‹ Les Américains chez eux d'après l'anglaisChapitre 23 sur 138 · Antre orateur américain · texte numérisé non relu

Antre orateur américain

2. Cette même congrégation a récemment suspendu Georges IT. Stuart de ses fonctions d'ancien et de membre de l'Eglise, parce que Georges H. Stuart chante des hymnes !

Barnes est mort en décembre 1870, au retour d'une visite qu'il venait de faire, avec sa fille, à des amis affligés.

3. Résultat bizarre de l'esclavage : les noirs eux-mêmes méprisaient profondément tout blanc qui ne pouvait se donner au moins un nègre !

clartés lunaires ; pâle, colossal, enveloppé des sérénités du ciel. Voici cette ville en formation, composée de rues en projet : ville aux distantes énormes, aux gigantesques bâtiments, aux avenues larges comme des carrefours, où s'j gite une population de fourmis !

J'étais arrivé tard. Le matin me trouva dans ces vastitudes plus ou moins habitées. Au quartier général du Freedman's bureau (1), j.^ rencontrai le général Howard, chef de ce département, brillant orateur, grand ami des esclaves libérés, apôtre de la tempérance, vaillant soldat.

Le général Howard eut ce terrible bonneur, de soutenir la dernière el rude charge de Stonewall' Jackson à Cbancellorsville. Ce fut Howard qui, saisissant l'importance stratégique de Gettysburg, assura la victoire du Nord. Plus tard, dans la « grande marche la mer », Howard commandait l'aile droite de l'armée de Sherman (2).

Lorsque je le vis au quartier général du Bureau, Howard portait son uniforme : drap bleu foncé, boutons d'or, avec les insignes de son rang. L'extrémité de la manche droite, vide — un boulet avait emporté le bras à la bataille de Fair Oaks — se rattachait sur la poitrine. Howard vint à moi, me tendit la seule main que lui eussent laissée les Confédérés, et me souhaita la bienvenue aux États-Unis. L'expression gracieuse de sa physionomie, son doux rd, le faisaient bien plus ressembler à. un ministre de paix qu'à un foudre de guerre.

Nous nous entretînmes quelques instants de l'œuvre missionnaire parmi les affranchis. Howard signa de la main gauche une lettre d'introduction qu'il avait fait préparer pour moi. Il me conseilla de visiter quelques-unes des écoles nègres de Washington , me présenta au révérend Kimball, inspecteur scolaire en chef pour le district de Columbia, et bientôt nous nous rendions à ch''\al,'M. Kimball et moi, dans le faubourg de Georgetown, où se trouvent situées les écoles noires.

Le même toit en abrite huit ; ou pour mieux dire, il n'y a là qu'un seul collège gradué. Les classes séparées, formées d'élèves du même âge arrivés au même point d'instruction, ont chacune son

Page 1