ONT ÉLEVÉ CE MONUMENT
MADAME DE MIRAMION, p. 175.
Pendant la maladie qui suivit les péripéties de son enlèvement, madame de Miramion dicta le testament suivant, que nous reproduisons d'après l'abbé de Choisy. On y verra la liste des bonnes œuvres auxquelles s'appliquait son inépuisable charité :
Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, trèssainte et adorable Trinité.
Je soussignée, Marie Bonneau , veuve de feu messire Jean-Jacques de Beauharnois, seigneur de Miramion, conseiller de la Cour de Parlement de Paris; j'ai fait et fais mon testament ainsi qu'il ensuit :
Je veux de tout mon cœur, avec le secours de la grâce de Dieu et l'assistance des prières de la sainte Vierge, mourir en vraie chrétienne fille de l'Eglise catholique, apostolique et romaine, à laquelle je me
soumets entièrement et veux me soumettre jusqu'au dernier moment de ma vie.
Prosternée devant la Majesté de mon Dieu, je confesse devant le ciel et la terre être une très-grande pécheresse, ayant grièvement offensé la souveraine Bonté par un grand nombre de péchés et abus de ses grâces, dont je lui demande de tout mon cœur pardon, et le supplie par les mérites du précieux sang et de la mort de Xotre-Seigneur Jésus-Christ, par les intercessions de la sainte Yierge, des apôtres saint Pierre et saint Paul, saint Joseph, sainte Geneviève, mon bon Ange et tous les Saints et Saintes et par l'intercession de la sainte Eglise, de me pardonner et de détourner les yeux de mes inicpiités.
Je désire de passer le reste de ma vie dans une véritable pénitence et douleur de mes péchés, et je désire et veux, avec les mêmes secours, que les derniers moments de ma vie soient remplis d'une véritable foi, d'une forte espérance et d'une parfaite charité, qui me fasse mourir pour l'amour, dans l'amour et par l'amour de Dieu seul : comme aussi dans une véritable charité pour mon prochain et anéantissement de moi-même.
Je demande et supplie l'infinité bonté de Jésus- Ciïrist de ne me pas abandonner à l'heure de ma mort, de mettre ses souffrances entre la justice de
Dieu son père et mon jugement, et je supplie la bienheureuse Vierge de me présenter à son Fils en ce jour si redoutable.
Je désire mourir munie de tous mes sacrements.
Je demande, de tout mon cœur, pardon à ceux et celles que j'ai offensés, comme aussi je pardonne de toute mon affection.
Je demande aussi pardon à M. le président de Nesmond, mon très-cher gendre et à ma très-chère fille de toutes les peines que je leur ai données, comme aussi à mes très-chers frères et à toute ma famille.
Je supplie toutes mes chères et très-aimées sœurs
de notre communauté de Sainte-Geneviève de ne se
point ressouvenir et de me pardonner aussi toutes les
peines que je leur ai données tant en particulier qu'en
' pal .
M' unissant au dernier moment à la mort de mon Seigneur et mon Dieu, je lui fais le sacrifice de ma vie et remets moi ntre ses mains, et le supplie
de la recevoir avec miséricorde : je lui offre par cette petite disposition une partie des biens qu'il m'a donn
.h' veux que toutes et. chacune de mes dettes ><>ient ';iits si aucuns se trouvent, i
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tière avec nos sœurs et tout comme elles, sans autre cérémonie, sans tenture que ce que Ton a accoutumé de mettre à, la porte de la communauté marquée dans nos constitutions, les chandeliers de bois et pas plus de luminaire, et une bière de bois, et portée par des pauvres à qui l'on donnera de quoi s"habiller, comme aussi aux enfants pauvres qui porteront les chandeliers et flambeaux; ils seront de la paroisse.
L'on dira trois annuels pendant trois ans, c'est-àdire une messe chaque jour à notre chapelle Saint- Nicolas à l'heure que nos sœurs vont à l'église pour l'entendre, pour demander pardon à Dieu par ce saint sacrifice de tous mes péchés et surtout du peu de fidélité à ses grâces et pour réparer tous mes manquements à l'égard du Très-S éement.
