‹ Les amours de Faublas balletpantomime en trois actes et quatre tableaux de MM.... et LeonChapitre 7 sur 9 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

FAEBLAS , en femme, ROSAMBERT, la

HARUL'ISEDE B., LECOMTE ET LA COMTESSE

DE LIGNOLLE, assis.

L’arrivée de Faublas a fait événement dans le bal . Les hommes le regardent avec plaisir, les femmes avec un peu de déjiit et de jalousie. Cependant la marquise de B.

considère Faublas avec la plus vive curiosité.» — Quel charmant enfant, dit-elle » à Rosamberl. U'oi'i la connaissez-vous?

jt — C’est ma parente. — Ah ! je vous en » fait mon conqdiment. On n’est pas plus

• jolie — Bravo! dit h part lui Rosambert, » ça va bien. — Mais voyez donc comme » elle a l’air modeste I comme elle baisse » les yeux â chaque eomplimeut qu’on n lui adresse !. Ne soyez donc pas ti- X mide comme ça. Vous m’inspirez un

• véritable intérêt : je veux que vous a deveniez mon amie.» En disant cela, la marquise embrasse Faublas sur le front.

Ro.sambert, un peu désappointé tire son ami par sa robe. — r Que veux-tu que j’y

a fasse? répond celui-ci. Il faut bien que je ■ joue mon rôle. — Venez vous asseoir ici, » près de moi,» dilâF’aublasla marquise, qui nes’occupeplus que de lui ;et elle le conduit près de l’endroit où sont assis monsieur et madame de Lignolle. Rosambert les suit ; il commence à se repentir de sa ruse. Le comte de Lignolle l’arrête : il veut lui réciter une charade qu’il vient de composer. C’est la plus ingénieuse qu’il ait jamais faite. — « Pardon, répond Ro- » sambert, mais au milieu de ce bruit, je je nepourrai guère saisir.. — Parfaitement.

Mon premier... » Rosambert se dépite.

La marquise de B. et Faublas causent avec un abandon de plus en plus inquiétant. Le signal de la danse a commencé :

Rosambert saisit ce prétexte ; il a invité quelqu’un. . . il échappe à M. de Lignolle. — « Esprit étroit ! » pense celui-ci en le voyant s’éloigner ; mais comme, en se retournant, il trouve une autre personne à côté de lui, il lui continue sa charade; « Mon second !. . . » Rosambert a couru inviter la marquise de B., enchanté de trouver une occasion de la séparer de Faublas. — » Invitez aussi votre parente , lui dit la marquise avec empressement. »

Rosambeit hésite ; mais Faublas, sans se faire prier, lui prend la main. Tous trois SC placent.

l)ans une gavotte en action, la situation de Rosambert devient de plus en plus critique. Faublas a beau s'observer; ses |>as masculinsle trahissent de temps en temps.

La marquise a tout deviné Elle a pressé la main de Faublas, et il lui a été réiHtndu avec une vivacité qui ne lui laisse plus de doute. Rosambert voit tout ; il voudrait tout empêcher ; enfin , la patience lui échappe. — « Madame, dit-il tout bas à » la marquise, il est temps que je fasse » cesser une erreur qui pourrait vous » compromettre si elle sa prolongeait...»

» 11 lui raconte que cette prétendue » demoiselle est un homme. — » Bon !

» quelle apparence ! s’écrie la marqui.se.

» — Je vous jure que je dis la vérité, » répond Rosamber. — Quelle folie ! cela

LIS AUnDtS J)< FILBLAS.

ne Se peut pas. Savez-vous ce qu’oii

• prétend? dit en riant la marquise i

• Kaublas. Que vous êtes un homme. »

Et elle se place de façon que Rosambert ne puisse remarquer la réponse. — « C’est » vrai, répond Kaublas avec confusion...

» — Je savais bien que c’était une plai- » santerie, » s’écrie la marquise en se retournant vers Rosambert, et la danse continue. « C’est trop fort, » dit celui-ci hors de lui. Il pousse un cri. — « Qu’y a- » t-il? — Son pied a tourné. » Pendant que Kaublas est venu auprès de lui , et qu'il lui adresse les plus vifs reproches sur sa coiiduile , la marquise de U., est aliéc trouver madame de Lignolle et l’a priée de la débarrasser un moment de Rosambert, qui l’obsède de ses poursuites.

Celle-ci y consent , et Rosambert, quelque dépit qu’il en ait , est obligé , par politesse, et dans la crainte du ridicule, de s’éloigner avec madame de Lignolle.

La marquise de B. revient près de Faiiblas. Tous deu.\ vont s’asseoir. — n O ma Sophie! » dit à part le chevalier, en tirant à moitié de sa poche le portrait qu’il a emporté.... Sa conversation avec la marquise reprend plus vive et plus intime que jamais. Cependant les danses ont recommencé j les quadrilles se forment. Uivertissement.

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