I. [nédit
te préserver de certaines fautes indignes de la majesté de ton génie et de ton âge1. »
On ne saurait refuser son estime à une femme qui écrit sur ce ton. Cette fois, ce n'est pas la jalousie qui dictait ses paroles : elles se ressentaient vraiment d'une plus noble origine. Juliette savait dire, d'ailleurs, dans toutes les circonstances, ce qu'il fallait dire. Quelque temps plus tard, elle avait accompagné le poète à Villequier, où reposait Léopoldine. Mais elle ne fit le pieux pèlerinage jusqu'aux tombes qu'après en avoir sollicité du père la permission.
Au retour du voyage à Guernesey, Victor Hugo s'installa, en novembre 1878, avenue d'Evlau, dans un petit hôtel, qui fut le dernier domicile de sa vie errante ; il en occupait le second étage et Juliette le premier. Les réceptions de la rue Pigalle recommencèrent. Juliette en avait conservé la haute direction et elle continuait à en faire les honneurs. Mais un témoin attentif, Madame Alphonse Daudet, notait que les deux vieillards commençaient à ne pouvoir plus dissimuler le poids de leur âge. « Fut-ce le changement de place? a-t-elle