‹ Les AméricainesChapitre 31 sur 42 · BEI.ESPRIT · texte numérisé non relu

BEI.ESPRIT

Je B'ai pas avoué cette conséquence, et je n'aperçois point cette chaîne ; je zn accoutume au langage usité chez vow^ Mademoiselle , et je dis à mpn tour , il jsie faut des preuves*

Laot yiOLBîlTE. f

Je you9 admire , Môostçiiri et si nous

i44 LES AMÉRICAINES.

\oQsen demandions une ^eule de votre incrédulité , seriez^vous en état de now )a donner? Ditefi^jaouis, VU vom. plaît , <: sur q42oi vous vous ât^5 foadé jd^qu^àrce jour pour avoir été déiâ^te ?.No4is savons que vous vous en faites^^loire. Apfkaremcnent vous av^z de bonnes caisons pour éceja,

BELESPRIÏ..

Je lise VOQX pas .faire u;i meiaeonge'; car .cela.es t contraire auDécaloguedoiâ je suis radmiraleuriSi,jedisoisla vérilé, je voirai xlé|à,av6r.lis '<{ne}e vaus scan- 'dalisémis. JWroîs f eur ^^ mad^mm- «ellc Boiine ne .me chassât au premier

«mot*.

Ladt viojuenï^e. ^

Sl^afionoé n'<a pas l'espri'l'pbarisa'ique, f^^ uèdemande pasla tnopt^ofédieur, mais sa conversion. D'ailleurs, ne erai* gTïcz point de nous scandaliser., nousde- VinôBS ¥0is Raisons; Si* vous étieelin sot, xuous î^otirrions vous regarder comme «ne lifiote mal siflée qui ne feroit que réfMÎêw l<5S «so+tises qu'elle aî&ntendues; mais, Dieu merci, vous'nè iraauquez pas ' de cet cola-là/ f^anfiVnW«2 que trop d'esprit. • • ^ .

LSS AM£EICAIN£S. l^S

BELESPRfT.

Grand merci de l'éloge. Je cràîjas pourtant que vous iiè preniez la peîue d'envelopper k^pointe (ie la lancette que pour me piquer en trahison. Je ne vous soupçonne pas d'être fort charitable, surtout à nion éffflrd.

Voila une petite cefnvérsatîoii ibrè galante. Cqurag^e , Monsieur et Madame, je ne trouve rien de plus ,amusant : ditesvous sans façon vos vérités.

, BEInEaPRlT. ,,,

Nou6 sommes iciaur le^ baa^câ , î^ïdde-»

moiselle, on y di^puleyon se dit des injure* sans conséquence j j'invite lady \tiolente à profiter du privilège, fille assure qu'elle devine les raisons qui m^'onî rendu délité ; au lieu dé me demander nia confession, je la prie de la faire, et je lui promets un âYeu sincère si elle devine.

Ladt Violente. *

fo vous preads au mot, je saisi plus de vos ' affaires .c|Ue. vous ne croye». N'esl-il pas vrai, Monsieur^ que vous II. "17

X46 LES ÀMZAIGAIKISS.

savez que vous avez beaucoup d'esprît, •el que vous avez .prétendu vous distiiiguei*^ el vous faire un nom par cet endroit ?

» i^ BELESPRJT.

Je ne le nierai pas, Madame , j'ai assez bonne opinion de mou esprit. J!ose pourtant vous dire que mes senlimens sur la religion n'ont point'eu leur source à^ris le d^ir de' me -digtifnguer. Misa Porothee a deviné plus ^usle'v ' *

Je vous entends , l'orgueil n'est venu qu'en second/ Le libertinage du cœur a èX^\^ premier principe de.vogsentiméns.

BELEStRIT.

