nous touche, nous émeut et nous fait admirer. Le dogme catholique doit nous suivre, nous accompagner dans nos relations avec ce sentiment, afin qu'il n'y ait pas de malheureuse ambicuité, que rien ne soit détourné de la gloire de Dieu, que l'élévation constante résulte de la beauté du spectacle et que l'idéal divin soit comme la boussole de la conservation et du salut...... Plaçant toujours son auditeur en face du monument de notre foi, notre illustre conférencier ne néglige
rien pour enfaire ressortir la beauté divine :
et épris lui-même de ses charmes, il uti-
lise les merveilleuses ressources de son
éloquence pour communiquer aux autres
son saint enthousiasme.
En
“ Dans cet ensemble, dit-il, toutes les lignes sont pures d’une pureté admirable.
Ni l'infini n'est ravalé, si bas qu'il descende, ni l'infini n'est surfait, si haut qu'il monte; ni l’un ni l’autre ne sont con-
fondus, si intime que soit leur union. On
‘les distingue toujours sans qu'on puisse
les séparer. Tout se tient, tout est en ordre, tout concourt à l’harmonieuse beauté de ce monument intellectuel.
Les dogmes se groupent autour du dogme central de l'incarnation, dans lequel nous apparaît Ceiui par qui et pour qui tout a été fait. Les proportions sont si bien gardées que ce qui appartient à la nature semble s'élever au-dessus d'elle, et ce
qui s'élève au-dessus de la nature semble
“Jui appartenir. La nature supporte tout “ le surnaturel, le surnaturel explique toute “Ja nature. On voit mieux, on comprend ‘“ mieux toutes choses, quand on les re- “ garde dans l’ordre admirable de cette ‘“ doctrine sainte. Non, la raison humaine “n'est pour rien dans cette gigantesque “ construction de vérités. Le progrès et “les soudures des dogmes nous révèle- “ raient sa touche; l'inégalité d'âge attes- “ terait la longueur et la difficulté du labeur ; “ l'incohésion des parties accuserait l'im- “ perfection de l'ouvrier. Le dogme ca- “tholique est d'une seule venue; on y “reconnaît l'œuvre de celui qui est des- “ cendu du ciel, et qui, témoin incorrupti- ‘“ ble a raconté à la terre ce qu'il voyait et “entendait depuis l'éternité, dans l'essence divine:
La doctrine catholique, Messieurs, révèle
le vrai et unique principe du beau. Une
fois ce principe établi et prouvé aux yeux de l'humanité, elle nous montre combien il nous touche de près, s'incorpore à nous, s'accapare notre esprit, remplit nos cœurs de satisfaisantes manifestations auxquelles on ne peut résister, L'âme une fois captée, ravie, transportée sous le souffle divin, c'est pour elle un besoin comme irrésistible d'essayer à reproduire au dehors ce que Dieu inspire au dedans ; de là ces créatures artistiques,qui, dans différents genres subjuguent tantôt les yeux enles fixant malgré vous au ciel, tantôt la voix en lui faisant vibrer la harpe humaine comme la lyre d'or des anges, et ne vous laissent encore sur terre que pour devenir meilleurs. En lisant les admirables pages de Monsabré, on ne saurait lui être trop reconnaissant de les avoir léguées à l'humanité, surtout quand on songe aux notions qui président
au développement de l'art moderne. Il
faut d'après ses belles pensées, que la
beauté soit comme l'émanation de la Divi-
nité. Aussi rejette-t-il avec mépris cette
parole de Taine: “ Quand pour la pre-
LS
Ca
mière fois on découvre la vie réelle et que, pénétrant dans sa structure, on
comprend Île mécanisme admirable de
‘ses parties, cette contemplation suffit, on
ne désire rien au delà.”
“ Je veux davantage, dit Monsabré et
‘avec l'artiste de génie, Michel-Ange, je
m'écrie : Déployant ses ailes pour s'éle-
‘ ver vers les cieux, d'où elle est descen-
due, l'âme ne s'arrête pas à la beauté qui séduit les yeux et qui est aussi fragile que trompeuse; mais elle cherche dans son vol sublime à atteindre le principe du beau universel.”
Ce principe du beau : c'est Dieu ; et plus
l'être divin se montre à nous par cet heu-
reux et fidèle commerce, plus les manifes-
tations d'intimité qui en résultent font naître les émotions qui transportent et les accents d'admiration qui produisent ; mais, pour que l'effet soit divin comme la cause d'où il résulte est divine, il faut que le lien soit pur et dépouillé de tout alliage terrestre. C'est l'idéeque développe admirablement le Père Félix dans sa conférence sur l'objet et la nature de l’art :
“ Si votre cœur demeuré sensible et pur,
“ ins d’une pureté relative I au moins dune pureté relative, ne sait
‘s'éprendre d’une chaste passion pour les
‘“ beautés immaculées qui passent, sous vos
LS
‘ veux, dans le double domaine de l’art et
“ de Ja nature ; si vous n'avez devant elles,
LS
‘au feu du regard des anges et du cœur
‘ des séraphins, dans leur béatifique face à
‘ face avec l'éternelle beauté, ou plutôt, si
‘ange et séraphin vous-même, parcourant
‘ici-bas toute la hiérarchie des beautés
“qu'en peut voir sur la terre, vous ne mon-
RE
re TE 7: