I. Inédit
LES AMOLRS li'vn POÈTE 259
aucun régal, ne faisait pas de cadeaux, portait des habits mo(]estcs, ne jouait pas, n'avait qu'un seul domestique et pas un seul cheval pour suivre le roi ou M§r le dauphin à la chasse, mais sa main ressemblait à un creuset où l'or se fond. » — Je suis un peu dans ce genre-là : je ne fais aucune libéralité, j'ai un an de suite la même robe sur le dos, je ne fais de cuisine que lorsque tu dois dîner à la maison, je n'ai qu'une servante, et pourtant l'argent disparaît chez moi comme la neige sous un rayon de soleil. » (iG janvier 1840',)
Ce n'est pas que Victor Hugo négligeât son entretien matériel. Quand elle lui reprochait son égoisme, elle parlait des soins, des soucis et des occupations qui le retenaient trop souvent et trop longtemps hors de chez elle, mais, bien loin de se plaindre de sa parcimonie, elle le suppliait de ne pas sacrifier sa santé et son repos à des scrupules excessifs de délicatesse. Il travaillait en effet beaucoup et en 1889 il dut, vaincu par la fatigue, interrompre son drame des Jumeaux pour chercher dans un voyage un délassement nécessaire. 11 visita une partie du Rhin, avec le