AMOURETTE
Or' que l'hiver raidit la glace épaisse, RéchaulTons-nous, ma gentille maîtresse, Non accroupis près le foyer cendreux, Mais au plaisir des combats amoureux.
Assisons-nous sur cette molle couche.
Sus, baisez-moi de votre belle Ijouche, Pressez mon col de vos bras dépliés.
Et maintenant votre mère oubliez.
Que de la dent votre tétin je morde, Que vos cheveux fil à fil je détorde; Il ne faut point en si folâtres jeux Comme au dimanche arranger ses cheveux.
Approchez-vous, tendez-moi votre oreille : Ha! vous avez la couleur plus vermeille Que par avant; avez-vous point ouï Quelque doux mot qui vous ait réjoui?
148 LES AMOUKS
Je vous disais que la main j'allais mettre Sur vos genoux; le voulez-vous permettre? Vous rougissez, maîtresse; je vois bien A votre front que je vous fais grand bien.
Quoi! vous faut-il connaître à votre mine? Je jure Amour que vous êtes si fine, Que, pour mourir, de bouciie ne diriez Qu'on vous le fit, bien que le désiriez : Car toute fille, encor" qu'elle ait envie Du jeu d aimer, désire être ravie.
Témoin en est Hélène, qui suivit D'un franc vouloir Paris, qui la ravit.
Or je vais donc user dune main forte Pour vous avoir. Ha! vous faites la morte! Sus, endurez ce doux je ne sais quoi ! Car autrement vous mocjueriez de moi En votre lit quand vous seriez seulette. Or sus, c'est fait, ma gentille brunette; Recommençons, afin que nos beaux ans Soient réchauffés en combats si plaisants.
DE MAKIE