‹ Les amours de ParisChapitre 127 sur 190 · CHEZ PERCEVAL · texte numérisé non relu

CHEZ PERCEVAL

Le docteur Moore fut longtemps avant de rt'pondre à la que^tinn d^ Rio-Santo. Ce (\w, ce dernier venait de lui dire avait une couleur d'étrangeté romanesqiie qui sou'evsit les doutes du do.'ieur; mai >, d'un autre cùié, il y avait si longtemps qu'il salait é('arié du drtit ihemin ptiur pr.n ire «es routes inriueuses du cri'e au bout desquelles se trouve l'opulence ou l'échafaul ; il avait sur la conscience tant d'actes pass blés des sanctions de la jus ice humaine, que U frayeur enluiconbattaii vicinrieusement le dou'e.

Il savait d'ailleurs que Rio-Santo entretenait des rapports, dont U nature écli-ppât à clucun, avec tous le, liautj fonctionnaires desTrois-Royaumes.

Le tiiit avancé par lui n'étaii donc pas impossible, et cela snfflRalt.

De sorie que, soit quelefnt fii* vrai, foit qn'il ne fût qu'un ariiflce in\ente souila iieraent par le m ;rqui.'>, ce dernier avait réussi pleiiifment. Moore ^taitiicsormais un assassin désarmé, un serptt privé de son venin.

Ru -Saiilo ne triomphait que for? mo'lérém'»ni de cette victoire et gardait en son entier le c»!rae de sa hautaine indifférence.

Au bout de quelques secondes, il répéta impcrleusf ment sa qu>-st'on :

— Je vous ai demandé, nion'ipur, dit-il, quelles nouvelles vous avez à me donner de miss Mary Tie»or.

Moore secoua h usqupment^a pri-ociupation.

— Mi!ord, tépindit-il,ie n'ai pont de solution cerlaine ;1 donn-r à Votre Seigneurie; hier j'ava'S commencé «n iraiiemeot qui , s>>ivjiit toute anparence , aurait sauve miss Ma y Trevor ; mais dans U journi'v ini" <r!>e est s'irveiiue... une cri?e terr b>, milord... Jf dois essayer sur Yaulre, avant de faire subir fi miss Tevor un nouve-'U traitemcNi • n rapport avec fa siiuatioii nouvelle , et d autant plus éiierglipie qie l'honorablr héritière de lord James couri un danger réel et prochain...

— Pauvre Mary! murmtiraRio-Santo, il faut que je la voie.

— Non, milord... miss Mary a grai d besoin '-e repos... d'un repos absolu... cette dernière journée a été trop rude pour son organiation affaiblie...

— Que s est-il donc pa^sé, monsieur? demanda vivement le marquis.

— Bien des choses, milord !... El quoi q ;e puisse trélendre Votre Seigneurie, c'est grand dommage que ma charpie n'iit point touthé la plaie de Perceva!...

— Ah !... dit Rio Sinto ; il s'agit de Perceval !

— De Frank Perceval, oui, milord, qui se porte mieux que vous et aussi bien que moi... Mon Dieu! un quart de pouce de-plu', et Pirceval serait couché maintenant dsns la chapel.edu château de Fife... C'cù'éié normal; de père en fils, loas ces gens-là meureia en duel... Mais vous avez relevé l« fer... vous avez et-- généreux... c'était le droit incontestable de Votre Seigieurie .. Maintenant. .

— Monsieur, inlerroipit Rio- Sjnto, veuillez rcvchir au fait, je vous prie.

Moore avait ins?nsiblemenl repris sod assiette, hors delàquelle l'avait hruiquemeni jeté la série de revers qu'il venait d'éprouver dans sa lutte inégale contre Rio-Sinto.II s'inc ina avec un flegme passable où peiçai. quelque peu de sa hauteur native à travers une humilité décommande.

— J'oub iais que milord a somma 1, dit-il ; — voici Iclail : le caractère de la maladie de miss Trevor a chïugi... son affection i-.erveiise arrive i des symptômes si graves, si nouveaux pour mon expéiienc, que r.ies premiers essais sur l'autre napeuvr-ntplus me suffire.

