‹ Les amen de Monsabré [microforme]Chapitre 4 sur 12 · LS LES AMEN · texte numérisé non relu

LS LES AMEN

“d'une science inaccessible à la nature, “ d'une science qui grandit l'intelligence à ce “ point, que toutes les connaissances qu'elle “ peut acquérir par ses propres forces sont “ moindres, en comparaison des splendeurs “ surnaturelles qui l'illuminent, que les “ Jumières d'emprunt, dont nous nousser- “vons pour dissiper autour de nous les “ombres, en comparaison du soleil qui “ inonde l'espace de ses rayons. ” Comprenez bien, Messieurs, qu'il ne

sagit pas d'amoindrir ici la raison, de lui nier ses prérogatives, mais bien de l'ennoblir, de l'élever et de la grandir. Ah !

combien sont à plaindre ceux qui se refusent à nous suivre dans cette voie de gloire et de véritable prospérité !....

Je ne vous ennuierai pas, Messieurs, en

étalant devant vous, leurs mesquines sug-

gestions et leurs systèmes dégradants,

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quand ils viennent philosopher sur Dieu, sur l'homme et sur le monde.

Mais pourquoi donc s'acharner à me montrer un dieu inférieur au mien, une religion qui m'offre moins d'avantages réels, qui me remplit de justes appréhensions, qui au lieu de m'affermir, me débilite, me trouble et me fait l'égal d'êtres sans raison ? Drôle de procédé que celui-là.

Vous en savez, Messieurs, le secret. Il y a dans ces doctrines absurdes à nos veux, comme un manteau qui recouvre plus d'une faiblesse, et si on voulait user de franchise, on prononcerait avec nous ce mot qui résume une foule de choses : la jouissance.

“ Je ne refuse pas, dit l’orateur, à la ‘ raison et à l'expérience de m'éclairer ; “ mais, emporté par une doctrine sublime ‘“ dans des révions supérieures où je vois

“ grandir tout ce que je veux connaître, Je

“ne puis m'empêcher de donner mon assentiment au dogme qui me présente ‘un Dieu, une humanité, un monde plus “ wrands et plus beaux que je ne les puis “ concevoir par les seules forces de mon “ intelligence. Tout cela est trop grand “et trop beau pour n'être pas divin, trop “ divin pour n'être pas vrai.”

Amen.—1]1 doit en être ainsi !.…

L'homine est poussé par le besoin de connaître le vrai: et le doume catholique est le moyen le plus sûr, le plus logique, le plus consolant pour l'aider à accumuler ses connaissances, à les développer. Je dis :

accumuler, parce qu'il s'en servira comme de degrés s'élevant de plus en plus jusqu’à ce que sa foi alimentée et bénie lui entrou-

vre les parvis célestes. Mais voici Dieu

me mere te

qui apparaît ; je sens, je vois qu'il existe et tout me porte à chercher à le connaître.

“ Le plus sublime objet de la connais- “ sance, le plus haut degré où elle puisse ‘atteindre, le faite de toute les recherches “ humaines, c'est Dieu, dit saint Thomas.

“ Or, l'homme ne se contente pas de con- ‘“ naître Dieu, explique Monsabré ;il veut “avoir avec lui un commerce positif et effi- ‘“ cace, mettre sa vie en rapport avec l'être

‘souverain qui le tient sous sa dépendance,

et qui, après lui avoir donné l'existence, “ peut lui communiquer encore de sa plé- “ nitude. En toute nature humaine, l'ins- “ tinct intellectuel est accompagné de sens “ religieux, ou, si vous l'aimez mieux, de “Ja religiosité : besoin et faculté de se

“ mettre en rapport avec Dieu d'une

LS

manière positive et efficace.” Il s'agit pour le conférencier de constater

dans l'humanité l'existence du sens reli-

Rens

vieux, d'en étudier les exigences et les aspirations, et puis, en arriver à conclure victorieusement que ces exigences et ces aspirations ne peuvent être pleinement sa tisfaites que dans la direction donnée au sens religieux par le dogme catholique.

* Quel estle peuple, quelle est la famille “ humaine, dit Cicéron, qui, avant toute science n'ait une connaissance anticipée “ de la divinité ? ” Et Plutarque : “ Vous

pouvez trouver des villes privées de murailles, de maisons, de gymnases, de lois... | mais un peuple sans Dieu, sans prières,

sans serments, sans rites religieux, sans ‘sacrifices, nul n'en vit jamais. . Invoquons Dieu pour l'heureux succès de notre législation ; qu'il daigne écouter nos prières, et qu'il vienne, plein de bonté et de bienveillance, nous aider à établir notre ville

et nos lois.”

Voilà, Messieurs, l'aspiration d'un païen

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qui s'exhale dans le lointain des âges, plus de 300 ans avant la régénération du monde par le divin Sauveur. Quel navrant contraste avec les utopies des pionniers de limpiété moderne Lise

[ls s'acharnent à nier l'existence du sens religieux, le poursuivent à outrance, cherchant à le détruire dans l'âme de l'enfance, persuadés qu'il ne manquerait pas d'être enseveli dans les passions de la jeunesse pour apparaitre au foyer domestique. Pour arriver plus sûrement à ce but inique, les gouvernants de France détachent le Christ des murs,déchirent les pages du catéchisme, violent le pacte sacré du Concordat et sécrient par un de leurs partisans :

“ Nous somines ici quelques-uns qui

‘navons pas besoin de prêtres. — Qu'est- “ce que j'en ferais ? fe suis de ceux qui

croient que l'homme qui se respecte,

“arrivé à un certain âge, ne doit jamais

‘‘ s'agenouiller devant un roi, ni devant un “ prêtre, qu'il doit pour l'honneur de l'hu- ‘ manité rester debout” —C'est bien là l'ab.

sence du sens religieux. Heureusement, Messieurs, — je m'empresse de le dire — à côté de ces impies, la France a encore assez de forts qui s'inclinent dans la sincérité de leurs adorations pour pouvoir par la ferveur de la prière et par le martyre, s'il le faut, purifier et sauver la patrie.

Du moment qu'on ne voit en celui qui commande ou en celui qui sacrifie qu'une figure humaine, pourquoi fléchir le genou, ou courber la tête? Mais, pour nous, heureux mortels, le sens divin éclaire nos esprits, échauffe nos cœurs et provoque en nous les sentiments les plus salutaires.

Nous saluons et bénissons äans le bras qui commande, la volonté divine qui nous dirige ; l’'encens qui s'échappe des mains de

nos sacrificateurs symbolise la sincérité de

si]

nos prières ; nous adorons sur nos autels une victime divine, dont le sang continue à vivifier toute la nation; nous tenons à nos croyances et nous voulons vivre et mourir dans la foi, l'espérance et la charité.

Ces sentiments, Messieurs, ne sont pas seulement basés sur des habitudes, ils ne sont pas seulement le résultat de la réflexion et de l'expérience; ils prennent leur origine dans un besoin, dans une tendance de l'âme.

Comme un enfant, avant de pouvoir se raisonner la chose, s'attache au cou de sa mère chérie parce que c'est sa mère, ainsi l'homme s'affaisse devant la divinité parce qu'il a besoin d'elle. ‘L'homme vivant, ‘“ dit Monsabré, veut mettre sa vie en rap- “ port avec la vie’ —Comment en effet demander la vie à ce qui l'environne? Il voit sans cesse tout tomber autour de lui.

La plante croît, s'épanouit et se dessèche.

Les constructions les plus solides viennent

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