I. Inédit
LES AMOURS d'iN POÈTE l/jQ
Tuilor ou n'était-ce pas pliilôt de Juliette qu'il voulait parler en lui écrivant au lendemain de la première représentation de cette pièce : «Jane est un rôle qui a le front baissé. » Elle baissait le front^ il la bénissait et il lui pardonnait. L'exaltation de l'amour emportait tout. Mais « l'injuste et soupçonneuse jalousie « le reprenait et il l'accablait sous les reprocbes. De son côté elle était jalouse. En août, il lui ouvrit les portes de sa maison. Elle le remercia de l'avoir conduite aux lieux où il vivait, où il aimait^ où il pensait. Mais elle rapporta de cette visite une profonde tristesse et l'affreux découragement de la position « accroupie et humiliante » dont elle se plaignait. Ils s'aimaient et ils se torturaient. Deux fois elle voulut partir. En juin elle trouva un asile dont il eut vite fait de la retirer. En septembre elle lui demanda, à la suite d'une scène plus violente, de lui laisser prendre, sous le prétexte de la santé de sa fille, la diligence pour Saumur, d'où elle partirait pour l'étranger. Mais, sujette aux mômes retours que lui, elle le suppliait à genoux, quelques jours après, de ne pas la quitter. Ils se torturaient et ils s'adoraient. Lui, il lui écrivait :
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Quand je suis triste^ je pense à vous comme r hiver on pense au soleil, et quand je suis gai, je pense à vous comme en plein soleil on pense à l'ombre\
Elle, elle disait :
a II me faut toi, il ne me faut que toi, je ne peux pas vivre sans toi. »
Fut-elle infidèle? Quoi qu'on en ait dit, je ne le crois pas. En juin, elle lui écrivait : ce Dieu m'est témoin que je ne l'ai pas trompé dans notre amour une seule fois, depuis quatre mois, soit en actions, soit en pensées. » En septembre : « Ma vie, depuis sept mois, a été honnête et pure » Pourtant, et ces protestations mêmes en sont le témoignage, il la soupçonnait. Personne n'a précisé ces soupçons et personne surtout n'a prouvé qu'ils fussent fondés. M. Gustave Simon, dans son commentaire sur Marie Tudor^ a écrit :
« Elle avait pu croire d'abord ne s'abandonner que pour un caprice, et elle ne paraît
pas s'être crue obligée d'y rester fidèle Il
n'en avait pas moins, lui, à lui pardonner, non seulement tout le passé, mais quelque