‹ Les Amours de Jean-Antoine de BaïfChapitre 43 sur 64 · XLV · texte numérisé non relu

XLV

Amour Tyran, pourquoy me forces-tu De suyvre ainsi ce qui plus n'est contraire, Sans que je puisse, Ô doux mal, me retraire Du piege fort qui me tient abbatu?

Ou est ou est celle mienne vertu, Par qui mon cueur esperoit se soutraire De ton beau mal, sans qu'il l'y peust atraire? Donc ce propos en vain il avoit eu?

Si pour avoir mescogneu ta puissance J'en ay j'en ay trop rude conoyssance, T'ayant 6 dieu follement irrité,

Bande ton arc, enfonce une sagette Au cueur mutin de ta fiere sujette, Qui se gaudit de ta grand’ deiïté.

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