‹ Les Amis oubliés de Port RoyalChapitre 99 sur 103 · Sainte-Beuve, Porl-Royal, t. I, p · texte numérisé non relu

Sainte-Beuve, Porl-Royal, t. I, p

en face des affirmations d'un évêque comme le grand Golbert, les dénégations d'un historien comme M^^ Bougaud? Les épitiiètes de sectaire, de janséniste, d hérétique même, prodiguées, dans les récentes Vies de saitite Chantai, aux hommes et aux femmes de Port-Royal, peuvent-elles dispenser les auteurs de ces ouvrages des sentiments d'équité imposés à tout écrivain, mais plus particulièrement à tout historien? En opposant évêque à évêque, nous montrons que l'idée de catholicisme romain est elle même étrangère à ce qui ne fut et n'est encore qu'une question de passion. Aussi, après avoir prouvé à l'aide des textes complets, combien l'histoire véridique est différente des fables répandues ces dernières années, assuré d'être en communion d'esprit avec le lecteur impartial, nous terminerons cette étude en répétant une pensée déjà précédemment exprimée, dont nous venons de faire la complète démonstration : Ni l'histoire ni la science ne peuvent avoir de parti pris.

Une partie de ce volume était sous presse quand la guerre a éclaté. En le relisant, il me vient à l'esprit une Pensée de Pascal : « Le livre écrit n'est déjà plus le livre que l'on voudrait écrire. » Dans nos âmes élargies par les souffrances et les sacrifices, mais adoucies maintenant par la paix victorieuse, il ne reste aucune place pour un esprit de parti quelconque. Si je devais refaire ce livre, je le referai dans un esprit plus large, plus dégagé de toute personnalité.

Emportés par le mouvement de la vie, nous ne pouvons nous attarder à une œuvre. Les défauts reconnus d'un travail accompli nous laissent disposés à un travail meilleur, et c'est déjà une récompense suffisante de sentir croître en soi le désir de bonté et de concorde.

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