‹ Les amours d'un poète; documents inédits sur Victor HugoChapitre 38 sur 131 · I. Guîmbaud, o/>, cit., p · texte numérisé non relu

I. Guîmbaud, o/>, cit., p

LES AMOURS d'uN POÈTE l43

écrite sur du papier « velouté, satiné et parfumé », il se rendit, accompagné d'un ami, chez Juliette, qui l'avait un soir, sans qu'il la connût, taquiné dans un bal masqué sous les espèces d'un domino noir. « Par lui petit escalier, fort bien tenu, nous gagnons une antichambre où un petit garçon en livrée noire, avec des aiguillettes sur l'épaule, nous demanda notre nom et nous dit, en nous introduisant dans un très joli salon, meublé avec beaucoup de recherche, qu'il va prévenir sa maîtresse. »

La scène qui suit, racontée avec une grande délicatesse, renferme un quiproquo dont il ne semble pas que les honneurs soient faits par la vertu fiuouchement intransigeante de Juliette*.

Je n'accuse d'ailleurs que sa coquetterie trop souriante, sans mettre en doute sa fidélité au poète dont elle venait de faire la conquête. Des deux, à ce moment, c'est lui qui aimait avec le plus de passion, et cette passion s'exprimait en dédicaces enflammées ou tendres sur les livres qu'il lui donnait. Elle était, par nature, collectionneuse et, tandis que les petits papiers, les brouillons ou les manuscrits de son mari ne paraissaient pas intéresser l'indo-

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