I. Inédit
l48 LliS AAIOLRS d'ujN POÈTE
querelles étaient fréquentes et les scènes violentes. Aux espiègleries charmantes dont Juliette était coutumière, et auxquelles ne répugnait pas un Olympio qui ne craignait pas de déroger, succédaient d'(( atroces folies ». A'^ictor Hugo était incurablement jaloux. Quand le passé de Juliette se levait devant lui, une sombre colère agitait son âme farouchement passionnée. « Si Jamais amour ^ disait-il, a été complet^ profond^ tendre^ brûlant., inépuisable.^ infini., c est le mien^. » Mais en même temps cet amour se méfiait, l.a jalousie du poète n'était pas respectueuse comme celle qu'il montrait à Adèle au temps des fiançailles. Elle était devenue « le soupçon outrageant » dont il se défendait alors. Juliette n'avait pas été habituée à être aimée ainsi. Elle avait connu le plaisir plus que l'amour et cet amour nouveau, qui la gagnait peu à peu, la flattait à la fois et 1 effrayait. Elle demandait à son ami de la « sanctifier » et de « faire revivre du milieu de sa vie ce qu'il y avait en elle de bon et de vertueux ». Etait-ce de son rôle ou de sa vie, était-ce vraiment de la Jane de Marie