‹ Les amours. CommentéesChapitre 28 sur 443 · VIII · texte numérisé non relu

VIII

Lors que mon œil pour t'œillader s'amuse, Le tien habile à ses traits descocher, Par sa vertu m'em-pierre en un rocher, 4 Comme au rej^ard dune horrible Méduse :

D'homme un rocher, si dextrement je n'use L'outil des Sœurs pour la gloire esbaucher, Qu'un seul Tuscan est digne de toucher, 8 Ta cruauté soymesme s en accuse.

Las, qu'ay-je dit? Dans un roc emmuré, En te blasmant je ne suis assuré, 11 Tant j'ay grand peur des fiâmes de ton ire,

Et que mon chef par le feu de tes yeux Soit diffamé, comme les monts d'Epire 14 Sont diffamez par la foudre des cieux.

MURET

Lors que mon œil.) Il dit que quand il s'amuse à œillader) c'est à dire, k regarder sa dame, l'œil d'icelle V empierre) c'est à dire l'endurcit, et le tourne en un rocher. Et par ainsi que si luy estant mué en un rocher, ne loue dignement sa dame, elle s'en doit prendre à soymesme, qui le transforme ainsi. Puis tout à coup se reprend d'avoir si audacieusement parlé, et dit que combien qu'il soit ainsi endurcy, toutesfois il ne se tient pas asseuré : parce que le

[VIII] VARIANTES : 1. Texte.

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