LB SIÈCLE. >-

— Sur l'autre? répéta Rio-Santo, qui entendait ce mot pour la deuxième fois rans le comprendie. De qui parlez-vous, monsieur?

— D'une ravisïante fille, sur ma parole, milord 1 répondit Moore avec un étrange enibousiasme; d'un sujet vivant de la plus rare perfection!... Quelle jeunesse! quelle vigueur délicate et gracieuse! quelle beauté de formes, résumant toutes les séductions an^.tomiques de la femme!... Ah! par le ciel, milord, ce serait un plaisir sans prix que de mettre le scalpel dans ces chairs élastiques et fermes, quededésarliculer ces jointures... MïisVutre Seigneurie n'est pas n:éiiecin... Je parle de cetieentant dont je vous avais ditqut-lques mots dans notre derrière entrevue, de < etie jeune fi le <iui devait me servir... Gomment exprimerai je cela devant un homiie aussi délicat iueviius,milo-d?...qui devait m 'servir de ba'Ion d'essai, —de brouillon, — d'ébauche ; — de celte jeune tille, en un mot, milord. que noiM allons tuer pour sauver imss Mary.

Moore prononça ce nous avec une dureté sarcastique, et ne fit point mystère du bonheur qu'il avait à jeier sur le marquas une part de sa cTuel e action Lalèvie de Rio Sanloeut un tressaillement c.onvuisif,

— Elle est jeune et belle? murmura t-ii.

— B Ile e. jeun", assurément, u.i ord !... Plus belle et p'.us Jfuie '.ue nii.ss, Rlary Tievor elle-même.

— V!>us m'aviez promis de ne pas ia tuer, monsieur I s'écria tout-à cou le oiarguis en faisant peser son regard sur l'œil à demi clos.;u docteur Moore.

M i" celle fois le do leur soutmî bravei^fnt son regard.

— Milord, dit il avec un troid sourire, je suis d ns la position de ce fou qui aval promis de boir^■ la mer, et qui, sommé de lenir.-a promiS-e,i-epi.iulit : — Mi'^sicurs,jeveux bien boire la mer; mais avez-vous so gé "i empêcher les fleuves d'dUgmi nter sans cesse son \(iaike?... INi vo.s m moi, milord n'avons pu empêcher l'ét.ii de nii-s Tievor d'empirer dftplorablemeol. La j<'une fil e m'a coûté cent livres : il faut bien quelle tous serve à quelq .e chose.

Rio Santo recula so:i lauieuii et 'iétourna ses y.=ux du docteur Moore, d mt la prunelle rayonnait en ce moment un éclat diabolique.

— A rès toutc-'ppndant, repritce dernier d'un ton dégagé, — Votre Seigneurie est en ceci le meilleur joge... Si elle trouve à propos (ie laisser périr miss Irevor...

Le ma'quis lui imposa silence d'un geste et passa sa main sur son front.

— Dieu ne peut point pjrdonnner cela! dit-il d'une voix profondément altérée.

Mo re haussa imperceptiblement les cpatilcs. ^

— Choisir! poursuivit Rio-S.in'o; — choi.sir entre ma pauvre Maty et cetlejeuce fille inconnue. . Choisir, quand le choix est un arrêt de mort... Elleest belle, dit-on; e. le était heureusesans doule.. C'estaffreuxl... affreux I

Sa têle f e pencha ; son œil prit une expression vague où se miraient p»jr ainsi dire de mélancoliques pensées.

— Cela arrive daus Londres I murmura t il. — En scrlant de Temple-Ghurch, où elle avait porté à Dieu sa prière si suave et si pure, la pauvre enlant asirait pu rencontrer aussi quelques émissaires de cts horribles élaux où la misère vend à la science des lambeaux de chair hiyiiaine!..E'le aurait pu,

Dia l'Ctite sainte !^!ii souiiaitsi doucement, et dont la voix

montait si argentine vers le ciel, — ele aurait pu ton.her sous la main des valets de cet homme... Par le nom de Dieu! s'écria-t-il avec violence, savez-vous conimf n! je me vengerais de cela, monsieur?

