‹ Les amen de Monsabré [microforme] (volume 2)Chapitre 8 sur 20 · DS LES AMEN · texte numérisé non relu

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l'ordre social de telle façon que personne ne soit maître de son champ, ni de son avoir, fruit de ses sueurs, nt même de sa personne, tout cela au nom de la liberté, de la fraternité, au l'eu d'avoir le respect, l'amour, --on sème partout les haines, les désolations et la révolte. “Aussi, dit Monsabré, n'est-ce “ pas sur la nature qu'il faut compter pour “ nous aimer les uns les autres, comme le * Christ nous a aimés, mais sur la grâce “ dont le dogme catholique nous montre les

“ divines sources.” N°1

Nous venons de voir successivement, Messieurs, que le grand orateur de Notre- Dame a mis le dogme catholique en rapport avec les besoins de l'intelligence, avec les aspirations du sens religieux qu'il satisfait,

avec le sens esthétique qu'il rehausse, avec

la vie morale qu'il dirige aussi haut qu'elle peut monter, avec la vie sociale dont il assure le bonheur et la paix par le respect et l'amour. Il ne restait plus qu'à ouvrir les pages de l'histoire et à constater quel rôle ce fameux dogme catholique a réellement joué afin d'obtenir un dernier acquiescement, l'aen de l'approbation des siècles, du fait accompli. Ce sujet a recueilli les derniers accents de l'illustre conférencier.

“ Dans cette lumière vivante, dit-il, que “ projette notre divine doctrine sur les ‘ temps anciens et nouveaux, parcourons ‘“ rapidement l'histoire de l'humanité et de- “ mandons-lui son amer.”

Plus l'esprit cherche à sonder la profondeur des temps reculés, plus il s'égare quand il ne suit pas les données du dogme catholique. On a cherché de toutes manières à amener un conflit entre sa doitrine et les

découvertes de la science moderne: mais

si l'on veut être de bonne foi, on verra qu'on n'a pas réussi.—"* Nous avons contrôlé, dit le savant abbé Visouroux, au moyen des monuments authentiques des bords de l’Euphrate et du Tigre, ainsi que des monuments des bords du Nil, tous les détails que nous lisons dans nos saints Livres, même les plus minutieux, ceux qui ne sont donnés qu'en passant sous forme d’allusion, et pour ainsi dire, sans que l’auteur lui-même s’en soit aperçu, et toutes les fois que le contrôle a été possible, l'assyriologie et l'égyptologie nous ont répondu :

La Bible a dit la vérité. Notre-Seigneur Jésus-Christ nous l'avait promis : Si les hommes se taisent, les pierres prendront une voix et réclameront en faveur de la vérité. Qu'il en soit béni à jamais.”

L'orateur de Notre-Dame part du principe que toute l'histoire humaine est dans

l'ineffable mystère de l'incarnation, s’ap-

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puyant sur les paroles de St-Paul : “le Verbe, image du Dieu invisible est, selon les desseins éternels, le premier né de toute créature parce qu'en son incarnation la sagesse divine voit l'unité de tous. A ce titre, il lui appartient d’être le fondement même de l'univers. Dans le ciel et sur la terre, les choses visibles et invisibles, les principautés et les puissances, tout est établi sur lui. Tout est créé par lui, tout s'appuie, tout repose sur lui, tout se tient en lui, parce qu'il a plû à Dieu de lui donner toute plénitude.”

Voilà donc Jésus-Christ sur qui tout repose, vers quitout converge, et dont la venue promise et attendue éclaire tous les siècles, d'une lumière qu'aucune impiété n'a jamais pu amoindrir.

“ Cette humanité, dit Monsabré, c'est Jésus-Christ qui l'a créée, non pas rudimentaire et sauvage, mais belle, innocente, pure,

heureuse, à l'image et à la ressemblance de

son auteur, ouverte par l'intelligence aux iluminations de la sagesse divine, maîtresse par sa volonté de tous les appétits, remplie de grâce, faisant admirer dans la virginale beauté de son corps, le double épanouissement de la vie divine et d'une nature parfaite, investie d’un souverain empire sur les créatures qui subissent le charme de sa pré-

sence, de son regard, de sa voix, dédoublée

| en quelque sorte dans un couple ravissant, ll dont le plus pur et le plus parfait des amours fait l'union d’où doivent sortir d'innombrables générations.”

Ici, l'orateur prévient l'objection qui peut s'élever de l'auditoire au sujet de l'unité de | race, | —" Comment pouvez vous affirmer que cette multitude de peuples, différents de

: ' L L L | couleur, de physionomie, de langage, puisse | L descendre de ce même couple adamique

que proclame votre dogme ?”

