ENFANT
Amour est peint avec un bandeau pour montrer que celuy qui ayme doit faire aveuglement toutes choses pour ce qu'il ayme*.
1. Amour a les yeux bandés pour montrer qu'il n'excepte personne.
Amour a les yeux bandés pour montrer, en faveur des dames du temps, qu'il faut aimer tout ce qui se rencontre.
{Notes autogrofhes,)
Amour est peint avec un bandeau parce qu'il ne doit ^.Eit voir que par les yeux de ce qu'il ayme.
Amour a les yeux bandez pour apprendre que les; dieux ont les yeux fermez aux fautes des amans,
Amour a les yeux bandez pour montrer que ses tères cherchent les ténèbres et non pas la lumière.
Amour a les yeux bandez pour montrer que ceujc
qui le veulent suivre, le doivent faire sapsaucimecoïi -•-
sidération.
Amour a les yeux bandez pour estre hors de pouvoiraci-Sr de ft'esloigner du sujet qu'il ayme.
Amour a les yeux bandez pour n'estre diverti de qu'il ayme par aucun autre object.
Amour a les yeux bandez pour montrer que si Ta —
mour naist par les yeux il se conserve et s'augmente if"^ par la pensée.
Amour a les yeux bandez pour conserver toujou: la première idée qu'il a prise de ce qu'il ayme.
Amour a les yeux bandez pour montrer que celuj^ qui ayme se doit laisser conduire par ce qu'il ayme.
Amour est peint nud pour montrer qu'il pe fout avoir aucuD défaut pour aymer et pour estre aymàt
Amour est peint nud pour montrer qu'il faut bien connoistre avant que d'aymer et qu'jiprès pn doit estre satisfaict.
Amour est peint nud pour montrer qu'il n'aprebendft aucune incommodité pour ce qu'il ayme.
Amour est peint nud pour montrer qu'il ne doit point estre caché.
Amour est peint enfant pour montrer qu'il doit toujours estre comme lorsqu'il est né.
Amour est peint enfant pour montrer qu'il désire la jeunesse et qu'il fuit la vieillesse.
Amour est peint enfant pour montrer qu'il doit estre sans finesse et sans malice. ;
Amour est peint enfant pour s'introduire plus facilement et sans défiance.
Amour est peint enfant pour montrer qu'il faut avoir l'humeur guaye.
Amour est peint enfant pour njontrer que lo vray amour est celuy d'inclination et non celui de eonpi^û^ sance.
Amour est peint enfant pour montrer qu'il fait perdre le sens aux plus sages.
Amour est peint nud pour montrer sa grande chaleur.
Amour est peint nud pour montrer qu'un amoureux doit estre débarassé de toutes autres affaires et ne songer qu'à luy.
Amour est peint nud pour montrer que les amans se doivent connoistre l'un l'autre entièrement et sans réserve.
Calvin au livre II de son Institution^ chapitre xvi,§2 ^=^% dit que Jésus-Christ douta de son salut, qu'il eut craint» -* -*te d'estre damné et que de cette crainte procédoit l5.-t la prière qu'il fist sur la croix avec pleurs.
Que ces paroles : « Mon Père, pourquoy m'avez, vous délaissé? * estoient des paroles de désespoir qu'il nous a rachetez non pas par sa mort, mais par le peines des damnez qu'il a souffert, estant nostre eau tion, il a été obligé d'endurer la peine et la damnatioi: dont nous estions chargez.
Après ce discours peut-on croire que la religion qu-KLP'Tie Calvin enseigne soit bonne, et cela seul ne devroit-r — Jt-U pas la faire abhorrer?
Je vous assure, en vérité, qu'il n'y a point de hr-P" -^nuguenots qui ne soient athées ou ignorans et enivrer ''^^^^ sans vouloir regarder et de se servir seulement d-fc^ de leur sens naturel.
LiALviN seul a osé avancer que la grâce et la foy justfiantes que Ton a par la prédestination ne se perd jm mais depuis qu'elle a été reçeue.
Luther, Pierre martyr et plusieurs autres de leurs opinions ne sont pas d'accord de cette doctrine. Si cette justice et grâce ne se peut perdre, on la conserve dans les plus horribles péchés.
David Tavoit donc dans son adultère avec Betsabée et l'homicide d'Urie son mary. Saint Pierre l'avoit lorsqu'il nia Dieu par trois fois, et saint Thomas pendant son infidélité.
En vérité, Calvin et ses sectateurs ouvrent leur porte entièrement au libertinage puisqu'ils assurent que les hommes conservent les grâces de Dieu dans leurs débauches.
Cette seule opinion peut faire voir que leur doctrine n'est qu'un esgout et un cloaque d'impiété.
