I.A $AICNF.E
L'Iionimft qui avait surpris le docteur Moore en llagrant drlit clcspionn.ige, l'homme qui l'avait surpris au moment cii.déserianl le chevet d'nnmalade con'.é, — d'un mourant, — il se livrai! à une sorte de visite domiciliaire, inexcusable
par tous pays, mais inexcusable surtout dans les mœurs anglaises où chaque maison habitée est un sanctuaire que la loi elle-même n'a pas le droit de violer, cet homme n'était ni le cavalier Ai'çelo Bembo ni iucun t'es serviteurs du marquis.
C'était le dernier homme dos.t le docteur put raisonnable» ment redouter la surveil'ance.
C'était le malade confié lui-même, — le mourant, — Rio* Saiito en personne.
Le docteur Moore était trop véritablement un maître dans U science médicale et méritait trop bien la pr mière place que l'opinion pub ique lui décernait parmi les pralirieiis de Royal C dlege pour n'avoir point regar.îé comme possible, cDiiitne certain même le retour à la vie du marquis de IVio* SaDto, à condiiion qu'on l'entourât à teisps des soins conve* nables,
Mais ce qui le frappait de stupeur, c'était cette r^surrec* lion soudaine, spomanée, ïccomplle sans aide et fans secours.
Evidemment, dans son examen fait ii la légère de l'état du marquis, il s'élalt Ircnipé. Lui, si habi'e, si prudent d'ordinaire, il avait api, dans une circonstance où sa propre vie était en jeu, avec l'é lourderie d'un enfant. Ce qu'il avait pris pour un évanouissement pir lasirangulation presque parfaite n'était que celle paralysie passagère qui prend souvent en pleine sanié les gens qui font abus de leurs facullés cérébrales, paralysie dont l'aspect effraie, et qui, souvent ré| élée, mène à l'id otisme ou à la mort, mais dont les premières atteiiiles sont aisées à combattre à l'aide des noiioiis de la clinique la plus élémeniaire.
Le marquis avait été sous le coup d'une ccngestion ccrébra'e ; il y était encore.
Mais celte immobilité, cette mort de tout à l'I.eu'-e était un phénomène nerveiix, complique ^ans doute d'accidens sanguins dont la descriplion précise et technique ne pourrait qu'efirayer ou ennuyer nos belles lectrices. — Tout écrivain se berce de la consolante iiiée qu'il est journellement dévoré par une très grande quantité de belles leclriies. — Ce'Je mort n'était qu'apparente : c'était une léthargie.
Le docteur luesnra sa silualion d'un coup d'œil et il s'humilia.
Il était sous la main de Rio-Sanlo, njn seulemeil !i cause de l'espionnage flagrant où le surprenait ce dernier, non seulement à cause de 1 ahandon déloyal où il l'avait laissé mourant, niais parce que chacune des paroles qui s'élaienl échappées de sa bouche, à lui doiteur .Mjore, avait élt' cnli-ndue par le marquis.
Il le tavaU et n'essayait mèire point d'espérer le contraire : la léihargie et ses vsriélés laissent le conifilcl exercice des sens et ûi. la réflexion.
Mais landis rju'il s'humiliait ainsi, une résolution extrême surgssait parmi le (rouble de ses pei.sées. Rio-Santo éiait de\act lui et portait sur son visage les symptômes manifestes de celle désorganisa ion partielle du cerveau, dont les effe'.s sont SI divers.
Moore venait de deviner qu'il était mur t.
Sa langue demeurait paralysée .«près le retour j la vie de toutes If s autres iiariiesde son corps. Il pensait lucidement; son intellig me (lait en parfait élat, mais les muscles de sa largiie élaient momentanément frappés de morl.
Cet aicidenl est de ceux qui se présen'eiil tous les jours. Moore, dans sa longue pratique de la niédecine, en avait rencontré d'innombrables exemples. — 11 éiail sur de son fait.
()•, UioSinlo privé mor.ientai ément de la parole et affaibli par le ru te assaut dont il gardait les marques, ("tait to>jlau-si bieu au pouvoir du docteur que Rio Sji.io et ndu sur l'ottomane.
Moore eut l'idée de le luer.
Rio-Sanio se tenait debout devant lui, l'œil fixe, le con rjid'', ft présentant pldôl l'aspe.-.t d'un fantôme que celui d'un homme. — La rési-tance qu'il opposerMii seri-ii sans doQle b en faible et facile à sur.nonler. (^uaiil aux obstac'es dud^liors, .lien à craindre: RioSanto ne pouvait ap;itler.
