‹ Les amen de Monsabré [microforme]Chapitre 2 sur 12 · B LES AMEN · texte numérisé non relu

B LES AMEN

votre attention sur un autre enfant de saint Dominique, digne émule du grand Lacordaire--puisque ce dernier paraît ne pouvoir être surpassé—le Très Rév. Père Monsabré, considéré non pas dans l’ensemble de ses conférences de Notre-Dame, mais plus spécialement dans cette synthèse luimineuse qui forme le couronnement de son édifice de haut enseignement religieux ? Ce que je me propose de vous dire n’est qu'une modeste étude sur la manière originale et très exacte du grand prédicateur d'expliquer l'amen, dernier mot du symbole de

notre foi.

Messieurs, il y a un tout petit mot qui conclut ou brise la paix entre les nations, frappe l'intelligence en lui rappe-

lant les plus grandes choses, résume tout

DE MONSABRÉ y

un monde d'idées. En le prononçant, l'esprit du savant comme de l'ignorant s’humilie, se prosterne et se soumet: c'est l'obéissance et l'acquiescement de tout l'homme, l'abandon complet du cœur, sublime et généreux résumé de la foi et de ladoration, le oui de l'intelligence---c'est l'ame.

“ Un jour, dit Lacordaire, le grand “ poète anglais Pope, discutait avec un “Jeune hommesur le sens d’un texte grec.

“Après quelques hésitations, le jeune ‘homme, qui était ‘un officier de l'armée “anglaise, dit au poète--: I] me semble “qu'en mettant un point d'interrogation à “Ja fin du texte, il deviendrait parfaitement “clair. Pope, mécontent qu'on l'eût pré- “ venu en fait de sagacité littéraire répon- “dit : Eh! Monsieur l'officier, qu'est-ce “qu'un point d'interrogation ? L'officier, “ regardant avec un sourire à demi respec-

“ tueux son illustre interlocuteur, qui n'avait

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