‹ Les amoureux de Madame SévignéChapitre 28 sur 28 · A MADEMOISELLE SERMENT · texte numérisé non relu

A MADEMOISELLE SERMENT

Uiloris, je vous le dis toujours.

Ces faiseurs de pièces tragiques.

Ces chantres de gens héroïques

Ne chantent pas bien les amours.

De beaux mot< leurs œuvres sont pleines;

Ils sont sages comme Catons; Us sont discrets pour les Hélènes Et muets pour les Jeannetons!

Tout ce qu'on nomme bagatelle Déplaît à ces rares esprits :

On dirait qu'ils sont en querelle Avec les Grâces el les Ris.

Pour moi, qui hais la muse austère Et la gravité de ses tons.

Je vous ai choisi, ma bergère, Pour le sujet de mes chansons.

Au doux murmure des fontaines Je mêlerai des airs si doux Que lus dieux des prés et des plaines Deviendront amoureux de v >us.

Mais gardez bien d'être intidele A votre fidèle berger; Car. ma Chloris, pour être belle.

11 n'est pas permis de changer.

A M. l'A T RU.

Maintenant que l'hiver désole les campagnes.

Que la neige blanchit prés, forets et montagnes. Et cache au laboureur l'espoir de ses moissons."

Que les fleuves gelés sont durs comme des marbres, Et qu'on voit aux branches des arbres Pendre le cristal des glaçons;

Y épargne point le bois, et, bien clos dans ta chambre, D'un feu continuel fais la guerre à Décembre. Oublie un peu la gloire et les soins de Thémis. Assez de fois, Patru. ta fameuse éloquence

A sauvé la faible innocence

Des pièges de ses ennemis.

Pour moi, près d'un foyer étincelant de braise, Je tâche à composer une œuvre qui te plaise ; Cest ce qu'à mes travaux je propose de prix ; Mais aussi quelquefois ma fidèle mémoire

Fait céder tout penser de gloire

Au doux penser de mon Iris.

Elle occupe en mon cœur toujours la même place ; Pour toute autre beauté mon cœur est tout de glace : Mon Iris est toujours ce que j'aime le mieux. Je me soumets sans peine au joug de cette belle :

Patru, je ne puis aimer qu'elle :

Elle seule plaît à mes yeux.

A M. CASSAXDBE.

Cassandre, voudrais-tu savoir Ce que je fais matin et soir Depuis la fâcheuse journée Que la perverse destinée

APPENDK E.

M'a tait voisin de Landré Je ae manque pas de souci :

Toujours je crains pour la Champagne Les rouges escadre: -ne,

Et m'est avis que les Wallons Sont déjà dessus mes Mais je jure sainte Brii;

ers nous ils tournent bride.

Que les drôles ne m'auront pas Si leurs chevaux ne Quelque sol attendrait ces drille-.

Plus maltaisants que des chenilles.

Tu vois, par ce vaillant discours.

Que je m mble toujou:

Et que mon habit, cher Cassandio,

ire.

Chacun a son humeur^ dit-on :

La mienne est d'être un peu poltron : Cela sied bien aux Aussi j'ai pris ; our m i devise :

Courir bien et partir àp Sauve le moule du pourpoint.

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