L'œil de Rio Santo flamboyait. Sa voix éclata si menaçante, que M ore se reprit à craindre.

— Eniendez-vous? dit Rio-Santo, qui se leva haut et ferme sansgaider trace de son récent accablement; — entendez-

Moore, stupéfait et ne comprenant rten, balbutia qiielqufB KOts fans suite.

Rio Santo lui saisit le bras.

— Je ne tais si je l'aime, monsieur, prononça-t-il avec une

PAUL FEVAl;

sorl.^ d égir^mrnt ; mais si c'était elle... Olilje vous (écraserais sans piiié.

^ Le marquis retoraI)a sur son fauteuil. Le bras de Moore s'entourait J'un cercle violûire à l'endroit où l'avait serré Rio-Santo.

— Milord, dit Moore en réprimant ub soupir de souffrance, je crois comprendre Voire Seigneurie... Certe.-, il u'j a point d'apparence... Tout porte à penser que mon sujet n'a rien de commun avec votre maîtresse...

— Qui vous a dit qu'elle fût ma maîtresse, monsieur? interrompit brusquement le marquis. — Je l'ai vue, — ur.e fois,— prier Dieu; je l'ai entendue chanter des cantiques.... si vous taviez lOmme elle est belle et près de ressembler aux anges... Une autre fois j'ai cru l'apercevoir derrière le rideau

.soulevé de sa fenêtre. Voilà tout .le donnerais mon sang

pour son bonheur...

Moore ne put retenir un geste de pitié dédaigneuse.

— Un commis de Cheapside ne parlerait pas autrement, pensa-t il. . — un commis saus barbe... — Il y a place pour toutes les faiblesses dans ce coeur dont la force est si grande pourtant...

Pour m^e raisons de science et autres, le docteur n'eût point été (Tcbé de disséquer ce coeur. — Il ajouta tout haut :

— Tout porte à croire, disîis-j'-, que cette jeune tille, à qui Votre Seigneurie porte un si chaud intérêt, n'est p»int celle que je liens enfermé; depuis six jours dans ma maison... Néanmoii s, comme la chose n'est pas maihémaiiqjement impossible, s'il vous plaisait de la voir, milord?...

— La voir ! répéta le niarquis en hésitant.

— Je dois dire à Votre Seigneurie, poursuivit Moore, que la petite est déjà bien estamée...

Rio-Sanlo détourna la t^ie avec dégoût.

— Bien changée, si mieux vous aimez, poursuivit encore )e dufteur ; — j ai dû l'aita luer par le jeune absolu et la séquestraliou dans l'obscurité...

— Ass^z! a:seî! murmura le marquis, dout une sueur froide inonda les tempes, — lissez, monsieur, vous me laites horreur !.. Ah! vous avez raison, ce ne peut être elle !....• Dieu l'aime sa-s doute et la protég,.'.... Mais, quelle que soi^ votro victime, pitié pour elle, pitiol

Moore prit bravement le bras du marquis et^lui lâla le pouls.

— Sur mon honneur, milord, dit-il, vous n'êtes pas en état de supporter en ce moment de sembl-ahles émotions... Calmez vous, je vouss :pplie... la nature chez vous réclame impéri^u'ement le repos... Demain, ce soir, qusnd Votrr Sei. ^'neurie le voudra, en un mot je lui dirai ce qui a rapport à Frank Ftrceval... à piésent mon devoir est de me retirer

ftloore, à ces mots, couvrant ainsi sa retraite d'un beau semblant de zèle, sortit avec précipitation.

Rio-Sar.lo U; rappela (aiiilement, mais la fatigue l'accablait. Aptine le docteur avait-il pas-é le seuil, que la lêie alourdie du marquis se renversa sur le dossier de son siège. Il .<.'cudûrmit aussitôt profondément.

Nous n'attr-ndrons pas son réveil pour faire connaître au lecltui' la suite du rapport du docteur Moore ; mais auparavant nous le conduirons, rétrogradant de quelques jours, au cbevfl de Frank Perceval.

