XV
O nuit plaisante! Ô plaisant et doux songe, Qui tant me fait gouter plaisantement, Ce cher guerdon, de qui. ardentement- 4 L'ardent desir des si long temps me ronge!
Variantes. — [XIV] 9. Las quel arc ou — 10. Ay-je pour m'en aider contre celle — 11. Qui sans arc sans carcois et sans fleche me laisse. — 12. Mon arc est son sourcil, et mon carcois ses yeux, — 13. Ses œillades, mes traits : des hommes et des Dieux — 14. Avecques ma depouille elle se fait maitresse. —— [XV] 2. fais gouster un tel contentement ! 3. 0... duquel — 4. Le doux … de
Sources. — [XV] Sannazar, Sonetli el cansont, Napoli, J. Sultzbach, 1530, in-40 :
Ahi letitia fugace, ahi sonno lieve, Che mi dai gioia e pena in un momento; Come le mie speranze hai sparte al vento ; Et fatto ogni mia gioia al sol di neve?.
Lasso, il mio viver sia noïoso e grave, Si profondo dolor ne l’alma sento ; Ch’ al mondo hor non sarebbe huom si contento Se non fosse il mio ben stato si breve.
Felice Endimion, che la sua Diva Sognando si gran tempo in braccio tenne ; Et piu se al destar poi non gli fu schiva.
Che se d’un’ ombra incerta e fuggitiva Tal dolcezza in un punto al cor mi venne :
Qual sarebbe hora haverla vera e viva ?
LES AMOURS DE JEAN-ANTOINE DE BAÏF. 4x
Quand languissant tous mes membres j'allonge Dessus ta feinte etendus lentement :
Quand un Nectar j'avalle gloutement, 8 Un doux Nectar, en qui tout je me plonge.
Ce tant doux miel, de qui je suis repeu, Le feu pour l'heure appaise quelque peu, 11 Le feu cruel, dont mon ame flamboye :
Mais tout a coup r'enflamme mon destr, Car, veu le doux d’un songe de plaisir, 14 Combien du vray doy-je esperer de joye?
[XVI
Quel beau maintien, quelle mignarde grace, Quel maniment en ma Cypride etoyt, Quand ce plumail, en ses mains nouëtoyt, 4 Oui de son teint le halle sec dechasse?
Mille amoureaux jy vi prendre leur place, De qui chacun alentour voletoyt, Puis la branché ses ailles mouvetoyt, 8 Une aure fraische evantant sur sa face.
Variantes. — [XV] 8. Dont je m'enyvre ou noyé — Q. du faus dont — 10. Le fiel amer adoucist — 11. Du vray desir qui dans mon cœur bouillonne, — 12. Qui au reveil pire me vient saisir : — 13. Mais si d’un songe il me vient tel — 14. Quel bien doit estre un bien que le vray donne ? [XVI] N. B. Sonnet de vers décasyllabes dans les Amours de 1552, de vers alexandrins dans les Euvres en rime. — 1. regard, quel … quel geste, quelle — 2. Quel port, quel … Cyprine — 3. Lors que ce beau — 4. Gardant que son teint frais du hâle ne s’éface ! — 5. Je vois mille amoureaux y venir prendre — 6. Ici l’un tout gaillard, l’autre là — 7. Et l’autre branché — 8. Faisant un petit vent pour rafraichir
Mais, fut ce point le feu d'amour cruel, Que d’un poumon brulant continuel, En chaudz soupirs, sans repos. tu resptres, De qu l'ardeur a son visage ateint?
Pren cueur Baïf, ton feu doit estre eteint, Puisqu’elle sent quel brazier tu souptres.
[XVI
A mon souhait revétir ta figure
Peussé-je aneau, petit aneau, qui dois
De ta rondeur entourner un des doys,
Doys qui au cuœur me font aigre pointure.
Si dans son sein Meline d'aventure
Metoit sa main, coulé je glisseroys
Roulant en bas, tant qu’au val je serais,
D'ou fin j'espere aux peines que J'endure.
Lors ta rondeur je ne voudroy garder,
A peine alors pourroy-je retarder
L’ardent desir qui m'enflamme et consomme, Lors je voudroy ma forme revestir,
Faisant tresbien a Madame sentir,
Que d’un aneau j'ay repris force d'homme.
Variantes. — [XVI] 9. Mais, pauvre cœur, le feu de mon amour — 10. Que des poumons bouillans d’un chaud — 11. En tes brulans soupirs, sans repos je respire, — 12. Auroit-il point un peu son
beau — 13. Pren courage mon cœur
Peussé-je, Aneau, —
2. À mon souhét! — 3. enceindre l’un — 4. Qui dans mon cœur — 11, si fort me — 12. Car — 14. je me seroy fait,
Sources, — [XVII] Ovide, Amores, Il, 15,
: — 14, Si madame a senti quelle amour je soupire. —— [XVII] 1.