‹ Les Amis oubliés de Port RoyalChapitre 14 sur 103 · Œuvres, loc. cit., t. IV, p- 17, 569' Lettre · texte numérisé non relu

Œuvres, loc. cit., t. IV, p- 17, 569' Lettre

2. Lellre de ?aint François de Sales au roi Henri IV, (Œuvres, loc. cit., t. II, p. 9ô).

« Sire, je remercie de tout mon cœur votre Majesté du souveniE qu'elle a daigné avoir de ma petitesse. J'accepte, oui j'accepte avec un très grand plaisir votre royale libéralité ; mais vous me permettrez. Sire, de vous parler franchement; grâces à Notre Seigneur, je suis maintenant dans une telle situation, que je n'ai point besoin de cette pension ; c'est pourquoi je supplie très humblement Votre Majesté d'avoir pour agréable quelle me soit conservée entre les mains de votre trésorier des épargnes, pour m'en servir quand j'en aurais besoin, etc.. »

« dessus des présents* ». Pendant le séjour de saint François de Sales à Paris, le cardinal archevêque, Jean- Paul de Gondi lui avait officieusement renouv.elé les mêmes offres.

16 décembre 1619.

« Je commence par où vous finisse/, ma très chère et très véritablement bien-aimée fille ; car votre dernière lettre entre celles que j'ai reçues finit ainsi : Je crois que vous me connaissez bien. Or, il est vrai, certes, je vous connais bien, et que vous avez toujours dedans le cœur une invariable résolution de vivre toute à Dieu, mais aussi que cette grande activité naturelle vous fait sentir une grande vicissitude de saillies.

« O ma fille, non, je vous en prie, ne croyez pas que l'œuvre que nous avons entrepris de faire en vous puisse être sitôt faite.

« Les cerisiers portent bientôt leurs fruits, parce que leurs fruits ne sont que des cerises de peu de durée ; mais les palmiers, princes des arbres, ne portent leurs dattes que cent ans api'ès qu'on les a plantés, ce dit-on. Une médiocre vie se peut acquérir en un an ; mais la perfection à laquelle nous prétendons, ô Dieu ! ma chère fille, elle ne peut venir qu'en plusieurs années, parlant de la voie ordinaii'e.

« Dites bien encore ceci à cette fille que je vous ai

1. L'Esprit de saint François de Sales, Évéque et Prince de Genève, recueilli de divers écrits de M. Jean-Pierre Camus, Évèque de Belley, Paris, 1770, t. 1, p. 212. Abrégé du Père Collet.

L'ouvrage intitulé L'Esprit de saint François de Sales, évêque et prince de Genève, représenté en plusieurs de ses actions et paroles remarquables, recueillies de quelques sermons, exhortations, conférences, conversalions, livres et lettres, de M. J.-P. Camus, évêque de Betley, a été publié successivement en six volumes, à partir de 1639. Il est regrettable que cet ouvrage soit devenu à peu' près introuvable. Le P. Collet en a fait un abrégé (Paris, 1770), très suffisant pour Fédilication, nous dit Sainte-Beuve, mais qui ne remplace pas l'original pour la littérature. L'ouvrage complet a été réédité par labbé Dépéry (Paris, 1840, 3 vol. in-S").

tant recommandée *, qu'en vérité je ne la puis oublier ni jour ni nuit, mon âme réclamant incessamment la grâce de Dieu sur elle, et dites-lui hardiment que, non, je ne m'étonnerai jamais de ses faiblesses et imperfections. Ne serais-jepas un déloyal arrogant si je ne la regardais en douceur parmi les efforts qu'elle fait - de s'affermir en la douceur, en l'humilité, en la simplicité ? Qu'elle continue fidèlement ses poursuites, et je continuerai sans cesse de soupirer et respirer pour son bien et avancement. Le bon père ' me remercie si bonnement de la dilection que je porte à cette chère fille, sans considérer que c'est une affection qui m'est si précieuse et tellement naturalisée en mon âme, que personne ne m'en doit savoir non plus de gré que de quoi je me souhaite du bien à moi-même.

« Mais dites-lui à cette chère fille, qu'en l'exercice du matin elle mette son cœur en posture d'humilité, de douceur et de tranquillité, et qu'elle s'y remette après diner, pendant grâces, et à vêpres, et le soir ; et que parmi la journée elle se souvienne que je le lui ai dit.

« Dites-lui que je demeure ici en mon diocèse, tandis qu'il plait à Dieu ; et que, comme rien ne m'en peut tirer que quelque particulière occasion que je croirai être à la gloire de Notre-Seigneur, aussi cela se présentant je n'aurai non plus de difficulté de me déprendre maintenant des faveurs que je reçois, qu'auparavant qu'elles me fussent données. Je suis et serai, et veux être à jamais à la merci de la Providence de Dieu, sans que je veuille que ma volonté y tienne autre rang que de suivante. VouS savez toujours tOUt,

mais ménagez-le.

« On m'invite d'aller de rechef à Paris en une agréable

L C'était la mère Angélique elle-même.

2. Il y a ici une légère variante entre l'édition des Œuvres Complètes que je cite généralement, et celle de» Episires Spirituelles du Bienheureux François de Sales évesque et prince de Genève, fondateur de l'ordre de la Visitation de Sainte Marie, recueillies par Louis de Sates. Lyon, 1634. Livre III, p. 417, Epistre 43'. Cette édition ancienne porte « Parmi les efforts quelle a faits. »

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