‹ Les amours de Henry IVChapitre 16 sur 30 · XXII PREFACE · texte numérisé non relu

XXII PREFACE

torchon, » comme disait dédaigneusement d'Atibigné. Toute réflexion faite, nous avons renoncé à ce détail trop intime et trop cru, qui faisait descendre en nous l'historien aussi bas que le roi. Et nous n'avions pas les mêmes excuses. Cette variété excessive troublait l'unité du livre, et cette foule de comparses obstruait la vue du théâtre où jouent les grandes amoureuses et les grandes coquettes. Nous nous sommes donc décidé à raccourcir la galerie, et à n'y admettre que les portraits finis et qui font penser et non rougir. Nous avons sacrifié le mérite d'être complet et l'avantage d'être varié à la crainte de paraître puéril. La curiosité ne doit jamais être absolument frivole, et toute recherche doit avoir sa moralité. Il est des écarts qui ne méritent pas même la leçon, et sur lesquels il faut ou frapper avec la verge dont on châtie l'ilote ivre, ou abaisser, avec une piété attristée, le voile cle Timanthe. C'est ce dernier parti que nous avons pris, bornant notre hospitalité aux femmes qui méritent vraiment une place dans l'étude morale cle Henri IV (1), et fermant la porte au nez

(1) Notre intelligent éditeur a compris à merveille que le concours du dessin et de la gravure était, en quelque sorte, indispensable au succès de la publication. Il a donc associé, dans les limites de notre cadre, le commentaire de Fart à nos études et à nos recherches. Dans un temple aussi profane que le nôtre, et d'où le Dieu est trop souvent absent, il faut des images qui le rappellent ; on ne comprend pas les femmes qu'on ne voit pas. Nous avons donc, sur son aimable initiative, consenti à ce que notre livre tînt en quelque sorte du Musée. C'est grâce à cette munificence, qui, nous en sommes sûrs, sera appréciée et récompensée par le public, si bon juge de tous les sacrifices qu'on fait pour lui plaire, que le lecteur pourra mesurer, en contemplant les traits de Henri IV jeune (à l'heure de

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des maîtresses de hasard, de celles que tenta un honneur trop facilement prodigué, ou trop chèrement payé.

Pour tout concilier, et le désir légitime de paraître bien informé, et le désir non moins légitime de ne pas le paraître trop, nous allons dresser, dans l'ordre chronologique, autant que faire se peut en pareille matière, une liste complète de toutes les maîtresses de Henri IY, amours, passsions, erreurs et caprices, et donner au moins une mention à celles qui ne doivent pas avoir ou ne peuvent pas avoir d'histoire. Voici donc le bilan amoureux de Henri IY, au chapitre : Actif. Il y aurait trop à dire au chapitre : Passif (4).

1° Charlotte de Beaune Samblançay, dame de Sauve, marquise de Noirmoutier (1573-1576).

2° Jeanne du Monceau de Tignonville, plus tard comtesse de Pangeas (1576).

3° Dayelle, fille d'honneur de Catherine de Médicis, Grecque échappée du sac de Chypre (1578).

4° Catherine du Luc, d'Agen (1578).

5° Anne de Balzac de Montaigu (1578).

la lulte et de l'amour), de Gabrielle, de Henriette et de Charlotte, la force réciproque de séduction du royal amant et de ses maîtresses, et juger s'il était possible de lui ou de leur résister. Il confirmera sans doute de son suffrage, les éloges que nous avons donnés aux habiles artistes dant le crayon ou le burin ont interprété, sans trop de désavantage, des maîtres consacrés.

(I) Cette liste est tirée de d'Àubigné [Histoire — Mémoires — Confession de Scmcy — Baron de Fœneste); Sully (QEconomies) ; Bassompierre [Mémoires — Nouveaux Mémoires); Tallemant des

Réaux; L'Estoille; Amours du grand Alcandre, etc Sauvai,

Vanel, Dreux du Radier, etc. Nous pouvons mettre une autorité à côté de chaque nom.

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