JEAN DOMAT
Cette lettre est yraiment curieuse, je crois, qua songe à son auteur, le grave Domat, avocat du i présidial de Clermont-Ferrand, Fami particulier d cal, Tun des jurisconsultes les plus considérabli XVII» siècle (1625-1695) *.
Domat fut envoyé à Paris pour faire ses études a lége de Clermont,puis il j revint souvent, et par Pa fut naturellement introduit dans la société de Portet chez la marquise de Sablé. On voit que le savant consulte ne se bornait pas à s'occuper spécial des grandes questions religieuses qui inquiétaieni tous les esprits sérieux, ou à écrire des traités s loit civiles dans leur ordre naturel; celui que Boi] appelé le restaurateur de la raison dans la jurispm romaine aimait aussi les belles-lettres. — C'est au d< Valant qu'est adressé ce billet à la suite duquel le
1. Voir If* Mémoire biographique sur Domat, publié ] piremière fois par M. Cousin, dans son livre sur Jac Pascal.
*^^iioncés n'ont malheureusement pas été conservés. —
^es portefeuilles de Valant renferment un certain nombre
^ maximes composées par Domat vers 1659, époque où il
,. ^"u.enta le plus le salon de la marquise et où ce genre de
-p, J^^rtissemeut littéraire était singulièrement en vogue.
"■-«s ne sont bonnes qu'à être indiquées pour mémoire.
De Mirelleur, ce 7' octobre 1671 •
^^ E VOUS escris, monsieur, de la campagne où je suis '^^ns l'embarras des vendanges, qui ne m'a pas encore %tiéry de ma folie, et sans sçavoir le sort des vers que je ^'attens pas avantageux, je vous en envoyé encore deux autres pièces et encore par le même conseil quia part.îcipé a ma première folie; je ne les envoyé pas par tA. Périer : il m'est impossible de luy écrire présentement; vous aurez la bonté, s'il vous plaist, de luy en faire mes excuses, quand vous le verrez, et d'en conférer ensemble : je n'ay pu les faire voir à M. son fils, car ils ne furent faits qu'hier avant que je me disposasse à venir icy.
S'il ne se peut rien faire de ces douze et que la longueur les fasse rejester, on les peut abréger ; les uns se contenteroient du second et du troisième seuls, ou conune ils sont,, ou en changeant ainsi le troisième, qua/m majora gerens belli et miracula pacis; d'autres mettroient les deux premiers et la moitié du troisième, ou les quatre premiers seuls, ou ces mesmes quatre, y adjoustant les deux derniers. Pardonnez , s'il vous plaist, monsieur, tout cet entretien, je crains beaucoup qu'ils ne vous déplaisent, mais je vous supplie en même temps qu'ils ne diminuent en rien la bonté que vous
Avei pour moy, car je renonceray bien plusftofit àti ptyteie, et pour toujours. Je suis avec toute la m noissance dont je suis capable, monsieur, votre, et
DOIIAT.
Je ne sais si je dois encore prendre la liberté d'o mes très humbles respects à madame la marquise
J'ay adjousté à ce distique, qui est en deux faç quelques autres qui ne sont guères que les mes pensées en distiques et monostiques. Ce sera assel vous donnent quelque petit divertissement.