LE MARQUIS DE B., LA MARQUISE, FAUBLAS
« Monsieur, dit la marquise , on ne t vient pas d'aussi bonne heure chez des » femmes. — II est midi, répond M. de » B. en montrant la pendule , et il me » semble qu’il est temps de déjeùner. A » propos ! votre santé comment est-elle ce « matiuï » ajoute-t-il d’un air galant en
embrassant la main de sa femme. Celle-ci lui répond qu’elle n’est pas sa dupe qu’elle sait fort bien que c’est à la présence de cette jeune demoiselle qu elle doit attribuer sa visite empressée. Le marquis . tout en se défendant de cette inculpation, a essayé de prendre la main de Faublas, sans que la marquise s’en aperçut. Le chevalier s’est laissé faire. Le marquis, en continuant d’adresser à sa femme ses protestations, serre la main de Faublas. Celui-ci lui rend son serrement de main avec tant de cordialité, que le marquis en pousse un cri. « Qu’y a-t-il?»
demande la marquise de B. qui a tout remarqué et qui joue la surprise. — * Rien, « rien, » répond M. De B. Cependant il a tiré furtivement un billetdoux de sa veste, et leplus adroitement possible, il cherche à le glisser dans la poche de la robe de Faublas. Celui-ci l’a senti, et a averti d’un regard madame de B. Elle sourit de la ruse de son mari. Cependanj le bras du marquis est arrivé au fond de la poche.
Il y a déposé son billet ; mais il a senti quelque chose, et il en retire un médaillon fermé.— « Un médaillon ! » dit à part la marquise quia tout vu. Faublas ne s’est pas aperçu du larcin que le marquis vient de commettre. — « J’ai votre billet, dit-U » à M. de B. C’est bien : soyez tranquille.
» — Charmant ! pense le marquis; mais ■ je suis curieux de savoir ce qu’il y a » dans ce médaillon.— Que renferme-t-il?
» se demande la marquise. . . .Je le sau-»
« rai. a