N'a place dans le c. q. p. a. a
422 1. LIVKE DES AMOURS [253
MURET [Uire BELLEAU]
Cache pour cette nuit.) Voulant aller de nuit voir sa dame, il suplie la Lune et les astres, de ne reluire, afin de n'estre descouvert, il suplie la Lune par son amy Endymion, et prie que tousjours sans se pouvoir reveiller, il tende sa bouche endormie aux baisers de la Lune : Geste fable est assez conneuë, pour-ce ce seroit chose superflue de la raconter, seulement je dira}', qu'anciennement quand on voyoit la Lune éclipsée, ou pasle, ou blanche de couleur, la gent simple de ce temps-là croyoit qu'elle avoit esté enchantée, et pour détourner cet enchantement, faisoient un charivary de poésies, et autres vaisseaux d'ierain, afin que le son rompist l'enchantement, et que la Lune fust délivrée de sa douleur. Ovide fait à ce propos quand il dit [Met. Yll, 207-208] parlant de la sorcière Medée.
Te quoque Luna traho, quamvis Themesœa lahores Aéra tuos minuant :
Tu sçais, Lune, que peut V amoureuse poison.) Pan estant amoureux de la Lune, eut la jouyssance d'elle luy donnant la toison d'une brebis blanche. Virgile en ses Georgiques [111, 391] a touché ceste fable disant ainsi Munere sic niveo lanac [si credere digmun est) Pan Deus Arcadiae captam te Luna fefellit.
Et vous astres insignes.) Il dit que les astres le doivent favoriser en son amour, et que la plus grande part d'iceux ne reluist au ciel que pour avoir autres-fois aimé comme Galiston, les Pléiades, et mille autres qui ont esté estimées dignes de la demeure du ciel, pour ceste mesme raison.
BIBLIOGRAPHIE
Bocage. 1554, 20. Amours. 1567. 1, 109; 1571,-2, 261; 1578, 332; 1587, 292; 1592, 297; 1604, ICIO, 1629, 307.
[253] VARIANTES : -'. Commentaire.
Belleau. Cache 1578.
Le Sonnet suivant se trouve placé en 1567 auan< VElegie à Cassandre Mon œil, mon cœur, ma Cassandre, ma vie
[254] Texte de 1567.
Cesse tes pleurs mon livre, il n'est pas ordonné Du destin, que moy vif sois couronné de gloire. Avant que passé j'aye outre la rive noire, 4 L'honneur de mon travail ne te sera donné.
Quelqu'un après mille ans de mes vers estonné Viendra dedans mon Loir comme en Permesse boire. Et voyant mon pays à peine voudra croire 8 Que d'un si petit champ, tel poëte soit né.
Pren, mon livre, pren cœur, la vertu précieuse » De l'homme, quand il vit est tousjours odieuse : 11 » Mais après qu'il est mort chacun le pense un Dieu.
» La rancœur nuit tousjours à ceux qui sont en vie, » Sur les vertus d'un mort elle n'a plus de lieu, 14 » Et la postérité rend l'honneur sans envie.
[234] VARIANTES : 1. Texte.