‹ Les amis de la marquise de Sablé;Chapitre 80 sur 105 · MADAME DE SAINT-ANGE · texte numérisé non relu

MADAME DE SAINT-ANGE

Mademoiselle de Boulogne épousa M. de Saint-Ange, qui mourut le 17 février 1651. Elle entra alors à Port- Royal et y était encore novice en 1654, sous le nom de sœur Anne de Sainte-Eugénie. —Elle paraît avoir été particulièrement liée avec la mère Angélique, qui lui écrivait assez souvent. Nous publions ces deux lettres à cause surtout des détails qu'elles renferment sur la mère Agnès et sur son intimité avec madame de Sablé.

JLe soin si particulier et si obligeant que vous avez pour la conservation de notre chère mère fait que toute la communauté vous est infiniment redevable ; mais je ne puis m'empêcher en mon particulier, ma chère sœur, de vous en rendre de très humbles actions de grâces, et de vous assurer que j'en auray toute ma

vie la reconnoissance jque je dois; votre bonté est si grande que tout le monde y a recours, et ma sœur Sîiinte-Cécile espèro d'en ressentir les effets ; c'est pourquoy je vous supplie très humblement en son nonif et au mien, de faire en sorte que Monsieur Tarchevesque lui permette de suivre madame sa mère partout où elle ira. Il y a fort longtemps qu'elle luy rend tous les petits services dont elle a besoin, car encore que sa mère ne soit pas si âgée, la mère Agnès est souvent malade, et d'une délicatesse naturelle qui ne luy permet pas de se pouvoir passer d'une personne auprès d'elle; or, parmy le grand nombre que nous sonmies, et qui nous estimerions heureuses de la servir, il n'y en a point qui lui soit plus propre et à laquelle elle soit plus accoutumée qu'à ma sœur Sainte-Cécile. C'est pourquoy nous luy céderons toutes volontiers cet avantage, et nous vous serons fort obligées si vous obtenez cette grâce de votre prélat.

Je vous supplie très humblement de me faire celle de croire que quoy qu'il puisse arriver je serai plus à vous que personne au monde.

Ma sœur Sainte-Cécile veut que j'ajoute qu'elle n'oubliera jamais les obligations dont elle vous est redevable, et elle espère que si vous vous en souvenez vous mesme, vous prendrez plaisir à les augmenter encore par cette dernière qui sera le comble de toutes les autres.

Ce 10 ieptembre.

UuYjinatrès chère sœur, mademoiselle Datrie* vous verra quand elle voudra; la sainte mère le trouve fort bon, elle m'est toujours meilleure et je vous assure qu'elle a beaucoup d'estime et d'amitié pour vous. Au reste, je ne m'en dédis point, je crois Tair dlcy fort bon, car bien qu'il paroisse subtil, la rivière sans doute tempère cela ; il faut être bien charitable, ma chère sœur, pour prendre tant de soin d'une santé qui vous est si inutile. Dieu sera votre récompense, je l'en prierai de tout mon cœur.

1. Nièce de madame de Maure, mademoiselle d'Atry avait quitté l'hôtel de la comtesse, quand la diminution de la fortune de celle-ci la contraignit de vivre plus étroitement ; elle se retira alors à Port-Royal, et eut à soutenir un assez long procès contre le comte de Maure, devenu veuf.

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