J E ne puis assez m'estimer comment un aussi honneste homme qu'est M. vostre médecin peut dire qu'il ne faut pas se rapporter à l'Église pour l'interprétation du passage de TEscriture sainte dont nous sommes en différend, après que je vois que saint Augustin dit qu'il ne croiroit pas à TÉvangile sans l'autorité del'Escriture.
Dieu n'a promis l'infaillibilité à aucun particulier, mesme à saint Pierre, sur lequel il a fondé son Église, mais il Ta promis à l'ÉgUse avec une assistance perpétuelle.
Jugement du liyhb db Charron.
Lie livre de la Sagesse de Charron est divisé en trois.
Si Ton ostoit à ce livre ce qui a esté pris de Montaigne, de Senèque, de Bodin, de Sextus Philosophas, d'Aristote, de Plutarque et de Cicéron, il ne resteroit à ce livre que les os disloqués et hors de leur place.
Il fait semblant de former un sage, et en effectil fait un impie.
n parle licencieusement et témérairement de la religion, puis il se raraenne et se soumet, mais Une guérit pas le mal qu'il a fait. Il parle de religion, comme si ce n*estoit que des inventions humaines et 4es copr tumes, et voulapt ester la superstition , U détPiMt 1^ religion.
Il parle de l'immortalité de rame comme d'une opi-r nion douteuse, et en voulant oster l'opinion, il a]rra6h9 les vraies créances.
Il donne tout à la nature qu'il accompagne toujours de la raison.
Il veut establir la preudhoipmie et I4 fWQ p?«ser devant la religion mesme.
Il veut rendre toutes les coutumes indifféreiit^f, quelles qu'elles soient.
En effet, il est pyrrhonien, et, donnant presque tout
aux sens et à la nature, il renverse Tordre de la morale.
Il ne dit rien de rien.
Il veut paroltre savant sur les moindres détails.
Il ne faict pas beaucoup de différence de Thomme à la beste.
Il montre qu'il a dans le cœur des créances autre? que n'ont les plus sages.
C'est proprement une rapsodie dont le style n'est ni elair ni élégant, plein d'épitbètes superflues et affectées faisant des dlstincions à sa mode , contraires aux vrayes et philosophiques.
Ses divisions sont imparfaites; ses ad vis et ses en^ seignempns sont communs et triviaux.
Dans tout cet ouvrage on y reconnolt un défaut de porter les personnes à la volupté, à Firréligion, au libertinage, et ne défendre rien de ce que la nature demande pourveu que ce soit modérément ; à vivre pour soi avec peu en paix, et c'est sa devise, et enfin à cacher sa vie, se desrober au public, estre déserteur de sa patrie, et trahir des bonnes qualités, les rendant inutiles.
Ce livre est une fausse morale, dont les pièces ne se
suivent pas, pleines de renvoys à ce qu'il a dit ou dira.
D semble y avoir quelque méthode dans tout cet ouî-
vrage, mais elle est disproportionnée, confuse et hors
, des préceptes des sciences.
Il devoit laisser Montaigne en paix dans cette gaillarde et confuse liberté de parler de tout ce qu'il sçait, qu'il veut persuader venir de sa fantaisie et de son imagination.
Ce livre est dangereux aux jeunes gens et aux esprits
foibles, d'autaDiquele venin y est caché sous quelques fleurs, et on n'y peut rien apprendre qui ne soit dans des autres livres.
Quant à la division qu*,il fait de ce que l'on doit à Dieu, à soy et à autruy, elle comprend la religion, les vertus morales et les intellectuelles, et celuy qui s'acquitteroit dignement de ces trois choses seroit religieux, sage et sçavant.
Quant aux préceptes qu'il donne pour s'exemptei^ d'erreurs et de vices, cela est difficile et présuppose d*estre guary de Tignorance et des fausses opinions ; et ainsy estre sçavant et reconnoissant la vérité des choses. Il devroit donner les vrays moyens de parvenir à ses lins, lesquelles sont très faciles à prescrire et très difficiles à y parvenir.
La liberté de juger de toutes choses dont il parle est très dangereuse, c'est entr'ouvrir la porte à toute sorte d*esprits, de mettre en doute toute chose.
Avoir la liberté de tout vouloir, c'est abandonner sa volonté et s'accoutumer à n'obéir pas à la raison.
Le troisième livre est tiré des morales et politiques imprimées par cent personnes : il devroit estre attaché au premier pour ne pas bailler de chapitres entrecoupés.
Il ne devroit estre permis d'escrire que pour produire quelques nouvelles et utiles pensées, ou i)our esclaircir les choses obscures, mais d'escrire des larcins et des redictes, et en faire de fausses appUcations qui sont des moyens de gaster et de pervertir les esprits, il ne le faudroit pas souffrir, mais supprimer les livres et en chastier les autheur s.