J^en conviens. J'ai les passions yives ; ise livrér>.à ses peqclians * et croire des ventes desesperî^nles^ me parut une lacliè trop pénible. Je voyoîs tant de pej:sonnes suivre avec sécurité des penchais tel» que les miens , j'enviois leur état , et je cherchai a démêler les motifs de leur tranquillité. Je ne manquai pas d'apôtres \ onseimoqua de mes scrupules, ou me .dit , on me répéta mille fois qu'ils ne. de« voient ^trQ le partage^que des femm^^

LES AMiniCÀINïS/ ^ 1^47

leites ) j'eus boute de pensercçmine elles. Ou Kxi«icitai!degrAnds'mcMiil€Js^ië$v...j; xn^îs y^ d0is:>gardiaf'lé .S3lemcê^:sur' les> noms 9 le Décalo^iie oie défend 'dci laié* dire: Jefus séduit un peu, sL Vous le vouloz'^ .par le« désir d^èlre associé à ces maîtres , mais plus encore par la liberté de leurs mœuV&.IÀsénSTblèmënt jem'accouU|n^i.^ie;çiteu|Arelç^ railleries isunla re| jgion i:€t cqmmi?, je; tjquyç^i?, aA^den 4ao^,dç ^oi d^s Jumj^res q^i puisA^çut ausjrsteme que je YOjaloi^ embrfi^sef , je pris le^ parti 4e,^ m& ^istr£^ire l,ellej[ueiit, au-dehors , que je n*eusse pas un motnepit, pour entendre latv6iide nia conscience , qui étoit très-impprtune; j'élevai un o^ur dé séparation entre moi etm^s lumières^ et pqndant plusieurs années jei n'en fus plus impoirtiiné. Lçs passions étant de* véhueç plus calmes , il se (it dès B^çcneç à ce mûr j' il s'éçhappoit quelquefois des clarlés qui venoîent'ti*oubler l'a paix dont j elois en possession ; et quoiqu'une cerfaîue voix, placée au plus intime de mon atûe, fui extrêmement affoiblie, elle étoit encore àsisie^ ^forlèpcrur me lournie^^ar^ Ja cherchai. dû secours dags les écrits, def^ÇAyaûs .de liqs. jours,.et.8i JQ

l48 t£6 AMÉRICAINC8.

ne suis pas panrenu a l'iacrédullté con^ sommée ^ j'ai du moms atteint jusqu'au doute universel. Voila mon état présent^ qui y je vous assure, a' bien du pénible : il est des retovirs fâcheux auxquels il u'estpas possible de se soustraire toutà-fait.

. Màdem. botïne. .

Oh ! pour le coup, Monsieur, vous serez bientôt en état d'absolution J Volte confessioti est sincère : ajoute2-y deâfx mots. D*oii venôîent ces . retours ÏScheux? Ne doutîe^-TOus pas deibÀiïtxe foi? ■ . ^' '' ^*î'= '"^ ^'- ''

Oui , Madcmoîselle ; inaîs . douter \^

c'est bien loin d*êlre certain. Je trouve

la religion incompréhensible, pénible. :

cela fonde mçs doutes j mais toujours

douter sur des choses impprtantes est

une chose pénible , je le répété ; il faut

donc chçi^cher une certitude quelque

part,un endroit assuré oii je puisse pQseï!

le pied sans risque et sans inquiétude.

L^j>x LiDUIS£. i

GW-'à-dire , Monsieur, qùévOûs ne irouyea.pas t'opiaion des déistes* pins

:alsée à compreipdre qire qel}e^ des chré-

BÇLJ6:SPaiï.j .: . )

L'opinion des déistes, Madame I on peut ckee enx compter les opinions par téte>, châctraa la sienne. En examitiant ees diverses opinions 9^ je trouve la piartre ibiblej c'est'^-dire quelque chose qui répbgne à mes «lumières : je suis donc réduit à me former un système k moi ^euI.Or, quand je raisonne de bonne foi , je suis forcé de ito'avbuer que je n« Suis pas plus infaillible -que les autres 3 et en conséquence , ce système que j'ai eu iant dé peine k arra6ger', liÉe devient suspect,, et je me trouve pyrrhonîen ; alors je fais de nouvdïes réflexions , ou vplutôt elles ée forment d'elles-*mémes , malgré moi , au-dédans dé moi-même , iel elles sont désespérantes.

''• "■ MiDEM.' BdÏHlHE.

Dieu vous fait bien des grâces , Mon?

sieur, prenez garde d'en ?^huser..Maîa enila , quelles sont ces réflexions qui sont si mipoilunes? ?

De. toutes les opinions » me disent «

^l50 I^ES: AXEKliC A.IKE8.

