‹ Les Amours de P. de Ronsard VandomoisChapitre 222 sur 446 · CXXXV · texte numérisé non relu

CXXXV

Douce beauté, meurdriere de ma vie, En lieu d'un cœur tu portes un rocher : Tu ine fais vif languir et desecher 4 Passionné d'une amoureuse envie.

Le jeune sang qui d'aimer te convie, N'a peu de toy la froideur arracher, ' Farouche fîere, et qui n'as rien plus cher 8 Que languir froide, et n'estre point servie.

Appren à vivre, ô fiere en cruauté :

Ne garde point à Pluton ta beauté, 1 1 Le passetemps en aimant il faut prendre. Par le plaisir faut tromper le trespas : Car aussi bien quand nous serons là bas, 1 i Sans plus aimer, nous ne serons que cendre.

MURET

Douce beauté, meurdriere de ma vie.) Il reprend sa maistresse, qui bien

qu'elle fust jeune, n'avoit le sang eschauffé d'amour. Puis il la conseille de

n'attendre à se donner plaisir après la mort : pource que lors nous ne sentons

rien, et ne sommes que cendre et poudre. La fin de ce Sonet est prias d'un

Epigramme Grec.

BIBLIOGRAPHIE

Amours. 1571,-2, 508; 1578, 159 ; 1387, 132; 1392, 134; 1604, 1610, 1629,

[CXXXV] VARIANTES. Texte.

H. Par le plaisir toute espèce s'engendre.

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