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la maîtresse, les bâtards et les enfants légitimes. Mais il obéit assez à cette magnanime loi qu'il s'était faite de ne jamais, même en ses plus grands écarts, sacrifier la dignilé et les intérêts de la France, pour n'avoir rien à craindre ni du jugement passager des contemporains ni de l'arrêt définitif de la postérité.
Il demandait un jour à l'envoyé de l'Empereur si ce prince avait des maîtresses. « S'il en a, répondit le rote gue Allemand, au moins elles sont secrètes. — Il est ce vrai, répliqua le roi, il y a des hommes qui n'ont pas ce assez de grandes qualités pour cacher leurs faiblesv ses.,»
Il choisit Pierre Mathieu pour écrire son histoire particulière, qu'il destinait au Dauphin. Un jour, l'historien lui lut un passage clans lequel il était question de son penchant pour les femmes. « A quoy bon révéler « ces faiblesses ? dit le roi. — Ce sera une leçon à votre « fils, » répondit l'historien. Après un moment de silence, Henri lui répondit : ce Oui, oui, il faut dire la « vérité tout entière. Si vous vous taisiez sur mes fauce tes, on ne vous croiroit pas sur le reste. Eh bien ! ce écrivez-les donc, afin qu'il les évite. »
Et maintenant que nous voilà absous, nous l'espérons, aux yeux des gens de bonne foi, de ce crime d'avoir ce cherché la petite bête, » comme on dit, dans l'aimable argot que parlent, à leurs loisirs, les grands seigneurs de la littérature, justifions-nous de quelques lacunes nécessaires, regrettées et non regrettées.
Nous avions écrit, à cette première heure d'enivrement et d'ambition où l'on rêve un livre complet, dont
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les limites ne s'arrêteront qu'avec celles du sujet : vbi déficit orbis, un chapitre intitulé : LajeunessedeHenrilV(ï)y où nous l'avions étudié curieusement dans ses débuts, ses promesses, ses origines, dans les influences de sang et d'éducation au milieu desquelles s'épanouit le printemps de sa virilité. Nous avions fait plus. Pour creuser jusqu'au tuf Henri IV amoureux, pour le montrer à la fois dans ses plus hauts essors de cœur, et dans ses plus basses défaillances, pour qu'il ne manquât enfin ni une verrue, ni un poil à cette physionomie , nous avions intrépidement suivi sa vie jusqu'en ses plus vulgaires détails. Nous avions affronté les déceptions et les surprises d'une revue complète de toutes ses maîtresses, de celles d'une année et de celles d'une heure. Nous avions convoqué tout le cortège, jusqu'à l'obscur arrière-ban des gourgandines et des soubrettes. Car Henri IV a voulu tout connaître, tout expérimenter. Il est, parmi ses conquêtes, des femmes et des filles de tout âge et de toute condition. Comme François Ier, ce second roi-chevalier, a eu des fantaisies et des oublis de roi-soudard, et à certains moments de famine et de hasard, celui qu'aucun homme ne fit reculer ne reculait devant aucune femme, fut-elle vieille et laide. C'est à cette tolérance et à cette curiosité, insatiables et indécourageables, que nous devons de trouver , dans la liste de ses bonnes fortunes, jusqu'à des conquêtes qui sentent l'ail ou « le
(1) Sur cette période si intéressante de l'enfance et de la jeunesse de Henri IV, nous indiquions, avec une juste reconnaissance, comme notre principale et meilleure autorité, le beau livre de M. Basile de la Grèze : Le château de Pau, etc., dont le succès s'afûrme par une quatrième édition, qui ne sera pas la dernière.