-Ç^l^ 9 4 n'^jf epa point <|oh^ieQt plss Âb partisans que celles des chrétiens. Parmii ces partisans^ }e trouvé àés hommes qui ont blanpbi dans Véluded^ cette religion^ quipqt {^ea^coup d'e$prit^'{et soûï abso^ luD^pt )K)rp îd'îplér^t 4aDS celle cau^ ; au conjLra^;*e ^ dls^ Qi^t lè^ ]^êmea> faisons

; qiiepp^jleîçippypuueii ^ih W%, çoWme

. inoj, des p^ssion^j^'il le^w s^mhdo^x de satisfaire. Ces gens m'ont assuiré qu'ils

. étoienl certaips de 1^ writ^é de ïa relir gion cbi;éliienA^ , ei hw Uâéiilbk à y sâr çrilier QeqtililaDOit.dê^tikUs cbw:,pou«*

.y, c^pfarpcr le^ai^s nifOÇïii?3v'3a''€tstuir sw garant qu'ils- ne me lrom|>eiit ; >pomt. Voilà donc de^ certitudes oùvjç ù'ai que des doute/s. Qr , la r;E^ison'rti'^ppirend.que tous' les ddtHds n« p^uVei^ èttë^éyald^

' a la vftieuçî d'i^ne qfei^Uide^. lY Wis fv^y e» qu'un pauyçe djbpkibl9:;C<l0ime> mtiy- ne peut être fort a spn aise.avec ces 'réflexions.

Madsm. BONNE.

• • Ce qui ddît vous embarrasser le plus^^

' Monsieur , c'est qu'iî est question d'une

cbose infiniment importante pour^ vous.

Kl c'est ce qui augmeûte ma perae j

IiES* AMÉRICAINES» l5k

Supposé qu€ les vrais chrétiens ée Xrotn'^ pent, me suis-je dît mille foîs-^ quel malheur en ârrii^eVa4-ir?'lls ont espéré le bonheur dans une .vie qui suivroit cellerci , et ils seroni anéantis à la mort; ou bien ,: s'ils'exÎÉJtenl encore, .3a verront qu'ils ise sont tourmentés à credit peh* dant ^ une cinquanlaîne id'aaiiijéiea potir |)OuVt)ir répriniQr !dés penchants qu'il ii'eùt point été criminel de satisfaire. Après tout, ce mal n'est pas g^aod; au contraire, il pourroit arriver ^ue la modération d^ l^urs déstirsleur eûiépai^gné bii^n des maux dont faurai; été Mla vie* time. Du moins est-il vrai que» le^r erî rTeur aura servi à leur adoucir 4es der* loijBrs mcraens : la chimèire d'une ffio, Qfernjellem<^nt heureuse est .une^ilperst pfslçUve cqnsolaiite, Maisisi^pàrmàUmsiir çe^ gei)^4là: raisonnent j^isteisioè que la religion <:ihrétienne enseigne'^ est vrar^ que deviendrai-je si les vrais Chrétiens ne risquent rien ? Je risque tout: Vous rentes tout Je poids d'utie telle pensée.

LÀDt CHAMPÊTRE.

Et qui vous empêche de vous affranchir de ce tQurmtent ? D«ven«& Chré-

|53 LES ÀMERtCAlNES'/

tien ,' et .tout adssitôt vous serez tran-

. BELESPÈIT*

:' Vous en parlez bien à voire aîse , Madame, mais vous êtes convaincue ,< fit je ne le suis pas ; je cherche la vérhé f je puis dire c[ue je TenlreYoïs > cependant |e neJ'ai pas encore trouvée, et • ]e crains même de la rencontrer face k face j pour des raisons à moi connues • quand j'ai fait quelques pas vers elle, €xoédie, fatigué ; effrayé , je m'arrête, jje. ferme les yeux sur l'avêmir , et je m'abandonne à l'événement» D'ailleurs j'aiun^ réputation à soutenir, des amis à oonsèrver* Une conviction parfaite auroit peut-être la force de m'engager à Bsrcrifîer Tutie et à m'éléver au-dessus du XKxépris etidqs^cldmeurs des autres; cette conviction victorieuse, je ne Piai pas, ou pour achever de parler vrai , je n'ai pas

le courage de m'y livrer, parce que

I>iraî-jè tout , Mademoiselle Bonne ? A tout moment j'ai peur d'effrayer ces Dames. . . .

