‹ Les amours d'un poète; documents inédits sur Victor HugoChapitre 68 sur 131 · I. Inédit · texte numérisé non relu

I. Inédit

LES AMOURS d'uN POÈTE 2l3

Il Y avait dans ces consolations plus qu'une espérance : elle y voyait une promesse. Engagée à la Comédie-Française en février i834, à titre de pensionnaire, et aux appointements annuels de3ooo francs, elle n'avait pas encore débuté au moment du drame de Brest. Quand elle prit la fuite, elle n'oubliait pas les devoirs de cet engagement, qui lui tenait à cœur. Sa bonne avait l'ordre de décacheter ses lettres pour l'avertir, en temps utile, des rôles qu'on aurait pu lui distribuer en son absence. La Comédie-Française ne songea pas à elle. Malheureusement Victor Hugo ne réparait pas cet oubli. Il lui donnait des rôles à répéter, mais d'autres les jouaient. Ce fut Dorval qui créa le rôle de Catarinadans Angelo^ le 28 avril i838. Juliette l'applaudit « avec probité », mais elle ne put dissimuler la peine que « son pauvre cœur un peu endolori » avait ressentie en voyant une autre qu'elle interpréter les plus nobles pensées de son ami. Celui-ci s'en tira par une dédicace.

u4 ma Juliette.

Catarina, Tisbe, ne valent pas ma dame :

L'u/ie envierait son cœiw, Vautre envierait son âme\

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