‹ Les amours. CommentéesChapitre 144 sur 443 · LXXII · texte numérisé non relu

LXXII

Amour, que n'ay-je en escrivant, la grâce Divine autant que j'ay la volonté ?

Par mes escrits tu serois surmonté 4 Vieil enchanteur des vieux rochers de Thrace. Plus haut encor que Pindare, et qu'Horace, J'appenderois à ta divinité Un livre enflé de telle g'ravité, 8 Que du Bellay luy quitteroit la place,

[LXXII] VARIANTES : 1. Texte.

1. Que n'ay-je, Dame, et la plume et la g. 1552. 1553. 1567. 1571,-2. 7. U. 1. faictdet. g. 1587. 1604.

134 I. LIVRE DES AMOURS [lXXII

Si vive encor Laure par l'Univers Ne fuit volant dessus les Thusques vers, 11 Que nostre siècle heureusement estime,

Gomme ton nom, honneur des vers François, Victorieux des peuples et des Roys, 14 S'en-voleroit sus Faile de ma rime.

BIBLIOGRAPHIE

Amours. \oo2, 37 : ir;o3, 80 ; lo67. I, 43 b ; 1571,-2 , 105 ; — 1578, 102 ; 1587, 1592, 79; 1604, 1010, 1629, 82.

Amour, que riay-je.) Il se deult, dequoy il n'a la grâce d'escrire pareille à son vouloir : car lors, dit-il, il outrepasseroit tous les meilleurs Poètes, tant anciens que nouveaux. Vieil enchanteur.) Il entend Orfée fils d'Apollon, et de Calliope : ou, comme disent les autres, d'Oeagre, qui est une montaigne en Thrace, et de Calliope, ou de Polymnie. D'iceluy dit on, que par la douceur de sa voix, et pour le son de sa harpe, il esmouvoit les oiseaux, les bestes sauvages, voire mesme les bois et les pierres : appaisoit les vents, arrestoit le cours des rivières, et bref, faisoit mille autres choses incroyables. Par ainsi Pindare aux Pythies, le nomme père de tous les Musiciens. Il raconte ces merveilles de soy aux Argonautiques [Orphica, rec. G. Ilermann (1805), 435- 441] (au moins si c'est luy qui les a faites) disant ainsi,

ILXXII] VARIANTES: \. Texte.

13. Ilault eslevé par le vent de ma voix 1552. 1553. 13. (Jusques au ciel eslevé par ma vois) 1567.

Que nuy-Je, Dame.) Il se deut , lu}^ coururent sus,... Toscans. 1553

LXXll] 1. L1VI\E DES AMOURS 13S

"EffTi â'axpa Y-âpYt'/a, v.(xi ay^sa Sevop-^evTa

IIyjXwu, i^rfkixq -zz [j.zxx âpûaç î^Xuôe yïJP"?-

Kal p'aï [j.Èv 7:p6ppiCoi 3''':' auXtov £9pwax,ûVT0, [= sppwovxo]

lléxpai T'èaixapaYOUV, Of,psq o'aîcvTSç àoiov;?,

}L!T:r,XuYT5Ç TupoTcàpoiOsv àXuo-xâÇovTSç l;;.i;r;cv.

Olwvcl T'èy.uxXoQvTO poaûXia y.evTaupoio,

Tapffofç y.ex[xrja>(Jtv, syjç o'IXâ9ovTO xaXiYjç.

Apolloine le tesmoigne aussi sur le commencement des Argonautiques : et mesme dit, qu'on voit en Thrace quelques arbres arrengez en rond, qui le suivirent là, dès le pays de Pierie. Les femmes de Thrace, parce que depuis la perte de sa femme Eurydice, il avoit tout le sexe féminin en haine et horreur, se mutinèrent contre luy, et un jour, ainsi qu'il chantoit, luy tournèrent sus, et le deschirerent en pièces. Voy Ovide en l'onziesme de la Métamorphose. Pindare.) Prince des neuf Lyriques Grecs, lequel Horace dit [Od. IV, 2] estre si excellent, que qui voudroit entreprendre de l'imiter, entreprendroit une chose du tout impossible. Thomas surnommé le Maistre, Grammarien Grec, raconte, qu'Apollon l'aimoit tant, qu'il luy envoyoit tousjours partie des choses qui luy estoient offertes : et mesmes aux sacrifices publiques, le Prestre l'appelloit à haute voix à venir disner avec le dieu. On dit, qu'il fit un hymne en la louang-e du dieu Pan, auquel le dieu print si grand plaisir, qu'il le chantoit luy mesmes par les montaignes. Quand les Lacedemoniens mirent à sac la ville de Thebes, ils luy portèrent tel honneur, que jamais personne ne voulut toucher à sa maison, devant laquelle il avait mis ce vers,

riivâdcpou xou Mc'jaoTTOiou ty)v aiïyx'/ ]j.-q xaiExe.

J'appenderois.) Pour j'appendroy. La lettre, s, y est adjoustée, à cause de la voyelle qui s'ensuit. Le mot est propre aux choses, qu'on dédie aux dieux, lesquelles on a coustume de pendre en ceste partie du temple, qui est nommée et par les Latins, et par les Gi'ecs, Tholus. Laiire.) La dame de Pétrarque. Thusques.) Toscans.

136 1. LIVRE DKS AMOURS [lXXIII

[LXXIIIJ

Trompé d'esprit ma Girce enchanteresse Dedans ses fers m'enferre, emprisonné, Non par le g^oust d'un vin empoisonné, 4 Ny par le just d'une herbe pécheresse.

Du fin Grégeois l'espée vang-eresse, Et le Moly par Mercure ordonné, En peu de temps du breuvage donné 8 Peurent forcer la force charmeresse.

Si qu'à la fm le Dulyche troupeau Reprint l'honneur de sa première peau, 11 Et sa prudence au-paravant peu caute :

Mais pour mon sens remettre en mon cerveau, Il me faudroit un Astolphe nouveau, 14 Tant ma raison est aveugle en sa faute.

Trompé d'esprit ma Circe enchanteresse.) Comparant sa dame à Girce, il dit. qu'elle l'a tellement fasché de ses enchantemens, que la bague de Roger [LXXIII] VARIANTES: 1. Texte.

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