• Màdéh. bonne.

' N^ayez point de pènr, Monsieur :

un homme d'esprit comme vous est

.LBg AMERlCAliifËS. ]55

en état de choisir ses termes ^ et de dire ce qu'il veut sans scandaliser per- .suniie j nous vous comprenons , ie cœur répugné à la convictii^n j il est bien dur de changer de m<»ur8 k un cer-; tain âgé. • -

BELESPRir.

Voilà \a, question. Pour vivre comme j'ai vécu jusqu'à prcsenl , ce n^esl pas la peine dé changer cTopinion^ Quand je croirai ,,il faudra conformer mes mœurs à ma foi, et je n*én ai pas le courage* Cependant j'en ai assez pour vous promettre de me rendre assidu à vos confér rences : qui sait ce qui en arrivera ?

Maoem. bonne.

Je pourrois le prédire , Monsieur , si a cette assiduilé vous voulez joindre une prière ardente. Vous êtes un pauvre captif qui se débat dans des chaînes qu'il n^a -pas la force de briser, et qui s'irrite contre la rhain qui peut seule Tau délivrer. O foiblesse de la raison humaine ! tu entrevois le mieux et tu choisis le pire, que cela est humiliant! Vous croyez qu'il y a un Dieu , Monsieur : adress^s^* vous à cet Etre suprême, conjurez -le

;d*offrîr à vos yeux une lutnîère ausM jéclalanle que celle dont Paul fut terrassé. •iVoas ayez qpilp pouvoir delesifeimer;, •f t. d*él§indrç .«n vjousije ? précteisix don -de la foi .<|u^:vcH*6 aviez reçu dan* le baptême j maïs, je le répète , lous .vos efîorls seront impuissànd^ pour le rallumer. 11 faut un miracle de miséricorde, et j*ose dire que Dieu veut, le faîre en votre faveur. Il faut aider à jsa'grâçe qui ne* veut agir que conjoiiUemenl avec vous , parce que vous êtes libre ; il faut l'accélérer par des prières ardentes. Pour vous y exciter, rappelez- vous ce qu'elle vous a dit souvent. Rjen déplus important que ce qUe vous detnanderez : il y va de tout pobr vous.'

Miss BELOTTE.

J'ai compris par le discours de Monsieur , que les déijStes nient rin^mortalilé de Tame j est-il possible qu'on en puisse venir jusques-là ?

Mà»em. bonne.

Je vous demanderons volontiers', ma cbère, sur quoi t^ous la' croyez : en avez-vous eu de boctne^ i J)reùv^s jus-

qu'à préseul? Pourriez-yous m'en fairp part?

Miss B£L0TTE.

. Je l'ai cru, parce que la religion me l'apprend. C'est , je croîs , ta meilleure dé toutes les preuves.

Màdb^m. 'bonne:

■ Ouï/ {JÔurun^' personne qui s*est convaînèue par Texanien'de U Vérité de la révélation ; mais sans cela celte preuve pourroît fort bien ne pas tenir contre les sophismes des iilorédules.

Qu'en pensez-vous ^ Jady Violente ? Si la religion ne vous eût pas appris que votre ame est ip[)iziortelle ^ vous en se* riez-vous douté "?

Ladt violente.

L'immortalité de moname, ma Bonpe, est une vérité indépendante de la révélation 5 elje tient a cette vérité, Ilja un Dieu.

BELESI^RIT.

. Vous me feriez plaisir de me le prouver, Madame. Ne pou^rroit-il pas j avoif un Dieu.^ans que l'Homme eût une amê immortelle? On diroit^à vo^8 entendra,

lâ6 L£8 AMÉRICAINES.

que Dîcu a éié forcé de le créer tel : seroit^e là voire opinion ?

Ladt violente.

Jene réppndrài point à cette demande qui ne fait rien à notre sijjet , puisqu'il - n'est pas question dé ce» que Dieu a pu faire , mais dé ce qu'il a fait. C'est d'après la cpimoissauce de ce qui existe actuellement., qiie^e ]SOUtien3 que ces 4 eux vé* rites spnjt inséparables l'une' de l'autre ^ Cl que je dis..: /// a un Dieu , donc mon.amc est immortelle.

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