‹ Les Amours de Jean-Antoine de BaïfChapitre 47 sur 64 · À MARC-ANTOINE DE MURET · texte numérisé non relu

À MARC-ANTOINE DE MURET

Voudroys tu bien apres les livres Grecz Que tu discours, recherchant la nature Aux monumentz de l’antique ecriture, 4 Pour eclersir leurs plus divins segretz :

Voudroys tu bien œtllader ces regretz, Savant Murer, que la folle pointure, Qui seme aux cueurs mainte epineuse cure, 8 Me fait pousser en ces soupirs aigretz ?

Que je feru d'un fierdivin visage Chante suyvant le rivage de Seine, il Or que vingt ans je franchi de neuf moys?

Mais quand viendra qu’oubliant avec l’age, Ainsi que toy. cette etude trop vaine, 14 Telz haultz segretz je recherche une foys?

Variantes. — N. B. Dans les Zuvres en rime, ce sonnet est inséré au premier livre des Amours de Méline après le sonnet Depurs qu'Amour ma poitrine recuit (éd. Marty-Laveaux, 1, 26). — 1, Scavant Muret — 4. les — 5. d'amour les jeux aigrets — 6. Lire en ces vers … sa —— 8. ourdir plein de tristes regrets ? — 9. pour l'amour d’un doux-cruel — 10. J’alloy chantant sur les rives — 11. Lors que‘neuf mois je contoy sur vingt ans : — 13. Comme tu fais, — 14. J’employe mieux mon esprit et mon temps ?

À MELINE

Autre que moy s’égare en ses discours, Non entandu, ni s’entandant luy mesme, Se feignant pris d’une fureur extresme, Mais furieux d’autre tan que d’amours.

Quand je pleuroy n’ayant de toy secours, Vrayment alors je failloys a mon esme.

Alors vrayment, pour ton amour tout blesme, Je lamentoy, Meline, tous les jours.

Mais aujourdhuy, que tu m'es adoucie, Que gayement ta douceur me soucie, De ta douceur je chante seulement.

Sans feindre rien, {elle que je l’essaye, D'amour au cueur aigre ou douce la playe, Je la depein en mes vers simplement.

Variantes. — 12. de l’amoureuse playe, — 13. Cuisante ou douce

ainsi que je l’essaye,

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