Trois gros volumes noK séparent maintenant de ces éénemeiis, racontés à 'a fin de la première partie de notre histoire. Néanmoins, tenant en naturelle aversion les coups d'ail rétrospectifs, nous risquerons tout au plus un résumé de quelques lignes.

C'était, si le lecteur s'en souvient, le surlendemain du bal deXrcvor-House. Perceval, blessé dangcreusemeot, sommeillait sous la garde perlide du bon sir Eilmund Mackensie. Une comédie habilement nouée, et dont quelques scènes préalables se passaient à Trevor-House, eut son acte principal au (chevetmême dublessé. Susannab, dominée par Tyrrel, baisa le front de Perceval endormi au raom.ent fff me où lord James Trevor mettait le pied d^ns la chambre.

Lord Trevor furieux descendit rejoindre sa lUle qui l'attendait dans son équipage, devant la porte extérieure de Duiley-Uouse,

, De la le consentement de Maiy, tiompée, au mariage avec , le marquis de RiQ Santo.

Tout e.«poi>- n'était pas perdu cependant pour Frank Per- ! ceval. Lady Ochplia, poussée par cl sentinu-it irraisonné j qui porte !c naufragé à se retenir a tout objet, fùt-cf la lame j aiguisée d'unghive, lady Ophelia était venue au lendez vous ; douné la veille par elle.

E le était venue, la pauvre femme aimante et subjuguée, ne sachant ce qu'elle allait faire, et cherchant seu'eraent, comme ces folles d'amour des romans de chevalerie, à conquérir un philtre capable de retenir Rio Sanio près d'elle.— Ce philtre était un poison mortel; mais qu'est l'idée delà mort pour soi ou pour autrui, parmi les chauds é!ancemens d'une âme qui adore, qui regrette et qui souffre! Ophelia aurait tant voulu mourir pour Rio-Santo I

Elle élait venue,— et, sur le point de révéler ce secret qui devait ramener Rio Santo à ses pieds, une terreur instinctive l'avait saisie. Elle eût voulu fuir -. il n'était plus temps.

Elle parla. —Frank écrivit cette lettre que lord Trevor déchira sous les yeui du fidèle Jack, devant sa famille assemblée, rompant ainsi violemment toute» relations avec le pauvre Frank.

Ici recommence notre récit.

Après avoir écrit sa lettre, Frank mit sa tête sur l'oreiller. 11 était bien triste encore, mais il avait de l'espo r Lord Jara- s Trevor l'aimait depuis l'enfance et ne pourrait assurément refuser l'entrevue qu'il lui d-'mandjit Fra k, en effet, affirmait sur l'honneur dans .sa lettre q^'il était complètement étranger à la sc^ur- jouée à son che et par une lemme inconnue, ei ajoutait qu'il avait à faire à Si Seigneurie des révélations de l'espère la plus importante,

C'rament penser que lord Trtvur déchirerait la lettre avant de la lire !

— i^ck doit être maintenant bien près de Trevor House, dit-il au bout de quelques minutes ; dans une demi-Leure il sfra d' retour.

— Et toute cette ténébreuse machination s'en ira en fumi*e, ajouta Sléphen.

Frank lui tendit la main.

— Ami, que Dieu le veuille! murmura til, car le bonheur de ma vie est là ..

— Bon espoir ! dit Stephen en serrant la main que Perceval lui donnait ; — je suppose que 'ady Ophrlia...

— Pauvre femme! interrompit F'ank; — elle est bienmalhenreuse, Stephen I... E le a donné toute son âme à cet homme qui s'est aliattu sur Londres t'en laut mon absence coliime un damsable fléau... à cet homme dont le nom e t dass loates les bouches... que toutes les femmes aiment... et qui m'a deux fois vaincu'

— C'est une belle et bonne créature, n^pondit Mae-Nab , dont la pensée s'en allait involontairement vers Ciary Mac- Farlane;maissavez-vous, Fr-nk, ce sont le* créatures d'élite d int le cœur se trompe ., Le bonheur vulgaire 1rs ef'riie, je pense... Il y a en elles une poésie décevante qui teurmonire de hautes joies, — des joies dignes d'elles, — ailleurs que dans la vie commune... Elles quittent un jour le sentier battu, Perceval, et comme leur regard est au ciel, elles ne voient point le précipice ouvert sous leurs pns... J'en sais une,moi .. oh! que Dieu la protège I car elle est noble et belle comme cette pauvre femme... et son œil trompé rheri he loin d'elle, sans voir le cœur dévtué qui soufi're à ses côtés I

— De qui parlez vous , Stephen ? demaniia P-rceval étonné.