Celui-ci, c 'mme s'il iiU voulu contlimer les proiiosiics du
LES MYSTERES DE LONDRES
docteur, releva la manche de sa robe de chambre, et, dun geste signiticaiif, montra la veiue gonllo.î de son avant-bras. — Vous voulez que je vous saigne, milord? demanda Moore, Rio-Sinto lU avec énergie un signe affirmatif. Lt dûcîeur hérita. Qui-lque chose de sa résolution parut sans doute sur san visage, car Rio Santo jeta instimtivementua rcgjrd vers le lit, comme pourvoir s'il n'avait poiat de secours a espérer d? ce ci\é.
La fâib'esse du corps était la force d l'àme.— Houreusemeat pour le marquis, .Vloore ne surprit point ce regard de détresse. Ce regard eiU mis fin à ses doutes.
Mais Rio-S nto, si bas que fussent ses forces physiqees, ne pouvait longtemps demeurer faible en face d'un danger. Il y avait en lui un trésor dd sang-froid et de courage que tant d'épreuves successives n'avaient point épui.'é II se redressa vile et haut, bien qu'il eût la conscience parfaite de l'impuis- MDce actuelle de sa nature physique.
Tandis que Moore hésitait encore, il se sentit serrer de nouveau le bras. Cette pression fil lente et persistante. — C'était quelque chose comme un ordre donné d'une voix ferme, mais sans colère.
- Moore lira sa trousse et l'ouvrit.
Certes, on ne p^-ul se rejeter ici sur le pouvoir fascinateor de la physionomie du marquis, car, en ce moment, sa physionomie immobile exprimait une comp'èle insensibilité. Ses mns(?lf s raidis éiaieut au repos. Ses yeux ternes et raarbrés de veines violettes soi talent, grossis et rojime étonnés, de leurs orbites gonllées. Sa bouche, convulsivement crispée, refusait de s^ouvrir . tous ses traits, en un mot, avaient celtî! apparence stupiJe qu'amène après elle l'immin-ncc de l'apoplexie.
Mais la volonté est aussi une puissance qui fascine et qui n'a besoin que de se manifester de manière ou d'autre , — lorsqu'elle est supérieure et f<)rt», — pour ctoaipier une résistance cliancelanie.
Et puis n'y a t il pas l'habiuiJa du respect et de l'ubéissance qui peut balancer un mauvais vouloir de révolte?
Le soiivei^ir (le la tiè.'e au(1ace brillant d'ordinaire sur le beau visage du marquis vint s'interposer sans douie entre l'otii de Moore et ce ma>que inerte qui était devant lui maintenant. Il vit par la pensée ce reg«rd flamboyer lomuie d'habitude, et menacer, cl commander.
II otéit.
Et, une fois le premier pas fait dans cette voie de soumission f. rc e, Moore redevint vass-ï'. Il oublia toute penséi de révolte ; il s'effraya den avoir pu concevoir.
Au moment où il approchait la lancette du bras de Rio Santo, celui ci lui arrêta la main et prit l'iastrument qu'il approcha ai ses yeux. — Ses yeux éiaier.t iroahlés par le sang ijui en» i lissait ses prunelles ; il ne put voir ce qu'il voulait. Mais le dacleur comprit, bien que levisig'» pétrifié du marquis ne piit servir de commentaire à son gt'ste: il comprit et ireeibla, ca ce gesle lui dis»it plus clairemefit ifue loul le reste que l'.io-Santo D'avril rien perdu de sa pantomime, a ors qu'il avait essuyé cette même ianc tte sur sun habit, 'dont le drap s'eLiit insiautanémenf rougi.
I reeva, lui aussi, fa marche sans mot dire et se piqua Icgi^r?nieai le bras.
Ric-Santo lit un signe d approbation. — L'instint d'après, de sa veine ouverte s elani;a ui vigoireux jet de sang. — -Vssez! dit Rio-Satit) au bout drt queljues sccond-.s. Le docteur tressaiilii vio:emment au son de cette voix. Il releva son r.'ga-d aita hé sur 'a signé.^ avec une véritable terreur. Kio-Sanii parlait , Rio-Santo était de nouveaul'bomme red 'Uia'.- le devant qui tout pliait.
Moore venait de briser lui même la chaîne qui garrottïit la parole de cet homme dont naguère il re^'ardail l'impuissance en dé la u i; venait de lui rendre la faculté de commander, le [,o..v ir de punir.
