‹ Les Amours de Jean-Antoine de BaïfChapitre 37 sur 64 · XXXIX · texte numérisé non relu

XXXIX

. Quand le pilot voit le nort luyre es cieux, La calme mer ronfler sous la caréne, Un doux Zephyr soufler la voyle pléne, 4 Il'enfle adonc son cueur audacieux.

Le mesme aussi quand le ciel pluvieux Des ventz felons meut l’orageuse aléne, Qui bat les flanez de sa nef incerténe, 8 Humble tapit sous la merci des dieux.

O cueur pilot de ma nef Cyprienne Quelle fierté s’elevoit sur la tienne if T'ant que ton nort te pouvoit eclairer ?

Variantes. — [XXXIX] 4. Il vogue enflant — 9. Amour ainsi d’une assurance fiere — 10. Haussa mon cœur, tandis que la lumiere — 11. De tes doux yeux me

Sources. — [XXXIX] Bembo, Opere, Venezia, Francesco Hertzhaufer, 1729, 4 vol. in-fo, IT, rr, son. 27 :

Si come quando il ciel nube non ave, Et l’ aura in poppa con soave forza Spira ; senza alternar di poggia et d’ orza Tutta lieta sen va spalmata nave :

Et come poi che 1 tempestoso et grave Vela, remi, governo, ancore sforza, Et V'arte manca, e ’l mar poggia et rinforza ; Sente dubbio il suo stato, et del fin pave.

Tal io da speme onesta e pura scorto Assai mi tenni fortunato un tempo, Mentre non m° ebbe la mia donna in ira.

Et tal or, che mi sdegna a si grand torto, L’ alma offesa da lei piagne e sospira Che gir si vede à morte anzi ’l suo tempo.

Mais aujourd'huy que plus il ne se montre Quelle basseur plus humble se rencontre 14 Quand fors la mort {x n’as rien qu'esperer ?

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