— Que Dieu la protège I répéta le jeune médecin avec une tristesse passionnée, — et que Dieu me protège, moi aussi , Frank, car je l'aime comme vous aimez Mary Trevor.

— Et ne vous aime-t elle point? dit Perceval qui rapprocha sa tête de celle de son ami.

— Je ne sais, réro:ditMac-Nob.

Puis il ajouîa tout de suite avec une nuance d'amertume ;

— Je ne suis pas un béros de roman, moi ! Je ressemble trop aux autres hommes! Je n'ai jamais rêvé de choses étranges, et je vois le bonheur ei une vie trop tranquil'e... C'est malgré moi que je l'aime, voycî-vou8,Ffank; sa sœur,

LES MYSTÈRES BE LONDRES

iU

— la douce Anna qui m'aimerait peut-être, — voilà quel était mon lot... mais l'amour se fourvoie ït ne sait point choisir... C'est Clarv que j'aime! — ei j'aime comme un fou !

Franck se pri' à sourire.

— Que vous êtes heu. eux, Slephen? dit-il; — et que vous êtes injuste, comme tous les gens heureux ! ..Je me souviens de miss Clary .. ei de la douce Anna, comme vous l'appelez .. kiss clary doit être bien belle. . Anna doit iMre bien jolie... quel gracieux pe il ange elle faisai autrefois'.. En Térité. le choix é aii difficile... c'es- 1> le seul malheur que je reoonnaisseen vo re situation. Une fois le (hoi\ fait. . moi, je crois que j'aurais choisi Anna... mais non! peut-être eussé-je cnoisi Clarv... une fois le choix laii, Slephen, il ne vous resie qu'à ê re heureux.

Siephen, gagné par ce te gailé de Perceval, fut presque lené de croire a son bonheur

— Taisez-vous, Franck, répondit-il doucement, vous parle» fr..p pour un malade .. e; pouriant, c'est une grande consolation que de vous entendre parler ain:i. Peut être me trompé-je...

— Quoi! vous n'êtes pas bien sur de ne pas aimer Ann»? interrompit en riant Perevifl.

11 avait un bon coup d'épée dans la poi'rine et sa de^tin^e se jouait en cet instant, ma^s quand h gaité ne trouve l elle pOint 6ù se faire une l'etite place entre deux vra s aaiis qui c-ausent, — et qui causent d amour?

Nous parlons, bien entendii, de deux vr^is ams de vingt ans. Dix an- plu- l'Tti, l'amour n'est plus guère un élémen de gailé. C'est une source d'hislo res pour les lats, d'idylles pour le^ berge.'S, de regrets pour beaucoup, d'ennui pour tout le monde.

Le m ule est brisé de ces ibartnans vieillards poudrés, parfi.més, p m onn-'s, guillerets, am ureux, miqueu s, bri-teurs qui pari icnt * soixan e »n^ de leur belle inhu imint av<c un exces-if sérieux. L'émigraiion ranvai e n 'hs en envoya les dernier» lype'^ '1 y a un demi-si^de. Depuis, l'univers s'^-st laii homme d'uBaires. Le beefs eack a reB9|>lai:é le banc manger. 11 y a sous 'atuo'ir des Ivres sterling. Une fois vingt-cinq ans passé-, n'us p»rlons de nos amourett-'S aiicienufs avec un déiiain subiim^, et le» pofïtes seuls, niaigre troupeau, voient la beauié d'une femme parmi 1. s diamans 'le S4 coiffure.

