I. Inédit
258 Li:s AMOLiis d'ljn poètk
Les parfums ^ les chansons, les baisers, les sourires, Et fous les doux propos quon tient à denii-voix, U amour revient au cœur comme V ombrage au bois^.
Les arrangements intervenus avec ses créanciers avaient assuré à Juliette une certaine tranquillité, mais ses dettes, qui n'étaient pas intégralement payées, n'en continuaient pas moins à peser sur les conditions matérielles de son existence. Elle prenait assez bien son parti de cette situation gênée, mais l'argent fondait dans sa main. Si la richesse de ses lectures ne compensait pas la pénurie de sa bourse, elle savait du moins en mettre à profit les citations ingénieusement appropriées. Un jour les lettres de Mademoiselle de Lespinasse lui donnaient l'occasion de constater que ni les écrivains ni les bourgeois n'avaient changé et que les Casimir Del a vigne et les Scribe de ces temps-là obtenaient des succès « avec les mêmes inepties et les mômes platitudes ». Un autre jour, une lecture amenait sous sa plume une comparaison assez impré- A ue : « Je lisais hier un portrait de M. de Sévigné, le fils, qui me ressemblait parfaitement : « Il n'avait aucune fantaisie, ne donnait