XVI
Je veux pousser pai' la France ma peine, Plustost qu'un trait ne vole au décocher : Je veux de miel mes oreilles boucher, 4 Pour n'oujr plus la voix de ma Sereine.
Je veux muer mes deux yeux en fonteine, Mon cœur en feu, ma teste en un rocher. Mes pies en tronc, poiu' jamais n'approcher 8 De sa beauté si fièrement humaine.
Je veux changer mes pensers en oiseaux, Mes doux soupirs en Zephyres nouveaux, 11 Qui par le monde éventeront ma pleinte.
Je veux du teinct de ma palle couleur, Aux bords du Loir enfanter une fleur, 14 -. Qui de mon nom, et de mon mal soit peinte.
MURET Je veux pousser.) Il dit qu il veut faire entendre à toute la France les maux qu'il endure pour aimer : et après se changer en telle sorte, qu'il n'aye aucun sentiment, afin de ne retourner plus vers celle qui le tourmente. De miel.) De cire. Sereine.) Les Sereines furent filles du fleuve Achelois, et d'une des Muses (les uns disent de Calliope, les autres de Terpsichore) qui avoient le haut du corps en façon d'oiseaux, et le bas en forme de pucelles : ou comme les autres
rXVll VARIANTES : 1. Texte.