Œuvres, loc. cit., t. IV, p. 9. Lettre
veut que mon âme regarde la vôtre, la chérisse et soit parfaitement vôtre.
Je salue les chères sœurs, Agnès, Marie et Anne, et notre bonne séculière qui m'est si chère, ma sœur Catherine de Gênes. (M™^ Le Maître). En somme mon cœur se retourne à tous moments de votre côté, et ne cesse point de répandre des souhaits pour votre avancement au pur et courageux, mais humble et doux amour divin * ».
Il est intéressant de rapprocher des témoignages d'affection prodigués à la mère Angélique dans cette lettre, l'appréciation qu'en a donnée un prêtre, auteur d'une Vie de sainte Chantai, M. l'abbé Henri Brémond. Ce rapprochement met en lumière les déformations que subit l'histoire quand elle est adaptée à des animosités séculaires. Comme M^r Bougaud, dont j'ai signalé les erreurs historiques volontaires, dans ma précédente étude sur les rapports de saint François de Sales avec la Mère Angélique, l'abbé Brémond a eu sous les yeux les lettres du saint que je donne ici. Il s'est gardé de les mentionner, mais, en échange de ce devoir d'historien, il a écrit la phrase suivante :
<t Ah ! comme on l'aurait indigné, (saint François de Sales), si on lui avait dit qu'un jour viendi'ait où l'on verrait sa chère fille, son « âme », son « cœur », sous les traits d'Angélique Arnauld 2, »
Et cependant le cœur du saint se « consolait » à écrire à cette même Angélique Arnauld, « tant il était vrai que Dieu voulait que son âme regardât la sienne, la chérît et fût parfaitement sienne ».
Trois jours après s'être ainsi « consolé », ce même