Habil; à té, rini r ses impreseions, il iui c a^ h r sa crainte sous le voile du caloe austère a itûfav^ible dont il couvrait d'ordinaire sj pliysonom e. mais il baisa involontairement
les yeux devant Rlo-Santo, dont le hautaiaregard avait repris vit,' et dont le pâle visage recouvrait graduellement son expression accoutumée.
Cette transformation dont oo pouvait suivre ks pha«s, cfl cbangenrent à vue, eut ravi de joie utîe mère ou une amante, mais il devait faire nsitre dans l'âme ennemie du docteur Moore une terrible arrière-pensée.
Car ce cadavre qui se redressait était ce'ui d'un maître et d'un mai re trahi.
Le sang coulait toujours.— Moore, absorbé par l'attention qu'il donnait au visage du marquis, dont chaque muscle re* prenait lour-à tour son expressive mobilifé, ne songeait p'us à la saignée.
— .Xssez, monsieur ! répéta Rio-Santo qui fronça le sourcil et porta !a main i soQ cœur défaillant ; — voulez-vous donc encore m'assassiner?
Moore ferma la saignée et cioisa ses bras sur sa poitrine- — 11 alteadait sob arrêt.
— A.vancez-moi un fauteuil, dit Rio-Santo.
Moore se hâta d'obéir. Le marquis tomba pesamment sur le coussin et mit sa main sur ses yeux qui, affaiblis par les veilles, la crise et le sang perdu, se blessaient ii l'éclat du grasd jour.
il demeura ainsi pendant trois ou quatre minutes.
Au bout de ce temps, il redressa la tête. Son front pâle avait décidément recouvré toute sa tière sérénité.
— Monsieur le docteur, éit-il sans affectation aucune, je vous remercie d'avoir violé le secrn de cette retraite... Grâce à vous, je sais maintenant que c» pauvre malade n'est plus en danger de mort.
Il montrait Angus, endormi sur le lit. Moore s'inclina automaliquement.
— Je pense que je «e me trompe point, ajouta Rio-San'o , vous avez dit que son état est désormais sans féril ?
— Je l'ai dit, milord.
— Monsieur le docteur, reprit le marquis, je vous remercie d'avoir mis ii nu devant moi le fonl de votre â'Jie, tandis que je gisais là-bas mouraiit...
— Votre Seigneurie entendait?..
— Parfaitement, monsieur... Vous éles jaloux d;; moi... vous voulez mon secret...
— Ah I m'riord !,.. voulut interrompre Moore dont la voix pritd-s notes suppliantes.
— Nti priez pas, monsieur, interrompit Rio-Santo qui s"épuisaiten parlant, mais dont le calme vainqueur contr,.siait grandement avec sa faiblesse. —Ne priez pas, c'est inutile. Je ne vous veux point de mal.. Seulement, votre jalousie est inseiîée, et n; -in sa'-et est de ceux qu'on ne devine pas... Ii eslcommc ces pag-s écrites en langues inconnuf s que vous avez trouvées dans mon cabinet et que vous avez essayé en vain de déchittrer; on aurai beau le tenir entre ses mains, il taudrait encore une clef pour le cimpr ndre,— et cette eief, mon-sieur, Diiti.qui seul la donne, ne l'a po nt mise ^n vous.
Il y ivait dans ces'dcrnièrcs paroles un méprisfroid,absolu, sans bornes. !/orgueil de Moorese révolta sourdement au dedans de lui.
— Monsieur le d jeteur, reprit e^.co.-e Rio-?anl.o, parlart toujours de celle voix Unie et latiguée qni doiintrait de la froideur à une louange, mais qui ajoute ù l'expression du déda n,— je vous remercie enliu et surtout d* ne m'avoir point as-asMné.
Moore recala de deux pas. Ce mol le sangla comme uucoup defoa tauciEtir. Il se crut perdusans resssourccs. Mai* Rio Santo coniinna :
— La mors m'eiit été cruelle... bien cruelle! Encore une fois, je ne vous veux point de mil... Mett-^zce coussin sous mes pieds, monsiîur le docteur.
Moore prit le coussin et le plaça sous les pieds du marquis
— Excusez-moi, monsieur le docteur, pO'TSuivit ce dernier ti j'abuse ainsi de votre complaisance... Allez ouvrir la porte extérieure de mon cab'neleld les ii Ange... vous avez parlé bien durement à ce piuvre enfant tout à l'heure, 'xonsieur!... dites-lui que vous m'avez sauvé la vie... Il vous pardonnera
PAUL FiiVAL
vo're in-oleoce. — Diles aussi h mes gens... Quelle heure ) esl-il, monsieur le docteur.
