Il y avait une alliance entre la princesse et madame de
' Sablé : le père de la première eut pour frère aîné le duc de
Montbazon, qui mourut sans postérité de Madeleine de Lenon-
court, dont la mère était Françoise de Laval-Boisdauphin, tante
de la marquise de Sablé.
cœur de la princesse, et Dieu s'en servit pour la faire rentrer en elle-même,... C'étoit en 1639, et M. Tabbéde Saiut-Cyran étoit alors prisonnier au château deYincennes, d'où, il conduisoit plusieurs personnes malgré ses chaines. Les grandes vérités dont ses lettres étoient remplies produisirent leur effet dans le cœur de cette princesse. Elle changea entièrement sa vie... Elle se lia très-particulièrement à notre monastère : son dessein étoit même de s'y retirer entièrement à l'avenir , et c'est dans cette vue qu'elle fit bâtir le corps de logis qui tient à l'église de nostre maison de Paris. *
Mais avant sa conversion Ja princesse avait été singrdièrement galante * : elle n'accueillit pas seulement de grands seigneurs, comme M. de Montmorency, le comte de Soissons, MM. de Bouteville, de Thou*, — ce qui fit dire que tous ses amants faisaient une mauvaise fin, — ^ mais elle agréa aussi les hommages dorés du surintendant Emery. Madame de Maure, à ce propos, s'écria un jour : c C'est qu'elle veut convertir le bon larron. — Elle ne le luy pardonna, ajoute Tallemant, qu'en une maladie où elle crut mourir. »
Il garait que ce ne fut pas uniquedient par esprit de
1. Madame de Motteville est très-explicite à cet égard : « Madame de Gueménée, belle-fille de madame daMontbaion, étoit aussi une des plus belles personnes du moncle, et ne loi cédoit guère en la quantité d'amants et en l'estime do ces sortes de biens que les dames s'imaginent être de grands triomphes. Elle avoit le visage fort beau ; les traits en étaient touè pârfaifi. J'ai ouï dire k la reine, longtemps après, que les jourt de bal, que les unes et les autres travailloient avec soin pour être les plus belles , elle et madame de Chevreuse, la craignant, faîsoient ce qu'elles pouvoient par mille inventions pour em|»ècher qu'elle ne vînt effacer leur beauté; et que souvent, qoand elle arrivoiten état de donner de la jalousie aux plus parâûtes, elles alloient de concert lui dire qu'elle avoit mauvais yisa^B* Sur quoi, sans consulter son miroir, elle s'en alloit, tout effraV^e d'elle-même, se cacher ; et que, par cet artifice, souvent eues avoient évité la honte de n'être pas les plus belles. >