par trop cruelle — 11. Seigneur
[XLVI] 1. Belle, pour
S'il ne te chaut de mon mal qui s’empire, S'il ne te chaut d’eteindre ma douleur, Au moins permetz que de cette chaleur 8 Par un baizer tant soit peu je respire.
Ainsi disoy-je, et tu me dis, Amant Ne scay-tu pas que le baizer n’appaize 11 Le feu d’amour, mais plus l’est enflammant ? Crein qu'un baiser n’enflamme double braïze.
Ha, di-je alors, Amour le petit dieu 14 Auroit il point dans ta poitrine lieu ?
[XLVIT)
Meline, il m'echeut de dire, Que jadis pour le beau pris Venus eut bien eu £e pire Davant son juge Paris,
Variantes. — [XLVI] 11. plustost — 12. Allume aux cœurs double amoureuse — 13. lors [XLVIH] 1. I m’échape un jour — 3. du
Sources. — [XLVII] Jean Second, Opera, Utrecht, 1541,in-80, Bas. 18, M 1 ro. L'édition princeps des Basia est de 1539 (Lugduni, ap. Seb. Gryphium, in-80); on n’y trouve pas le dix-neuvième Baiser, que Baïf a imité. M. Georg. Ellinger a réédité l’œuvre de J. Second dans la collection ZLateinische Literatèr Denkmäler des XV ànd XVI Jahrhànderts heraèsgegeben von Max Herrmann (n0 14, Berlin, Weidmann, 1899, in-80).
Cum labra nostrae cerneret Puellae, Inclusa circo candidae figurae,
Ut si quis ornet, arte curiosa, Corallinis eburna signa baccis, Flevisse fertur Cypris, et gemendo Lascivienteis convocasse Amores,
OO
5 Si tu eusses telle qu'or La fait la quatrieme encor.
Mais elle, comme je pense, Oyant ce mien jugement, D'heur me fit en recompense 10 Un trop cruel changement :
Car ses Amours assemblant, D'une voix d’ire tremblant, Que me vaut, enfans, dit-elle, Avoir emporté l’honeur 15 Dessus une couple telle Un berger Juge et doneur, Si davant ce poete-ci - Meline me l’oste ainsi?
Chascun dong vuide sa trousse 20 De ces traitz les plus ardentz Que d’un roide arc on les pousse Qu'on les enfonce dedans S'a poitrine, et dans son cueur Pour le bruller en langqueur.
Variantes. — [XLVII) 5. Meline eust été là — 6. Pour debatre
. ce qu’elle a. — 7. La Deesse par vengeance, — 15. D’estre des trois la plus belle, — 19. Que chacun — 23. La ... le — 24. De nostre beau blasoneur.
Sources. — [XLVII] Et quid juvat dixisse purpuratis Vicisse in Ida Palladem labellis Et pronubam magni Jovis sororem, Sub arbitro pastore : cum Neaera Haec antecellat arbitro Poëta ?
At vos furentes ite in hunc poëtam, Et dira plenis tela de pharetris In illius medullulas tenellas,
Mais qu'elle ne s’atiedisse De nul trait d’or chaleureux, Mais que son sang s’afroidisse D'un trait de plomb froidureux, Et qu’elle ait le cueur glassé Dans un glaçon enchassé (9).
Des lors, la braize s’enflamme De mes oz jusques au fond, Comme la cire a la flamme Le meilleur de moy se fond :
Et toy dure a la façon D'un roc, au reste un glaçon, Tu te mocques, Ô rebelle, De l’ennuy de ton Amant, Qui t’ayant faite trop belle , Des dieux les filles blasmant, Est pour ta grande beauté Puni par ta cruauté.
Additions. — (a) Ainsi Venus depitee
Ses Amoureaux trrita :
Soudain la bande irritee Contre moy se depita,
Et n'a pas cessé depuis
De me donner mille ennuis.
Sources. — [LXVII]
Pectusque per, jecurque per Jocosam, Distringite acres perstrepente cornu.
Atilla nullo pertepescat igne,
Sed tacta pectus plumbea sagitta, Torpescat imas congelata venas.
Evenit; imis uror in medullis,
Et torrido jecur liquescit igne ;
Tu, fulta pectus asperis pruinis
Et caute, qualeis aut maris Sicani,
haie ad in
Quitte cette fierté dure Aux ours aux tigres aux loupz :
a Raclant le mal que j’endure Soy d'entretien aussi doux Comme ta face rend seur Tout home d’une douceur.
Meline, la bouche tienne, 50 La plus cause de mes maux, Join join avecque la mienne Pour aleger mes travaux :
Boy dans ma poitrine un peu De la flamme de mon feu.
55 Affin que toy languissante D'un tel feu de ton couté,
Variantes. — [XLVII] 45. Gueri — 50. Qui me cause plus de — 51. Vien Joindre — 52. Vien
Sources. — [XLVII]
Aut Adriae unda tundit aestuosa, Secura ludis impotentem amantem.
Ingrata, propter ista labra rubra Laudata plector ; heu, misella, nescis Cur oderis, nec ira quid deorum Effrena possit et furor Diones ?
Duros remitte, mollicella, fastus, Istoque dignos ore sume mores.
Et, quae meorum causa sunt dolorum, Mellita labris necte labra nostris :
Haurire possis ut mei pusillum Praecordiis ex intimis veneni
Et mutuis languere victa flammis.
At nec deos, nec tu time Dionen :
Formosa divis imperat puella.
Et toy le mien conoyssante
Dedans ma bouche gouté,
J'aye bien mieux le pouvoir 60 Pour a merei lemouvoir ®,
[XLVIIT)
Sus larmoyez amourettes, O mignardises tendrettes, Sus larmoyez tendrement :
Plaignez pleurez durement 5 Le passereau de m’amie :
Le pauvret n’est plus en vie, Le pauvret qu’elle aymoit mieux Que la clarté de ses yeux.
C’estoit aussi ses delices, 10 Luy qui fut net de tous vices, Qui fut si doux, tant humain, Et qui ne creignoit sa main, Mais luy pipioit sans cesse, L’avouant pour sa maitresse.
Variantes. — | XLVII] 57. ce venin — 59. Par un mutuel souci — 60. Tu t’enclines à merci, — [XLVIHI] 4. Criés, plaignés aigrement — 12. fuyoit
Additions. — (b) Je ne croy pas, toute Belle, Si lu goutes tant soit peu, Combien la peine est cruelle De mon chaud amoureux feu, Que, douce, au mesme moment Tu ne m'ostes de tourment.
Sources. — | XLVIIT] Catulle, 2 et 3.
15 C’estoit luy qui d'elle au loin Renvoyoit tout morne soin :
Cestoit le jeu de la belle, L'ebat, le passetemps d'elle, Fust qu'en place il sautelast,
20 Ou fust qu’elle lapellast, Lors que sa plume ebranlée Feignoit prendre la volée.
Bien qu'ensemble mille voix
De mille dames parfois