‹ Les amen de Monsabré [microforme]Chapitre 11 sur 12 · GS LES AMEN · texte numérisé non relu

GS LES AMEN

fécondes où germent et se développent les nobles et pieuses habitudes de l'âme humaine poussées par une culture intensive Jusqu'à l'héroïsme.”

L'existence de ce fait, Messieurs, suffit pour prouver qu'il a son origine dans les cieux. Oui, notre sainte religion est un mot qui opère ce quil dit. C’est un lien qui part de la main toute puissante de Dieu. [l est jeté sur la terre, il attire, il attache, il perpétue sa force, et l'impiété moderne cherche en vain un glaive pour le rompre. Le fer n'est pas assez dur, l'acier n'est pas assez trempé, et les mains humaines qui s'en servent pour enlacer les cœurs et les volontés, n'étant parfois que celles d'un vieillard, ne lâcheront jamais.

“ Le Christ, aujourd'hui, hier et dans tous les siècles,s'écrie Monsabré avec saint Paul. J'aime à voir de cette hauteur, les généra-

tions et les événements qui ont rempli et

DE MONSABREÉ (51)

rempliront les siècles jusqu'à la consommation des temps ; je suis heureux d'entendre sortir de tous les lieux, de tous les temps, de toutes les générations, de tous les peuples, de tous les événements de l'histoire humaine ce cri de solennel acquiescement : cela doit être, qu'il en soit ainsi! — Amen ! C'est bien !... Voilà mon dernier mot dit l'orateur sacré.”

Qu'il me soit permis, Messieurs, d'en ajouter un autre,

Si le monde entier, depuis son origine jusqu'à nos jours, déroule à nos yeux emerveillés l'accomplissement du plan divin ; si les aspirations de l'esprit, de l'âme,du cœur des peuples, comme des individus témoienent tour à tour de leur adhésion et de leur

généreux et

acquiescement par un axe constant, je puis dire que notre pays, en particulier, garde dans son histoire, dans ses

dévouements et dans sa foi une adhésion,

un een peut-être plus pur, plus saint que toute autre contrée. Ville-Marie, surtout, peut lever la tête avec une juste fierté.

“ C'est sans doute, disait dernièrement

grâce à

l'éminent curé de Notre-Dame, la protection de Marie et à leur foi si vive, que les Canadiens ont surmonté les épreuves et les périls. Il faut donc conserver toujours notre piété et notre foi pour être divnes de notre destinée.” Pour cela rien de plus utile que de stimuler notre ardeur au spectacle des hautes vertus de nos pères. [Il faut le dire, les dévouements, l'héroïsme de lillustre fondateur de notre cité ne sont pas suffisamment connus. Depuis trop longtemps le touriste descend sur nos rives sans avoir l'heureuse occasion de saluer, sur une de nos plus belles places publiques, la noble figure de Paul de Chomédy, sieur de Maisonneuve. Espérons

que pareil désappointement touche à son

terme. En tout cas, nous devons féliciter le séminaire de Saint Sulpice qui à si généreusement assisté notre Jeunesse et favorisé Îles progrès de notre beau Canada, d'avoir érigé, au pays de l'histoire, un monument impérissable non moins digne d'un fils de Jean-Jacques Olier que du premier gouverneur de Ville-Marie. changeant sa belle patrie de France contre les forêts et les arpents de neige de l'île que nous habitons, notre héros Ss'était d’abord arrêté à Québec. M. de Montmagny animé sans doute d'excellentes intentions, cherche à le dissuader de remonter plus haut le Saint- Laurent. Une assemblée est a et M. de Maisonneuve de se lever et de s'é

crier :—“ Je ne suis pas venu pour délibérer, mais bien pour exécuter. Tous les arbres de l'île de Montréal seraient-ils changés en autant d'Iroquois, il n'en est pas

moins de mon devoir et de mon honneur

= fie

Page 1