Coquetterie, petites intrigues amoureuses
progrès à cotte, co-education. La présence et les succès du sexe faible, sont un énergique stimulant pour le sexe fort. Les paresteas invétérés, eux-mêmes, attaquent résolument la besogne, afin A© ne pas se Laisser distancer parleurs ompagnes. Les mœurs s'adoucissent, la politesse est dans l'air qu'on respire.... ' j
— Et, interrompis-je, Oberlin est la seule académie, où je n aie aperçu ni crachoirs, ni fumeurs (i).
— Soit I s'écriera quelque individu morose : Les jeunes gens peuvent gagner à votre co-éducatïon ! Ce qu'il y a de certain, c'est que les jeunes filles doivent y perdre la douceur, la modestie, la naïveté, le charme, pour tout dire d'un mot.
je laisse à mon ami M. K*"5 le soin de répondre. Il le fera (rauîant mieux, qu'élève d'Oberlin, il est devenu naguère le mari de v.lle X***, sa condisciple,
— Tout d'abord ! — c'est lui qui parle — : l'idée de serrer dans mes braa une Jeune fille qui savait l'astronomie aussi bien que moi, et qui, probablement, se tirait mieux des équations, cette idée m'effrayait quelque peu. Mais, expérience faite, son premier batoer, me parut le plus doux que j'eusse goûté de ma vie i
Lemple de l'académie Oberlin, suivi déjà par les universités de Iowa et du Michigan, le sera bientôt d'une manière générale. A l'heure où j'écris, les écoles primaires et supérieures réunissent presque partout les deux sexes (2).
L'Amérique, avec son libéralisme pratique, avec son respect des dn.iis de l?indivjdu, a très-sagement résolu le problème de l'instruction religieuse, confiée ou retirée aux écoles et aux collèges
nationaux.
Partant de ce principe : qu'on ne peut user des deniers publics affectés à l'instruction publique, en faveur de tel ou tel enseignement religieux; que si fa moitié des citoyens est catholique, l'autre moitié protestante, il y aurait autant d'injustice à prendre l'argenj catholique pour bâtir des écoles réformées, qu'à consacrer l'argenl protestant à l'érection d'écoles catholiques ; mais que, les sciences élémentaires rentrant, dans le domaine commun, rien
i. Oberlin, de plus, se distingue — je veux dire les élèves— par son intégrité en matière de transactions commerciales. Les faits abondent ; je ne citerai que celui-ci Mm* flM\ brave fen me du voisinage, avait, la cueillette de son verger achevée, déposé one corbeille de pommes devanl la porte d'Oberlin, avee cet avis : Un cent " <>'"• lorsqn'elle revint déni heures plot tard,
ne iroiiva plus di dans sa corbeille, mais en revanche des cents, en
nonilir-* scrupuleusement ei
S Plus narticulièrom^nt dans les petites villes et les diclricts ruraux.
n'est plus juste que d'appliquer à leur acquisition une part du capital commun ; L'Amérique a séparé l'enseignement intellectuel de l'enseignement religieux, remettant le premier aux établissements nationaux, et réservant le second à la famille. —En faisant cela, les États-Unis ont établi la vérité.
Si la religion n'est point enseignée dans les écoles publiques, cela ne signifie point que l'Amérique fasse bon marché de la religion. Cela signifie tout simplement que l'État reconnaît à chaque père, à chaque mère, le droit — et le devoir — d'élever dans sa foi les enfants que Dieu lui a donnés.
Lorsque les chefs de famille s'accordent sur les points fondamentaux du christianisme — ce qui arrive en plus d'une localité — l'école ouvre son enseignement journalier par la lecture de quelques versets sans commentaire, suivie des dix Commandements et de l'Oraison dominicale. Les parents, toutefois, restent libres — en informant auparavant le directeur — de retenir chez eux leurs enfants, jusqu'au moment où cette lecture est terminée (1).
Maints collèges possèdent une salle particulière, où les ministres de toute dénomination peuvent, les leçons achevées, rassembler les élèves qui appartiennent à la même communion qu'eux, afin de leur donner un enseignement religieux spécial. Mais les parents américains négligent en général cette facilité, comptant mieux, pour l'instruction spirituelle de leurs enfants, sur l'école du Dimanche, sur la prédication dans l'église, sur la vivante action de la famille.
Ces mots : éducation séculière, s'appliquent à toute éducation qui ne repose pas sur une base religieuse. Les employer dans un sens injurieux, en faire le synonyme de ceux-ci : éducation athée, c'est commettre une grave erreur.
Personne ne parle d'arithmétique séculière, de gymnastique séculière. Nul ne qualifie de mesures séculières — athées, veux-je dire — les règlements vicinaux ou municipaux, qui pourvoient à l'entretien des routes et à la propreté des rues, sans exiger des cantonniers ou des balayeurs ;un acte de foi !
Séparation de l'Église et de l'État, séparation de l'enseignement intellectuel et de l'enseignement religieux ; ces deux séparations, signes évidents du respect pour l'âme, pour l'Église et pour l'individu, ne feront baisser la foi, soyez-en certain, ni dans l'âme du peuple américain, ni dans le cœur de ses enfants.