‹ Les amours. CommentéesChapitre 236 sur 443 · Du premier coup j'eusse esté p · texte numérisé non relu

Du premier coup j'eusse esté p

6. Sans liiulrc coup (lune lleschc ncnivellc l'>")2. 1553.1567.

CXLIl] I. LIVRE DES AMOURS 235

par Ajax. Le Roy voulant venger la mort de son frère sur quelqu'un des ennemis (ne luy chaloit lequel, pourveu que ce fust quelqu'un des principaux de l'ost) se print à poursuyvre Ulysse, et le meit en fuite : mais ainsi qu'il couroit après, Bacchus voulant rendre la pareille à Agamemnon, qui luy avoit peu de jours devant fait un tresbeau sacrifice, fit soudain naistre un sep de vigne devant les pieds de Telephe, qui le fit cheoir. Estant cheu, Achille luy donna un grand coup de hache en la cuisse gauche. Ce que nostre Auteur mesmes a touché dans les Bacchanales, disant ainsi,

Teleph' sentit en la sorte

La main forte

Du Grec qui le conibatit,

Quand au milieu de la guerre,

Contre terre

Un sep tortu Vahatit.

Le conflit dura jusqu'à ce que la nuict contraignit chacun de se retirer. Le lendemain furent envoyez ambassades de tous costez, pour obtenir quelques trefves, durant lesquelles on peust ensevelir les morts : ce qui fut accordé. Ce temps pendant, quelques capitaines Grecs parens prochains de Telephe, s'en vindrent vers luy, et s'estans faits cognoistre, luy remonstrerent, que ses gens avoient eu tort de si durement recevoir les Grecs, qui ne venoient là en intention de les offenser, ains seulement pour aller vers Troye, vanger le ravissement d'Helene. Telephe respond qu'eux mesmes en estoient à reprendre, et que s'ils luy eussent envoyé ambassades pour l'advertir qui ils estoient, et quelle estoit l'occasion de leur entreprise, il fust venu au devant d'eux amiablement les recueillir. Apres plusieurs propos, Telephe fit crier à ses gens, que nul ne fust plus si hardy d'empescher les Grecs, ains qu'on les laissast prendre terre à leur plaisir. Parquoy la plus part des capitaines Grecs sortis de leurs nauz, vindrent trouver le Roy en son palais, et luy amenèrent deux excellens maistres. Machaon, et Podalyre filz d'Aesculape pour donner ordre à sa playe. Le Roy leur fit de tresbeaux presens, et les festoya tresbien par l'espace de quelques jours : après lesquels, voyans la mer bonasse, et le temps propice à naviguer, prenans congé de luy, reprindrent leur route. Huict ans

après, Telephe ne pouvant trouver aucun remède à sa playe, receut un oracle, qu'il falloit'que celuy mesme qui lavoit blessé, le reguerist. Parquoy venant vers Achille, en peu de jours, par le moyen d'iceluy receut entière guerison. Ainsi le racontent en partie Dictys dans le second livre de la guerre de Troye, en partie le commentaire de Lycofron. Ovide, [De remedio Amoris, 47] Vulnus Achillaeo quae quondam fecerat hosti, Vulneris auxilium Pelias hasta tulit.

Les uns disent, que pour le reguerir, il ne fit que le refrapper de la mesme hache au mesme endroit. Pline dit qu'il y appliqua de la rouille de sa hache, laquelle a vertu de lier, sécher, et restraindre. Claudian [XXXIX, 46] dit, qu'il y appliqua ([uelques herbes.

Sanus Achillaeis remeavit Telephus herbis. La haclie Pclicnne.) Thessalienne. Pelion, montaigne de Thessalie.

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