I. Guimbaud, ov. cit
2 1 '2 LES AMOURS D UJ\ l'OETK
qu'elle avait subi dans Marie Tndor l'avait meurtrie sans la décourager. Elle y avait vu une « machination odieuse » dont elle voulait appeler auprès du public impartial. Pourquoi aurait-elle renoncé à sa vocation ? Elle se croyait du talent. J'ai dit qu'elle en avait, mais pas assez pour triompher des jalousies que sa beauté et l'amour de Viclor Hugo avaient déchaînées contre elle. Trop de femmes de théâtre enviaient son bonheur 1 Si elles avaient su de quelles tristesses et de quelles détresses il était fait! Elle, ce sont ces misères qui l'exaltaient. A la rédemption par l'amour elle voulait associer la réhabilitation par le travail. Comment Victor Hugo ne l'y aurait-il pas aidée? Au lendemain de Marie Tiidor il lui avait dit :
Les belles qualités de votre nature sont trop rayonnantes pour ne pas convaincre tôt ou tard les yeux. Un rôle suffira pour cela. Vous n êtes pas le caillou qui a, besoin d'être frappé à plusieurs reprises pour donner un peu de feu; vous êtes le diamant à qui un rayon de lumière suffit pour jeter mille étincelles * .