Etq. le c. des. r. a
Orque Juppin. Il décrit Metamorfoses. — Du Tliracien.) De Terée. —
Les tançons.) Les complaintes. 1553. 1567.
Or' (jue Jupin.) II sa coustume. — Traits accoustumez.) Desquels Amour
a de coustume de blesser Jupiter, comme le Dieu le plus amoureux de tous. — Aux (jrans vaisseaux.) Aux complaintes. 1587. 1604.
tesse. Or) Ores. Que Jupin.) Prins de Virgile au second des Georgiques.
Vere tument terrae^ et genitalia semina poscunt : Tum pater omnipotens foecundis imbribus aether Conjugis in gremium laetae descendit^ et omnes Magnus alit magno commixtus corpore foetus.
Là où Serve dit, que Jupiter se prend pour l'œr, et Junon pour la terre. Le
sens est donc, que l'aer, comme espris d'une ardante amour de la terre, luy
verse dans le sein une pluye qui est apte à la génération. Espoint.) Picqué,
chatouillé. De sa semence.) Métaphore prinse des animaux, ausquels la semence,
lors qu'elle est copieuse, excite le désir d'engendrer. Hume à longs traits les
feux accoustumez.) Devient amoureux de la terre, selon sa coustume. Aux
grans vaisseaux.) Aux navires. Ainsi Horace descrivant le printemps,
[Od. I, 4, 2J
Trahuntque siccas machinae carinas.
Et Virgile, [jEn. III, 69-71]
Et ubi prima fides pelago, placataque venti
Dant maria, et lenis crepitans vocat Auster in altum,
Deducunt socij naves, et littora complent.
Et que r oiseau.) Le rossignol. Du Thracien.) De Terée. Pandion Roy d'Athènes eut deux filles, desquelles l'une eut à nom Progné, l'autre Philomele. Progné fut mariée à Terée Roy de Thrace : avec lequel ayant demouré par l'espace de cinq ans, un jour entre autres, elle dist à son mary qu'elle avoit grand' envie de voir sa sœur : par-ainsi. Monsieur, dit-elle, je vous prie, ou de permettre que je l'aille voir, ou de faire tant envers mon père, qu'il la laisse venir en ce pays se recréer avecques moy pour quelque temps. Terée luy ayant fait response, qu'il aimoit mieux l'aller quérir, pour la festoyer mieux à son aise, commanda qu'on apprestast des navires : et peu après montant sur mer, fit voile vers Athènes où il obtint aisément du bon homme Pandion, qu'il luy fust permis mener Philomele pour quelque temps voir sa sœur. Parquoy prenans congé de luy, remontèrent sur mer. Or est à noter, que Terée, dés qu'il vit Philomele, en devint tresamoureux, et délibéra bien en
soy-mesme, si on la luy bailloit, qu'il ne la rameneroit pas pucelle. Estant donc de retour en Thrace, aussi tost qu'il fut desbarqué, il la print par la main, et la mena dans des eslables, où par force il exécuta sa meschante délibération. Puis voyant qu'elle crioit, et s'arrachoit les cheveux, il eut peur que sa meschanceté fust descouverte. Si luy coupa la langue, et l'ayant enfermée, la donna en garde à quelques serviteurs, leur défendant sur peine de la vie, de la laisser sortir, et d'en parler aucunement. Ce pendant il feignit qu'elle estoit morte en chemin. Ayant par l'espace d'un an demeuré en telle misère, elle se va adviser, de tirera l'eguille, en une toile, tout le tort qui luy avoit esté fait : ce qu'elle fît, et après pria par signes une pauvre femme de porter ceste toile à la Royne. Laquelle après avoir par ce moyen entendu le faict, fut merveilleusement courroucée, et délibéra de s'en venger. La nuict qu'on sacrifioit à Bacchus, Progné trouva moyen d'aller quérir sa sœur, là où elle estoit, et de la conduire secrettement jusqu'en sa chambre. Là où toutes deux se prindrent à pleurer à chaudes larmes, et l'une par paroles, l'autre par signes, à délibérer de la vengeance. Sur ces entrefaites, voicy arriver un petit fils, que Progné avoit eu de son mary, qui se nommoit Itys, ou Ityle, lequel se print à luy tendre les bras, luy voulant sauter au col. Mais elle meuë de courroux, luy passa une espée au travers du corps : et l'ayant detranché par pièces, en fit une partie bouillir, l'autre rostir : puis quand Terée se voulut mettre à table, elle luy servit de ce mets, tellement que le père se soula de la chair du fils. Sur le milieu du disner, il se prend à demander, où estoit Itys, ne sçachant pas qu'il en avoit desja grande partie dans son corps. Et lors se présenta Philomele, qui jusqu'à ce point là s'estoit tenue cachée, et tenant entre ses mains la teste de l'enfant encores toute sanglante, la rua contre la face du père. Lequel alors cognoissant ce qui estoit advenu, plus effrayé qu'on ne pourroit penser, desgainant son espée, se print à poursuivre les deux sœurs. Mais ainsi qu'elles fuyoient, par le vouloir des dieux, Progné fut changée en hirondelle, et Philomele en rossignol. D'où est que les Poètes disent, que l'hirondelle en son chant déplore la mort de son fils, et le rossignol l'outrage que Terée luy fit. Voy Ovide au sixiesme des Métamorphoses. Les tançons.) Les querelles, les complaintes.
MADRIGAL Que maudit soit le mirouër qui vous mire, Et vous fait estre ainsi fîere en beauté, Ainsi enfler le cœur de cruauté, 4 Me refuzant le bien que je désire !
Depuis trois ans pour voz yeux je souspire : Mais mes souspirs, ma Foy, ma Loyauté M'ont, ô destin ! de vostre cœur osté 8 Ce doux orgueil qui cause mon martire.
Et ce-pendant vous ne cognoissez pas Que ce beau mois et vostre âge se passe, Comme une fleur qui languist contre-bas, 12 Et que le temps passé ne se ramasse.
Tandis qu'avez la jeunesse et la grâce. Et le temps propre aux amoureux combaz, De tous plaisirs ne soyez jamais lasse, 16 Et sans aimer n'attendez le trespas.
MURET [lire BELLEAU]
Que maudit soit le mirouër.) Il maudit le mirouër de sa dame, qui la fait si
orgueilleuse, ou si belle.
BIBLIOGRAPHIE
Amours. 1571,-2, 507; 1578, 190; 1587, 163; 1592,165; 1604, 1610, 1629,
[Madrigal] VARIANTES : i. Texte.