Je supplie Messieurs de la communauté de Saint- Nicolas de dire, pour le repos de mon âme et aussi pour toutes celles qui sont en Purgatoire, mille messes, ma fille leur de: mille livres; je remercie cette sainte communauté des bontés qu'elle a toujours eues pour moi, je la supplie de les continuer à nos chères sœurs de Sainte-Geneviève, et je lui demande de se souvenir de mes misères devant Dieu.
Je donne à ladite communauté de Saint-Xicolas quinze cent- >ur la bourse cléricale, ma fille
en payera la itant qu'elle voud
Je donne à nos pauvres honteux de notre paroisse cinq cents livres pour être distribuées en lits pour séparer les enfants et pour faire travailler quelques-uns, et pour avoir quelques chemises et du pain et habits.
Je donne encore pour cela cinq cents livres; ces deux articles se distribueront selon l'avis de M. le curé et de ma fille ; petit à petit selon la nécessité présente, les cinq cents livres après ma mort.
Je donne à nos pauvres malades trois cents livres une fois payées.
Je donne à l'œuvre de Saint-Nicolas-du-Chardonnet, notre paroisse, six mille livres pour l'aider à rembourser les religieuses ursulines de Sainte-Avoie, auxquelles l'œuvre doit douze mille livres par contrat en date de juillet mil six cent soixante et six, auquel contrat je me suis obligée par un écrit particulier, passé et reconnu par Simonet, notaire, et ledit écrit est demeuré entre les mains des susdites religieuses pour sûreté de leur dû, sans quoi elles n'auraient point prêté cette somme, qui était absolument nécessaire pour achever l'église qui aurait péri sans cela, et l'on ne pouvait trouver d'argent : l'on ne délivrera point Le présent legs de six mille livres que l'on ne retire mon écrit desdites religieuses.
Je donne au grand hôpital quatre bénis livres, et
au Refuge trois cents livres et aux Enfants-Trouvés trois cents livres.
Je donne à madame Chevalier pour les pauvres des provinces trois cents livres, et pour la collation de l'Hôtel-Dieu cent cinquante livres.
Je donne à nos chères sœurs de la Charité, vis-à-vis Saint-Lazare, trois cents livres; je les estime, et respecte leur humilité et charité.
Je donne à la communauté des Missions Étrangères pour les Missions, soixante-quinze livres de rente rachetable quand ma fille voudra de quinze cents livres ; j'aime et respecte cette œuvre.
Je donne à TAve-Maria, aux filles de la Madeleine et aux Capucines, cinquante livres à chacun de ces trois couvents pour avoir part à leurs prières ; je voudrais pouvoir leur donner davantage.
Je donne pour les pauvres prisonniers deux cents livres, ma chère fille fera cette charité par elle-même, s'il lui plait.
Je donne à nos sœurs de la communauté des filles de Sainte- Geneviève pour aider à l'apothicairerie cent livres de rente rachetable de deux mille livres; je prie ma fille de ne pas racheter cette petite rente de longtemps.
Je donne encore à nos susdites sœurs cinquante lrvres de rente pour aider à la retraite des pauvres de
Noël, je voudrais bien en foncier une au moins, mais je n'oserais tant charger ma fille.
Je donne encore à la susdite communauté cinquante livres de rente pour aider à faire subsister la chambre de travail de notre paroisse; je n'oserais encore, par la même raison que dessus, leur donner davantage.
Je prie instamment ma très-chère fille d'avoir soin autant qu'elle pourra de ces trois œuvres ci-dessus, qui me sont très-chères, parce que Dieu en est honoré, et le prochain aidé spirituellement et temporellement.
Je donne à nos très-chères sœurs de la Providence de Dieu, faubourg Saint-Marceau , soixante-quinze livres de rente r achetable de quinze cents livres; je les estime beaucoup pour le bien et très-grand bien qu'elles font; je les prie de prier Dieu pour moi, et leur demande pardon du mauvais exemple que je leur ai donné et de la peine que je leur ai aussi donnée soit en général et en particulier ; je les conjure par Jésus-Christ de demeurer toujours vives et appliquées à l'œuvre que Dieu leur a commis, qui est très-grand pour la gloire de Dieu.
J'ai oublié de prier ma fille dans le commencement
de ce testament de me faire la charité de distribuer
mille messes où elle jugera à propos, et cela le plus
[il' elle pourra après ma mort en donnera à
la Providence el aux relmeuses insulines qui n'ont