‹ Les amis de la marquise de Sablé;Chapitre 36 sur 105 · Madame de Sainle-Amand, sa nièce · texte numérisé non relu

Madame de Sainle-Amand, sa nièce

Du 90 octobre 16d8.

Ma très chère sœur,

Je vous puis asseurer qu'ancore que je n'aye pas le bonhœur de savoir de vos nouvelles tous les jours comme a Paris, que je n'en panse pas moins à vous, et au contrayre Tinsertitude de vostre estât me donne une solicitude qui me porte a prier Dieu qu'il soit tel que je le désire. Il faut que je vous advoue que les deux dernières fois que j'ay eu l'honneur de vous voir j^ay resenti quelque chose pour vous que je n*avois pas encore eu, qui m'a rendu vostre eloignement plus pénible et obligée d'adorer la nécessité de se soubmettre a Tordre de Dieu. C'est en cela que je trouve ma force en toute chose et où je vous supUe tces humblement de la prendre, ma très chère sœur, et de bien chercher vostre trésor (que cette parole m'a plu) mais non pas tant par la lecture que par Toraison , ou plus tost par le désir du cœur que par une seule parole ou par im seul regard vers Dieu qui attire plus sa miséricorde que par la multitude des paroles. Contentés vous, ma très chère sœur, du Nouveau Testament. Je suis ravie de ce que Nostre Seigneur vous y donne de l'affection, car encore qu'en effect toute la Sainte escriture soit également digne d'amour et de respect puisquelle est du Saint Esprit, le Saint Évangile de Nostre Seigneur Dieu et honune nous doit donner ung sentiment particulier. A oycy la feste de tous les saints quisont les effetz des paroles et des mérites de cest homme-Dieu. Je suplie sa divine l)onté qu'il respande l'abondance de ces grâces sur

VOUS parla multitude des intercesseurs. Je suis plus a vous que jamais, ma très chère sœur, et d'une manière toute nouvelle. Dieu veuille que ce soit par un mouvement nouveau de sa grâce.

Je prands la liberté de vous suplier très humblement quand vous verrez Mademoiselle Penquet ^ de luy dire que je ne l'oublie point.

Ma très chère sœur,

J E vous suplie très humblement nous tant obliger de nous envoyer M. Moussin * pour voir madame d^Aumont * qui depuis quatre ou cinq jours a un très grand mal de teste sans aucune fiebvre ; et elle n'a nule confience en d'autres médecins, et n'en veut point seulement voir, craygnant qu'ilz ne luy aporte de ces méchantes fiebvres qui courent. Nous n'en avons aucune céans et c'est un petit miracle que dans l'empressement où nous sommes , nous n'ayons point de malades que quelques maux de dens.

Je bénis Dieu, ma très chère sœur, de vous voir dans de nouveaux désirs d'estre toute à Dieu et du courage

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