Mooretira sa montre.
— Il es! dix heures, railord.
■- Dix heures, r'pé;a Rio-Santo ; — le If mps est précieux, mais te fatigue m'acrable et i me faut au moins une demijournéft de re, os .. Dites k mes geii?, monsieur, d'atteler liourqu:\lre lifuras...Le cavalier Angelo Bembo m'accoaipagnera.
Le docteur demeiirasans s'ébranlei' pendant une demi-mijiutc, comme s'il fût attendu de nouveaux ordres, puis il se dirigea vers la porte.
— Quand vous aurez fait ce. a, monsieur le dccleur, reprit Rio-Santo au momeat oil irs'éloignait, — vous reviendrez... J"ai (|u iques questions à vous faire. '
P.Ioore rentra dans le tabinet, qu'il traversa pour aller ouvrir la ,oriecx'prieure. En jassant devant l'ottomane où il aval! tenu Rio-Sactotcul à l'heure, vaincu par le hasard, et si pris delà mort qu'il était ;"i peine besoin de le pousser pour l'y faire choir, le docteur haussa les épaules avec colère coMirc !ui-iiôme.
L'occasion était perdue.
Mais la haiue de Mcore, soudainement accrue par le fait m 'me dosa Irahiion éventée, ss promit revanche.
On dit que l'occasion ne vient pas dciix fois. Ceci est bien vrai, n)ais importe peu aux gens hdbiles, parce que l'occasion qui ne vient pas, on i»eul la faire naître...
Moore ouvrit la porte exiéiioure du cabintl.
— Eh bitn, monsieur, eli bien? s'écria le cavalier BemLo.
— La vie de monsieur le nsarnuis est hors de danger, signer", dit iMoore qui saisit Lovely par bon collier, pour l'emi-^ilicr de faire irruption dans l'ap artcment.
— Hors de danger! ré|'é;a Rembo avec un conimunicatit éan de joie.— Je vous ;;vais mal jugé, monsieur le docteur; vous êtes lin savant homme et un digne ami !... Je vous prie d'accepter me» ^xcuses et de me croire fout à vous.
Le dûctciir s'inclina froidement et tourha la main que Jîjmbo lui tendait.
— Sgnore, prononçat-il tout bas et avec une expression équivoque, je n'ai pas fait tout ce que j'aurais voulu ..
— E'. ne puis-je voir don José? demanda B?mbo
— Pas à i>ré5ent... Sa S'i,;ncuri; vous charge de fa'realte Kr pour 'jualre heures et corfipte s-r vous pour l'accomijagRer.
BemLo sauia d.' joie.
— Sortir i sor ir déjîi ! s'étria-t il ; miis t'est une résurrection! Ali! docteur, vous êtes un homme habile!
— Je l'ai pensé, lorgiemps, répondit Moore en sec.uaiit la lète; — mais, crjyez-moij signore, le has?.rd es! pour beaucoup dans les choses de ce monde..,
11 salua et referma la porte.
Angelo sedii j-eut être que le diclturét il deve;,u lien liîodfsie; mais la joie l'airo'ait ; il se prit à courir vers les viens (écuries 1 1 remises ), suivi de Lovely, qui comprenait sans doute, puisque lui aussi, oublieux de sa ré^-ente tiislesse, gambadait et remplissait les galeries de ses aboiemens joyenx.
Moore, cependant, était levenu dans la chamliie du laird.
Le bruit de ses p?s réveilla UioSarto, ()ui cemnieeçaii ;i s'assoupir dans son fauteuil.
— Voila sixjours (jue je n'ai rien fait, dil-il, rien vu, rie» entendu .. S'tst-il pas; é quelque chose parmi vous, monsieur le docteur?
— On s'est étonné de Votre longue absence, milorJ, mais vos fidèlej n'ont pas eu de peine ù faire taire 'es mécontcns... Milord, jene sais ce que vous pensez de moi, mais je vous le dis du fûud du cœur : — Bien fous sont ceux qui csiaient de vous combattre!...
Rio-Santo mit sur lui son regard profond et tranquille.
— El vous Êtes un homme sag-», vous, monsieur le doc teur! pronoiifi t-jl av.x simplicité.
— Chacun, on sa vie, a ses heures de dcmcnc, milord. Puisque nous parlons de moi. J'ai été doiiblcmcnl f.-u tou' à l'heure... fou devou'oir vo'js tuer...
— Et fou de ne l'avoir point fait. Interrompit Rio Sjinto.