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Quelle étrange chose, soit dit en passant, que cet acharnement de certains fameux esprits de vouloir ternir dans sa source, la beauté, la noblesse de notre provenance, et n'offrir en échange que des suppositions ridicules et des systèmes dégradants !

Cherchez mieux,dit Monsabré, et en cherchant mieux on découvre que, dans la diversité des types, la nature humaine est partout semblable à elle-même quant à sa conformation générale, ses aptitudes et ses tendances ; que les ressemblances fondamentales, qui indiquent si clairement une seule et même nature dans l'humanité, doivent peser d'un plus grand poids sur nos jugements. que des différences superficielles, infiniment plus nombreuses et plus accusées chez d'autres espèces animales ; que la physionomie et la coloration sont des phénomènes locaux purement accidentels, et à

peu près insignifiants pour la détermination

(om LES AMEN

de l’espèce.. En cherchant mieux on s’ex-

plique cet ensemble de traditions qui fait

remonter notre origine à un couple unique |: et l’on se canvainc que le doyme catholique | projette sur les commencements de lhistoire humaine un rayon de vérité.”

Suivent les descriptions de la chute de l'homme et des malheureuses conséquences qui en résultèrent; c’est alors que la promesse du divin libérateur est faite. “ Dans “le rayon révélateur, dit Monsabré, où le ‘‘ dogme catholique nous montre la chute de “ l'homme, il nous montre le Rédempteur ; “ c'est à ce titre que le Verbe de Dieu entre “ dans notre histoire.”

Ici, l'orateur pose cette objection : mais puisque la promesse du KRédempteur était déjà faite et assurée, pourquoi, attendre si longtemps après son accompiissement ?

Le dogme catholique nous apprend qu'il

fallait cette épreuve à notre orgueil, afin de

prouver de la façon la plus évidente l’impossibilité où était le monde de se refaire par lui-même ; et,puis-je ajouter, malgré ce long essai de forces humaines. en dépit de ces barbaries entassées les unes sur les autres, de ces cataclysmes, avertissements sanglants et prophétiques, même après que les temps de la régénération ont sonné leur heure de miséricorde, n'y en a-t:il pas encore un grand nombre qui ont des yeux et qui ne voient pas, des oreilles et qui n'entendent pas? Témoin, ce petit peuple choisi par Dieu, élevé, nourri plus spécialement par lui, et qui, suivant l’'admirable ex: pression de Monsabré—‘" est le mystérieux courant dans lequel les desseins de la Providence s’acheminent dans leur accomplis-

sement” C'est ce peuple qui a été le dépositaire de ses promesses, c'est lui qui nous a transmis les saintes Lettres. On y lisait

clairement le temps, le lieu, le mode de la

nm Gene ina

naissance du Rédempteur, et cependant les Juifs affectent encore d'attendre,--et combien, Messieurs, vont encore plus loin — celui qu'on vous a promis. disent-ils, n'est qu'un mythe ; vous êtes illusionnés !...

— ‘ Rassurez-vous, dit Monsabré, nous avons une longue suite d'oracles qui s'accumulent et se soudent l’un à l'autre, et dont le plus jeune précède de quatre cents ans le libérateur annoncé. Près des oracles marchent les figures. Bref, tout dans la vie d'Israël parle de l'avenir, figure l'avenir, et dessine l'admirable plan de Dieu résumant l'histoire humaine dans son Verbe incarné.”

Les prédictions ont été faites, Messieurs, elles ont été conservées, les figures sont venues tour à tour prévenir à leur manière l'accomplissement du plan divin, et l'on peut dire que les excès,les crimes et les dé-

bauches des grands comme des petits, ont

fait voir le monde comme un vaste océan d'iniquité sur lequel le vrai Maître devait apparaître pour apaiser la tempête, ramener le calme et indiquer le port du salut.

C'est le fait providentiel des temps nouveaux ; etici, ce n'est plus l’âce lointain, mais l'agglomération de tant de preuves, de tant de merveilles. le déplacement de tant de saintes énergies que l’histoire tombe à genoux, si Je puis mexprimer ainsi, et proclame son acquiescement. men ! Oui, c'est bien fait !

Je ne vous retiendrai pas, Messieurs, pour passer du dogme catholique en dépit des hommes et des choses: -— une seule parole me suffit : --le dogme catholique existe, donc il est divin. ‘ [l y a, dit l'orateur de Notre-Dame, aujourd’hui un monde chrétien où le progrès moral s'élève à cette perfection transcendante que nous avons

appelée la sainteté, fleur réservée des terres

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