‹ Les amis de la marquise de Sablé;Chapitre 35 sur 105 · GLOIRE A JÉSUS, AU SAINT-SACREMENT · texte numérisé non relu

GLOIRE A JÉSUS, AU SAINT-SACREMENT

Mon Dieu, ma très chère sœur, vostre migrayne me tue l'esprit comme elle fait vostre corps, et je voudrois en pouvoir porter au moins une partie, car je n*"ay presque plus la mienne et il semble que la vostre se rant toujours plus fréquente et pénible. Je me console de ce que je sçay que vous la suportés de bon cœur et

qu'ainsi en afligeant vostre corps, elle console vostrfe anie, Dieu estant si bon qu'il ne laisse quoy que ce soit qu'on soufre pour Tamour de luy sans recompance. Voâtre dépit n'est pas juste, ma très chère sœur, puisque la crainte que j'ay eu de vous embarasser n'a point esté pat aucun doute de vostre bonté et charité, mais au contrayre sa esté que vous conoissant si fort Obligenteet sachant d'aillieurs la grande dificulté qu'il y a à placer les personnes, j'ay apréhendé que ne pouvant rencontrer l'ocasion, cela vous fâcha, et c'est ce que je vous suplle très humblement de ne pas fayre si Dlôu ne vous donne l'ocasion. Car il faut tout âblan* dokmer pour nous même et pour les autres à la divine providance toute bonne et toute sage qui ordonne toujnurs tout pour le mieus. Je suis toute à vous, ma très chère sœur. Je seré bien ayse que vous faciez l'honneur à ma sœur Dorotée S qui est le vœu du personnage, de parler à elle. Elle ne sayt pas encore que je vous ay escritj n'ayant pas eu le temps de le luy dire.

Du 3 septembre 1657.

Ma très chère sœur,

Je n'ay pas encore trouvé le temps, depuis nostre retour, de vous dire que je ne manque pas à parler à

1. Marie-Dorothée de rincarnation (M'^* Le Comte), née en 1610, élevée à Port-Rojal, j fit sa profession le 7 décembre 1626 ; elle fut prieure des Champs de 1653 à 1659, conseillée et guidée par la mère Angélique, qai raflfectionnait particulièrement. Elle devint prieure à Paris en 1601, et mourut le 1" novembre 1674.

MoDBieur S. ^ de madame vostre f . ' la religieuse, lequel me confinna la créance que je tenois pour certaine que Madame son A. • ne pouvoit en fasson du monde , la faire sortir de la maison dans laquelle elle avoit droit de la renger à son debvoir, et quand Madame vostre f. souètteroit d'en sortir même pour im établissement. Je croy, ma très chère sœur , que vous ne debvriei pas le permettre pour les très fâcheux inconvénient qu'il en pouroit an ver, et il me semble que sur ce que madame vostre N. ^ vous a fait paroistre désirer s'en défayre, que vous ferez très bien de luy fayre entendre fortement que vous n'y consentirez en nule manière, afin de luy en ester toute pensée. Plût à Dieu, ma très chère sœur , que Dieu me fit la grâce de le bien prier pour cette pauvre fille et pour tout le reste de ce qui vous touche. Il sait les désirs qu'il m'a donnés de vous servir ; quand il luy plaira, il leur donnera quelque effect et je serai ravie , si je l'obtiens un jour de sa bonté. Je prirai qu'on mette à la première neufvaine vos deux filles. Elles en ont besoin toutes deux. Je suis toute à vous, ma très chère sœur.

Page 1