— Oui, milord, lépondit le docteur; — fou de ne l'avoir point fait.
Riù-Santo se oelourna sur son fauteuil.
— C'est pa lie remise, monsieur, dit-il ; vous ne me pardonnerez point.— Moi, je n'ai pas le temps de m'occuper de vous... J'accepte votre aide comme par le passé; je m'a;puie sur vous pour un peu, et je le fais à coup sur. .
— Cette confiance, milord .. commença le docteur Moore qui se sentit un instant l'envie de jouer au repentir.
— Confiance n'est pas le mot, interrompit don José. Ce que je voulais vous dire, c'est que, n'ayant point le loisir d'instruire votre procès, je vous écraserai déformais au moindre soupçon ..
Le pied de Rio-Santo, repoussant violemment le coussin, tomba sur le laps que son talon coupa.
— Veillez sur ^ous, monsieur! acheva til.
— Milcrd ! milord ! s'éci ia Moore avec une émotion hypocrite, — en un moment comme celui-ci, une seule parole de bonté mViU fait votre esclave pour la vie I
L'œil de Rio-S nto ne perdit poii't son expression de calme supériorité, mais les mustles de sa bouche, invo ontairement contractés, firent mouvoir légèreme-nl les poinesrcltvies de sa fine moustache noire.
Moore jeta son masque; il se vit percé à jour jusqu'au fond A' l'ùme. Son front, courba se releva; son sourire froid et cynique reparut à sa lèvre, et il dit sans plus se ronlrsindre :
— Eh bien! milord, je vci lerai sur moi... Je vous servirai tout en vo'às lisïst/r.il. Je serai votre instrument et votre ennemi... Je ferai ..
— S, Ince, monsieur! interrompitencorcUio-Sanlo Je sais toutco!a. Vous n^ risquez rien îi me le dire et vous n'y gagnez rien non plus.. Parlons de choses sérieuses, s'il vous plsit.
Jloore sentit un Ilot de co'ère lui monter au ciieur, envoyant le mépris absolu, complet, immense qu'on taisait de s^s menaces comme de ses avances. Sa haine fTan it encore, mais son respect s'accrut et une sorte de supcrsiiiicufe terreur s'empara de lui.
Rio S:nlo lui semb'a ÏLViiln.érable.
— U I mot encore, pourl.int, reprit c lui-ci avec fatigue et d'un ton négligent ; — comme le I asard peut n^e livrer une seconde fois fi vous sans d-fense et que vous pouvez d'aileurs p'qLier h disinnce comme ces veniineiix r; ptilcs qt i jettent leur saline i l'aventure, je vf ii\ v^us di.'-e i\n secret... Si vous m'iHissiez tué ce matin, ce soir vous auritz dormi sur !a {•aillî de Nowgato .. Ne m'i.:' r mpez pa:. Vous savez bien que je ne jiarle jarnais à la légéie... 1; y a longtemps que je vous conoîii?;, docteur... Et entre vous et l'cchafaud il n'y a qii2 ma vo'on'é depuis deux mois.
Sîooe trembla'l, mais il vou'nt dou! r
— Entre I échafaud et moi, milord, d ;-il en e.-sayant vainement de mettre de la superbe dans son regard, — il y a un abîme que toute votre puissance ne saur=it poiut c&mbler,
— Ecoulez, monsieur, p rUr tro^ me la-se et j'ai des questions impo tantfs 'd vous faire... Le lord hautsliérif a crtrc les mains un paquet cacheté où :>é rojve vot'e coiidamnilio;)-, — ne vo'.is cto):n z pas : je Ikus a nsi plus ou n.oJos tous les loids de la nuit, vo.5 coi;f ères... Sans i;'la, monsi 'Ur. il mefauitiait mille vitsl
— 51 i s que contient a paquei ?
— Choisissez entre tous vos méfa ts, docteur. Ce paquet contient a preuve de l'un deux, — la preuve irrécusablp.
— Miis pourquoi le haut shér-f ne l'a t-il pas encore ouvert ?
— Il faut vous pardonner tant de questions. La chose vous intéresse de bien près, en effet, docteur, mais ma i ondescendsncc n'ira pas jusqu'à vou? faire répon'^e. Ce paciuetesi une mine, monsieur- la traînée de poudre existe, foyoz si'ir. . et ma mort y mettra ie f'U.
— Mais...
— C'en est assez. Laissons c la,.. Quellis nouvelles de miïs Ma y Trévor?
LES MYSTERES DE LONDRES
"In lii'i'lwirY' ^■"''
tHAWTRE IX.