‹ Les Amours de P. de Ronsard VandomoisChapitre 116 sur 446 · LIX · texte numérisé non relu

LIX

Comme un Chevreuil, quand le printemps détruit Du froid hyver la poignante gelée, Pour mieux broutter la fueille emmielée, 4 Hors de son bois avec l'Aube s'enfuit :

Et seul, et seur, loin de chiens et de bruit, Or' sur un mont, or' dans une valée.

Or' près d'une onde à l'escart recelée, 8 Libre, folastre où son plé le conduit :

De rets ne d'arc sa liberté n'a crainte Sinon alors que sa vie est attainte H D'un trait meurtrier empourpré de son sang.

Ainsi j'alloy sans espoir de dommage, Le jour qu'un œil sur l'Avril de mon aage 14 Tira d'un coup mille traits en mon flanc. BIBLIOGRAPHIE Amours. 1552, 29; 1553, 73; 1567. I, 38; 1571,-2, 92; 1578, 90; 1587, 1592, 67; 1604, 1610, 1629, 70.

Comme un chevreuil.) Ce Sonet est aisé de soy. Il est prins de Bembo, qui

escrit ainsi :

Si corne suol, poi che'l ver no aspro e rio Parte, e da loco a le stagion migliori, Uscir col giorno la cervetta fuori Del suo dolce boschelto alnio natio :

[LIX] VARIANTES : Texte.

Page 1