.Miis no> 'or is ? dira t-on. — Nos lords I — Miséricorde ! nos Iftrds achètent ou nos Iordi> vio'eni. Noi lords on des p»ssio is le bé'ail. No,s lorJs font queue et s inscnvei t à la poriede qieique ac^ ice prostituée aux deux monde^, pacfque les prix de ce' te dame &or>l tixcs et se cotent chez le se crétai e de son ihi^âtre.

Nos lords I — Mais tous êtos donc ui' Samoyède, um Birman, un Sioux, pour venir no:s parler de U ga anterie de nos ords!

Stephen mit son doigt sur la bouche de Perceval et, reprit CD sou'iant :

— Taisez-vous, Franck ; je suis votre méJecin, et je vous ordtnne de vous taire. Ptavre Ann» I... Je voudrai» bien l'aimer..

— S'il faut vous le dire, Stephen, la pour méprend que vous 11 s aimiez toutes deux.

Le front de M.ic-Nab se rembrur.if.

— Il y » trois jours, Frai'k, répoi,dit-il,je ne savais point lire au fond de mon cœur. Il y a trois jonrs vous m'eussiez parlé comme vous le faites à présent, que j'aurais n avec V0U3 de toute mon iiae... J'étais bien heureux alors I... Mais dimanche , — le jour de votre arrivée à Londres, Frank,— j'ai vu clair tout à coup en dedans de moi-même... Momeat. plein de délices et à la fois plein d'angoisses!... Clary m'tst »pparue comme si jusqu'alors mes yeux, en la regardant, eussent été frappés d'aveuglement... J'ai vu un ange là oi\ il n'y avait auparavant qu'une jeure lille...J'ai brusquement ôté à la pauvre Anna la place égale que je lui donnais naguère en mon cœur... Car, vous l'avez dit tout à l'heure en riant, Perceval, avant cela je les aimais toutes deux...L'uaeeirautre étaient pareillement ma sœurchéric ,.

(). m'eut tin!)ar:as»é eu ' e fo çaiit de fÀlre un choix... Qu8 n'e^t ce eiiiore aii-i, mon Dieu!

Il y avait une singiihèie déir- sse dans a voix de S.ephen. Frank le regardait avB' éiO' nenien'.

— Est-cedonc là un ma hei.r? Uil-il, voyant que Slephen ne r^'pienaii p> int la parole.

— uh ' oui, c'est un malheur, s'écria S:ep!ien ; —un grand malheur, Frank! ... car sav z-v mi d' ù m'est venue n-lle révélation fi soudaine?... favez-vous q elle voix m'a crié h^n- Il ment tout à c"up l'état de mo i rœui ?...

— Voos n'étiez pas ti louiaicMiuc auircfois. . voulut encore dire Perceval.

— Ne riez plus, Frank, iiilerrompiiSleplien ?n lui serrant fortement la main; — car la voix dont je vous paile, c'est la jalou.->ie !

— - La jalousie! répéta faiblement Perceval qui fit un retour sur lui-même et devint trisl-i à som tour.

— J ai un rival, reprit Sieph. n avec «o'.ére ; — je ly fais... quel est il? je ne pourrais vous le dire... Ctt homme ne l'aime pas. ne la connaît pas. . elle ne lui a janais parlé. .. Lorsque j'y pense, tout ceiame semble une table, voyez vous... ma téie s'y perd !..

On entendit dans l'escalier le pas irrégulicr et chancelant du vieux Jai k. Perceval esssya de .se soulever. ,

— Folie que tout cela, Siejihen ! s'écria t il brusiuement excité à la (ois par la lièvre et l impaiiene; — vi.us vous faites d>'s lan ôni-s... Ci..ry vous a me, je voudrai- le parier... Ecoutez! Jack n'es -:1 pais déjà aux dernières marches!... AU z lui ouvrir, ami... niai.s allez donc!.. Il r • vient avec de bonnes nou-elles, l'excellent serviieur '... CO'.me il Pion;e lentenieni !.. J'ai de j 'veux prosentimens, Slephen. Je %ois du bo heur part^ui... AI.! ce vieux Jack n'arrivera jtmais au haut de 1 e^cali r, je pense... Qu'il me larde d avoir la réponse de James Trevor!...

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