‹ Les amours. CommentéesChapitre 41 sur 443 · Qui par le c. et p. la m. e · texte numérisé non relu

Qui par le c. et p. la m. e

12. Et s. 1. c, fait aillé belliqueur. 1552. 1553. 1567. 1 i. Quu. H. humainement d. 1552. 1553. 1567.

MURET

Que justement.) Homère quand il veut dire quelque chose estre faite soudainement, use souvent de ces mots, wœtî viv;[j.a, c'est à dire aussi tost que le penser : laquelle comparaison est fort louée de l'Auteur en ce lieu, où il assemble encor" beaucoup d'autres choses, pour monstrer combien le penser est soudain. Il vient après à parler du sien particulièrement, duquel pour signifier la grande vitesse, il le dit avoir esté conceu du vent Borée. Dit d'avantage, que son penser court perpétuellement après sa dame pour délivrer son cœur, qu'elle dévore. Les charités d Homère.) Les grâces d'Homère, c'est à dire, Homère mesmes. Le Chevalier qui tua la Chimère.) Bellerophon qui donta le cheval volant, Pégase, par la bride que Pallas luy apporta du ciel, comme raconte Pindare aux Olympies [XIII j, et l'Auteur au premier des Odes. La fable est telle. Bellerophon fils de Neptune (bien qu'on l'estimast fils de Glauque Roy d'Epire) jeune Prince, accompli de tous points, estant en la court de Prœte Roy d'Arges, la femme du Roy nommée Antie s'énamoura de luy, si fort que laissant la honte en tel cas requise, luy offrit la jouissance de son corps. Mais estant refusée par luy, et craignant qu'il ne la diffamast, va la première se complaindre à son mary, disant que Bellerophon l'avoit voulue forcer. Proetus fort courroucé, ne le voulut toutesfois tuer, ne mesme permettre qu'il fust tué

[XV] VARIANTES : 2. Commentaire.

Hé qua bon droit.) Homère.... Ignaras Cereris terras. loo3. — Fait selé belliqueur.) Changé en un guerrier volant. 15o3. — Comme un Zethes.) Il compare Flacque. lo?)3.

Haquà hondroit.) Homère dévore. 1387. — Les Charités d' Homère.) he.s

grâces... Homère mesme : manière de parler fort commune aux Grecs, la force d'Hercule, la force du cheval, pour dire, Hercule, et le cheval. 1587. 1604. — Le chevalier qui tua la Chimère.) Bellerophon.... Flacque. 1387.

Le Chevalier qui tua la Chimère.) Bellerophon.... commentaires. N. leComte descrit et expose excellemment cette histoire au 4. ch. du 9. liv. de sa Mythologie. 1604. 1610. 1629.

En 160i et 1609, Bellerophon est dit fils de Nature. liii.\sARi>. — /. Livre des Amours. 3

dans sa maison, ains escrivit des lettres à son beaupere le Roy de Lycie, luy exposant le fait, et le priant den prendre vengeance. Bellerophon mesme les porta : lequel fut receu par le Roy de Lycie trescourtoisement, et bien festoyé par lespace de douze jours. Iceux accomplis, lobate (ainsi se nommoit le beaupere de Proetus) s'enquist à luy du portement de son gendre, et de sa fille, et s'il luy en apportoit point de lettres : Si fai. dit il, et ce disant les luy présenta. Les lettres leues, lobate rongeant son frein, va penser à parsoy, ([uil faloit brasser à Bellerophon quelque trahison pour le faire mourir. Et ne voyant moien plus propice, tousjours dissimulant son cœur, luy tint propos de ladventure de la Chimère, luy remonstrant, que vraiement grand los acquerroit celuy qui pourroit une telle beste desconfire. Or estoit la Chimère en ce pays là, un monstre aiant le devant d'un Lion, le derrière dun dragon, et le milieu du corps en façon d'une chèvre, et gettoit ordinairement le feu ardant par la gueulle. Bellerophon fut de si gentil cœur, quil Tentreprint. Et pour faire court, en vint à bout à son grand honneur, avec l'aide du cheval volant Pégase, que son père Neptune luy avoit donné. Il lit encor" beaucoup daulres vaillantises, desquelles lobate sesmerveillant, non seulement ne voulut pas le meurdrir, ains luy donna une sienne fille nommée Cassandre en mariage, avecques ])onne partie de son royaume. Ainsi l'ay-je recueilli de Homère ausixiesme de llliade 1 1 15-200], d'Hésiode en la Théogonie [323], et de leurs commentaires. Du faux et vray la proni/j/o messagère.) La renommée ainsi appellée par Virgile [Aen. IV, 188]. Le venl Borée.) Aquilon, la Bise. If/noranf le re/jos.) Qui ne j)eut reposer. Ainsi Horace jl, vi, 6].

Pelidae stoniacliuin ccdere /lescij.

Et \'alere Flacque [I, 69 j, Ignaras Cercris terras. Coin me un Zethes.) Il compare son penser à Zethes, et sa dame à une Ilarpye. Pour entendre cecy, il faut sçavoir (ju'il fut un Pioy es parties de Bithynie et Paphlagonie, nommé Phinée, homme trcsexpcrteu matière de prédire les choses avenir. Iceluy pour avoir trop apertement révélé aux hommes les secrets des dieux, fut premièrement aveuglé par Jupiter, et d'avantage fort estrangement lormenté par les Harpyes. Or estoient k^s IIai|)y('Sj oiseaux inouslrucux, ayaiis \ isage de pucelles, les

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mains crochues, un ventre grand à merveilles, et une perpétuelle faim. Ces monstres, incontinent que Phinée vouloit prendre sa réfection, venoient soudain se ruer sur la viande, et la luy ravissoient quelque fois toute, quelque fois luy en laissans une bien petite partie, mais tellement empuantie par leur attouchement, que nul n'en pouvoit souffrir l'odeur. Luy estant ainsi misérable, avint que Jason, et les autres Argonautes allant àlaconqueste delà toison d'or, vindrent surgir en un port de Bithynie, où le pauvre Phinée faisoit sa demourance. Parmi leur bande estoient deux enfans du vent Borée, nommez Zethes, et Calais, qui voloient par Tair, tout ainsi qu'oiseaux. Par ceux là, avoit de long temps preveu Phinée, qu'il devoit estre délivré des Harpyes. Parquoy, prenant un petit baston en main pour sa guide, à leur débarquer, vint treshumblement les recueillir, leur exposant son infortune, et les suppliant de luy donner secours ; leur remonstrant qu il estoit leur prochain allié, aiant autrefois eu à femme une leur sœur nommée Cleopatre : et qu'il avoit de long temps preveu que en leur seule vertu et gentillesse gisoit l'espoir de sa délivrance. Eux émeuz de pitié, s'en vindrent avec luy, l'asseurant de le secourir à leur pouvoir. L'heure du disner venue, et Phinée s'estant mis à table parmi les autres, à grand peine avoit on couvert, quand voicy les Harpyes, qui à leur coustume vindrent envahir les viandes, remplissans du reste tout le lieu d'une puanteur insupportable. Incontinent les enfans de Borée prenans leur vol, se prindrent à courir vers elles, et fendans l'aer, les poursuyvirent si vertement, qu'ils les talonnoient de bien près, délibérez de les tailler en pièces, quand une voix fut entendue du ciel, leur défendant de passer plus outre, et les asseurant que les Harpyes ne retourneroient plus tormenter Phinée. Ainsi le racontent Apolloine [H, 178 et suivants], et Valere Flacque [IV, 433].

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